Les règles de trading sont des décisions prises à froid, avant la séance, qui fixent ce que tu feras dans une situation précise : combien tu risques, quand tu t'arrêtes, ce que tu ne touches pas. En avoir ne sert à rien si tu ne les tiens pas, et les tenir est bien plus dur que les écrire. Le vrai défi de la discipline n'est pas de savoir quoi faire, c'est de le faire quand tout en toi pousse à faire autre chose. Voici comment définir des règles qui fonctionnent, ce que la recherche a mesuré sur les engagements pris d'avance (et sur qui), et surtout comment rendre tes règles assez solides pour résister à l'émotion.
- Une bonne règle est précise et vérifiable, pas une vague bonne intention.
- Peu de règles bien tenues valent mieux que beaucoup de règles ignorées.
- Les règles servent surtout dans les moments chauds, quand l'émotion veut te faire dévier.
- Une règle que tu ne mesures pas est une règle que tu ne respectes probablement pas.
- Ce qui est mesuré vient d'ailleurs : épargne, échéances, habitudes ; aucune étude publiée ne mesure l'effet de règles écrites sur les résultats de traders particuliers.
Tout le monde sait qu'il faut des règles en trading. Le problème n'a jamais été de le savoir, c'est de tenir. Un trader peut réciter par cœur ses dix règles et les enfreindre toutes dans la même séance, emporté par une perte, une envie de se refaire, ou un mouvement qu'il ne veut pas rater. La discipline ne se joue pas dans la connaissance des règles, elle se joue dans leur respect sous pression.
La bonne nouvelle, c'est que tenir ses règles n'est pas une question de volonté héroïque, c'est une question de conception. Des règles bien construites se tiennent presque toutes seules ; des règles mal construites se brisent au premier stress. Ce guide t'explique ce qui fait une bonne règle, pourquoi il en faut peu, et comment les rendre inviolables en les mesurant. Une règle écrite ne vaut que si tu sais combien de fois tu l’as respectée : c’est ce que compte un score de discipline, trade par trade, au lieu de le laisser à ton souvenir.
Ce qui fait une bonne règle
Une bonne règle de trading a trois qualités : elle est précise, elle est vérifiable, et elle est décidée à froid. Précise, parce qu'une règle vague laisse place à l'interprétation, et l'interprétation sous émotion penche toujours du mauvais côté. Vérifiable, parce qu'une règle que tu ne peux pas contrôler après coup ne te contraint à rien. Décidée à froid, parce qu'une règle inventée dans le feu de l'action est déjà une capitulation.
| Mauvaise règle (vague) | Bonne règle (précise, vérifiable) |
|---|---|
| Je gère bien mon risque | Je risque 1 % max par trade |
| Je ne surtrade pas | Je prends 3 trades max par jour |
| Je m'arrête si ça va mal | Je m'arrête après 3 pertes d'affilée |
| Je trade aux bons moments | Je ne trade que 8h-11h et 14h30-17h |
| Je reste discipliné | Je ne déplace jamais un stop contre moi |
Remarque la différence : chaque bonne règle de la colonne de droite peut être vérifiée sur tes trades réels par un simple oui ou non. C'est ça, une règle qui contraint. Les formulations de gauche sonnent bien mais ne t'obligent à rien, parce qu'elles ne peuvent jamais être déclarées violées de façon objective.
Peu de règles, bien tenues
L'erreur classique du trader consciencieux, c'est d'empiler les règles. Vingt règles ultra-détaillées donnent l'impression d'un contrôle total, mais elles sont impossibles à tenir toutes en même temps, et tu finis par n'en respecter aucune. La discipline ne vient pas du nombre de règles, elle vient de leur respect constant.
Mieux vaut cinq règles que tu tiens à 100 % que vingt règles que tu tiens à moitié. Choisis les quelques règles qui adressent tes vraies fuites (celles qui te coûtent le plus d'argent), et concentre toute ton énergie sur celles-là. Une fois qu'elles sont devenues automatiques, tu pourras en ajouter d'autres. La discipline se construit brique par brique, pas en coulant un mur entier d'un coup.
Ce que la recherche a mesuré sur les règles fixées d'avance, et sur qui
Une règle de trading a la forme « si telle situation, alors tel geste » : si j'ai trois pertes d'affilée, alors j'arrête. Ce format a été étudié hors des marchés sous le nom d'intention de mise en œuvre. La méta-analyse de Gollwitzer et Sheeran, parue en 2006, regroupe 94 tests indépendants : décider à l'avance de sa réponse à une situation a eu un effet moyen à fort (d = 0,65) sur l'atteinte des objectifs, sur des objectifs variés, chez des participants d'études de psychologie, pas chez des traders. Elle ne dit pas qu'une règle écrite fait gagner ; elle dit qu'une décision prise avant la situation se tient mieux qu'une intention générale.
L'engagement pris d'avance a aussi été mesuré sur de l'argent, celui de l'épargne. Dans le programme Save More Tomorrow de Thaler et Benartzi, publié dans le Journal of Political Economy en 2004, des salariés s'engageaient à l'avance à verser une part de leurs futures augmentations à leur épargne retraite. Dans la première entreprise, un fabricant américain de taille moyenne, 78 % des salariés à qui le plan a été proposé l'ont accepté, 80 % des inscrits y étaient encore après la quatrième augmentation, et le taux d'épargne moyen des participants est passé de 3,5 % à 13,6 % en 40 mois. Ce sont des salariés et de l'épargne, pas des traders et un stop ; mais le mécanisme est celui d'une règle : la décision est prise quand elle ne coûte encore rien, et elle s'applique ensuite sans être rediscutée.
Les échéances racontent la même chose. Dans l'étude d'Ariely et Wertenbroch, parue dans Psychological Science en 2002, 99 professionnels suivant un cours de formation continue au MIT devaient rendre trois travaux : la section à qui l'enseignant imposait trois échéances régulières a obtenu une moyenne de 88,76, contre 85,67 pour la section libre de fixer ses propres dates. Dans une tâche de relecture payée à l'erreur trouvée, 60 étudiants ont ensuite trouvé le plus d'erreurs avec des échéances régulières imposées, moins avec des échéances choisies par eux, et le moins avec une seule échéance finale. Les participants s'imposaient volontiers des contraintes coûteuses, et ça les aidait ; une contrainte fixée de l'extérieur, qu'on ne peut pas renégocier, aidait davantage. Ce sont des étudiants et des devoirs, pas des traders ; l'article en retient seulement qu'une règle vérifiée par autre chose que ton humeur du moment tient mieux qu'une résolution.
En finance, ce qui s'en rapproche le plus porte sur les ordres fixés d'avance. L'expérience de laboratoire de Fischbacher, Hoffmann et Schudy, un document de travail de l'université de Constance de 2014, donnait à un groupe de participants des ordres stop-loss et take-gain qui vendaient automatiquement : d'après son résumé, le seul lu ici, ce groupe a montré un effet de disposition nettement plus faible, et la baisse venait d'une hausse des pertes réalisées. Le biais lui-même, vendre ses gagnants trop tôt et garder ses perdants trop longtemps, a été mesuré par Odean sur 10 000 comptes d'un grand courtier américain à escompte entre 1987 et 1993, des investisseurs particuliers en actions : 14,8 % des gains latents étaient réalisés contre 9,8 % des pertes latentes, et les gagnants vendus ont ensuite fait 3,4 points de mieux sur l'année suivante que les perdants conservés. Ces investisseurs ne faisaient pas de day trading.
Et chez les traders particuliers ? À notre connaissance, aucune étude publiée ne mesure l'effet de règles écrites sur leurs résultats. Aucun chiffre de cette section ne se transfère à ton compte : un taux d'épargne qui triple ou une note de 88 contre 85 ne disent rien d'un drawdown. Ce que ces études ont en commun, et c'est tout ce que cet article leur emprunte, c'est qu'une décision prise avant la situation, et vérifiée par autre chose que l'humeur du moment, se tient mieux qu'une intention. Le reste se mesure chez toi, règle par règle, dans ton journal.
Pourquoi les règles cèdent sous pression
Une règle n'est jamais testée quand tout va bien. Elle est testée précisément dans les moments où tu as le plus envie de l'enfreindre : après une perte qui pique, devant un mouvement explosif, quand tu es en retard sur ton objectif du mois. C'est là que tu te fabriques des exceptions sur mesure : « cette fois c'est différent », « je le sens vraiment », « juste une fois ». Ces exceptions sont le mécanisme exact par lequel les règles meurent.
Une règle qui admet une exception « juste cette fois » n'est plus une règle, c'est une suggestion. Et les suggestions ne protègent personne.
La parade n'est pas de te faire davantage confiance dans ces moments, c'est de rendre l'exception coûteuse et visible. On lit souvent que la volonté serait une réserve qui se vide au fil de la journée ; la réplication coordonnée par Hagger et ses collègues, menée en 2016 dans 23 laboratoires sur 2 141 participants, a mesuré un effet proche de zéro (d = 0,04, avec un intervalle de confiance qui contient zéro). L'argument n'est donc pas que ta volonté s'épuise : c'est qu'une intention se renégocie, alors qu'une entorse enregistrée et affichée noir sur blanc ne se renégocie pas. La petite voix qui plaide une exception se heurte à une réalité mesurable.
Rendre tes règles inviolables : la mesure
Le pari de cet article est que la différence entre un trader qui tient ses règles et un trader qui les enfreint n'est pas la force de caractère, c'est le feedback. Ce pari a un appui hors du trading : la méta-analyse de Harkin et ses collègues, parue en 2016 dans le Psychological Bulletin, regroupe 138 études et 19 951 participants répartis au hasard entre une incitation à suivre leur progression et un groupe témoin ; suivre sa progression a favorisé l'atteinte de l'objectif (d = 0,40), et davantage quand l'information était consignée physiquement ou rendue publique. Ce résultat porte sur des objectifs en général, pas sur des trades. Quand tu ne mesures pas le respect de tes règles, tu vis dans le flou confortable où tu peux te raconter que « globalement, tu es discipliné ». Ce flou est le terreau de l'indiscipline. Il te permet de minimiser chaque entorse et de ne jamais voir le motif d'ensemble.
Quand, au contraire, chaque règle est vérifiée automatiquement sur tes trades et transformée en un score, le flou disparaît. Tu vois exactement quelle règle tu enfreins le plus, dans quelles conditions, et ce que ça te coûte. Ce qui était une impression devient une donnée, et une donnée, tu peux la corriger. C'est le levier le plus direct que tu aies pour transformer des règles écrites en discipline réelle, et le seul qui se vérifie sur tes propres trades.
Comment définir tes premières règles
Si tu pars de zéro, ne cherche pas à couvrir tout. Regarde tes pires trades passés et demande-toi : quelle règle simple aurait évité chacun d'eux ? Ce sont tes règles prioritaires, celles qui ferment tes fuites réelles. Voici un point de départ courant, à confronter à tes propres fuites :
- Risque maximum par trade (par exemple 1 % du capital).
- Nombre maximum de trades par jour, pour éviter le surtrading.
- Règle d'arrêt après un nombre défini de pertes consécutives.
- Plages horaires autorisées, pour ne trader que quand ton edge existe.
- Interdiction absolue de déplacer un stop contre soi.
Règles d'entrée, règles de gestion, règles de sortie
Toutes les règles ne se ressemblent pas, et il est utile de les classer par moment du trade. Les règles d'entrée définissent ce que tu prends : quels setups, dans quelles conditions, à quels horaires. Les règles de gestion définissent ce que tu fais une fois en position : ton risque, où tu places ton stop, si tu bouges ou non. Les règles de sortie définissent comment tu clôtures : objectif, stop suiveur, sortie partielle. Il est tentant de soigner ses règles d'entrée et de négliger les deux autres catégories.
C'est une erreur, car le biais le mieux documenté chez les investisseurs particuliers se loge à la sortie : l'effet de disposition qu'Odean a mesuré sur les comptes décrits plus haut, où les gains latents étaient réalisés plus volontiers que les pertes latentes. Un bon trade mal géré ou mal clôturé devient un mauvais résultat. En couvrant les trois moments par des règles claires, tu élimines l'improvisation là où elle coûte le plus cher. Vérifie que ton jeu de règles ne se concentre pas uniquement sur « quand entrer » : les règles qui te disent quoi faire quand le trade est déjà lancé sont au moins aussi importantes.
La règle du « une seule à la fois »
Corriger plusieurs mauvaises habitudes en même temps, c'est surveiller plusieurs fronts à la fois, et c'est précisément sous pression que la surveillance lâche. C'est pour ça que la meilleure façon d'ancrer de nouvelles règles est de les travailler une à la fois. Choisis la règle qui adresse ta fuite la plus coûteuse, concentre-toi uniquement sur elle jusqu'à ce qu'elle devienne un automatisme, puis passe à la suivante. Compte en mois plutôt qu'en jours : Lally et ses collègues ont suivi 96 volontaires, surtout des étudiants de troisième cycle, qui répétaient chaque jour un geste simple lié à l'alimentation, à la boisson ou à l'activité physique pendant 12 semaines ; chez les 39 dont la courbe se modélisait bien, l'automatisme a plafonné après 66 jours en médiane, de 18 à 254 jours selon les personnes, et il s'agissait d'un geste isolé, pas d'une règle de trading. Pour savoir où elle en est, suis cette habitude de trading jour après jour plutôt que de te fier à ton impression. Cette approche séquentielle paraît lente, mais elle demande moins que de vouloir tout tenir d'un coup.
Cette méthode a un autre avantage : chaque règle maîtrisée renforce ta confiance en ta capacité à tenir les suivantes. Tu construis une série de victoires qui se cumulent, au lieu d'une longue liste d'échecs qui te confirment que « tu manques de discipline ». Ce que la répétition produit, c'est de l'automatisme : un geste répété dans le même contexte finit par demander moins d'attention, et c'est exactement ce qu'on attend d'une règle le jour où tu es fatigué ou tenté de forcer. En travaillant une règle à la fois, tu transformes un objectif écrasant (« devenir discipliné ») en une suite d'étapes atteignables.
Écrire ses règles noir sur blanc
Une règle qui n'existe que dans ta tête n'est pas vraiment une règle : elle est floue, révisable à volonté, et l'émotion la réécrit sans que tu t'en aperçoives. Écrire tes règles noir sur blanc les fige, leur donne une existence objective que tu ne peux pas contourner discrètement. Le simple fait de devoir les formuler par écrit, ce qui est le cœur d'un plan de trading, te force d'ailleurs à les préciser, et révèle celles qui étaient trop vagues pour être appliquées.
Garde tes règles écrites visibles pendant que tu trades, comme un pilote garde sa checklist. Ce n'est pas un manque de confiance en ta mémoire : aux États-Unis, la règle fédérale 14 CFR 121.315 impose aux compagnies aériennes une procédure de vérification du poste de pilotage conçue pour qu'un membre d'équipage n'ait pas à se fier à sa mémoire pour les points à vérifier, et que l'équipage doit suivre en vol. Le régulateur ne dit pas que les pilotes ont une mauvaise mémoire ; il décide qu'on ne construit pas une procédure de sécurité sur elle. Des règles écrites et affichées te confrontent en temps réel à ce que tu avais décidé à froid, et cette confrontation est exactement ce qui te retient de dévier. Ce qui est écrit résiste ; ce qui reste dans la tête plie.
Faire évoluer ses règles sans se trahir
Une règle n'est pas gravée dans le marbre pour toujours : elle peut et doit évoluer à mesure que ta stratégie mûrit, que ton capital grandit, ou que tu découvres de nouvelles fuites dans ton trading. Le piège n'est pas de changer une règle, c'est de la changer au mauvais moment et pour la mauvaise raison. Faire évoluer une règle après une analyse à froid de plusieurs semaines de trades est légitime ; l'assouplir en plein trade parce qu'elle te gêne ne l'est jamais.
La bonne pratique est de réserver la révision des règles à un moment dédié, par exemple ta revue hebdomadaire ou mensuelle, jamais en session de trading. Pose-toi la question froidement : cette règle m'a-t-elle coûté plus qu'elle ne m'a protégé sur la période, avec des données à l'appui plutôt qu'une impression du moment ? Si la réponse est oui de façon répétée et mesurée, ajuste-la. Si la réponse vient d'une seule mauvaise journée où la règle t'a empêché de prendre un trade qui aurait gagné, ne touche à rien : le hasard d'un seul cas ne remet jamais en cause une règle construite sur des dizaines d'observations.
Les règles de contexte qu'on oublie
Au-delà des règles évidentes de risque et d'entrée, certaines règles moins citées méritent leur place. Une règle sur le nombre d'écrans ou d'onglets ouverts en même temps, pour éviter la surcharge cognitive qui pousse à sauter d'une opportunité à l'autre. Une règle sur l'état minimum requis pour trader (sommeil, calme, absence de contrariété majeure), parce qu'un bon setup pris fatigué ou énervé n'est plus tout à fait le même trade. Une règle sur la taille maximale en cas de gain exceptionnel, pour ne pas laisser l'euphorie gonfler ton risque juste après une belle série.
Ces règles dites de contexte passent facilement à la trappe parce qu'elles ne concernent pas directement le trade lui-même, mais les conditions dans lesquelles il est pris. Pourtant, une erreur n'est pas toujours un mauvais setup : c'est parfois un bon setup pris dans de mauvaises conditions, fatigué, distrait, pressé par le temps. Personne n'a mesuré la part de l'un et de l'autre chez les traders particuliers ; ton journal, lui, peut la mesurer chez toi. Élargir tes règles à ce contexte, et pas seulement au geste de trading lui-même, ferme des fuites que les règles classiques ne voient pas.
Règles personnelles et règles imposées : la différence
Si tu trades pour une prop firm, tu composes avec deux couches de règles : celles que la firme t'impose (limite de perte journalière, drawdown maximum, parfois horaires interdits) et celles que tu te donnes toi-même. D'après la page de FTMO sur ses objectifs de trading, lue en octobre 2026, la perte journalière maximale y vaut 5 % du capital initial sur le modèle 2-Step et 3 % sur le modèle 1-Step, la perte maximale 10 %, le tout mesuré sur l'équité, positions ouvertes comprises ; ces chiffres changent, relis la page de ta firme. Une erreur tentante est de considérer les règles de la firme comme les seules qui comptent, et de trader jusqu'à leurs limites exactes, sans marge personnelle. C'est risqué, car une règle imposée qui ferme ton compte dès qu'elle est atteinte ne te laisse aucune place à l'erreur d'exécution ou à un mauvais jour exceptionnel.
Les règles imposées ne viennent d'ailleurs pas que des prop firms. Aux États-Unis, la règle 2270 de la FINRA oblige un courtier qui promeut le day trading à remettre à chaque client particulier, avant l'ouverture du compte, un avertissement écrit dont le premier point dit que le day trading peut être extrêmement risqué. Le texte est fixé d'avance par le régulateur et remis avant le premier trade, pas pendant : une règle, quel que soit son auteur, se lit à froid.
La bonne pratique est de te fixer des règles personnelles nettement plus conservatrices que les règles imposées, pour créer une marge de sécurité entre ta propre limite et celle qui, si elle est franchie, met fin à l'évaluation ou au compte financé. Un trader qui s'arrête à -3 % de perte journalière personnelle, alors que la limite de la firme est à -5 %, se protège d'un dépassement accidentel causé par un slippage ou une erreur d'exécution. Cette marge n'est pas de la prudence excessive, c'est de la gestion du risque appliquée à la règle elle-même.
Cette approche en couches aide aussi quand tu gères plusieurs comptes financés ou plusieurs évaluations en même temps, chacun avec ses propres limites. Plutôt que de suivre séparément les règles de chaque firme dans ta tête sous pression, décide d'un seul standard personnel plus strict que le plus strict d'entre eux, et applique ce standard unique partout. Il est bien plus facile de tenir une seule règle cohérente sur tous tes comptes que de te souvenir, en plein trade perdant, du pourcentage exact qui s'applique à quelle firme.
Comment Tradoshi te fait tenir tes règles
Tradoshi prend tes règles et les vérifie automatiquement sur chacun de tes trades réels, puis condense le tout en un score de discipline quotidien. Tes règles cessent d'être une liste que tu oublies pour devenir un miroir qui te renvoie, chaque jour, la vérité sur ton respect du plan.
- Règles vérifiées : risque, killzones, arrêt après N pertes, limite journalière contrôlés sur tes vrais trades.
- Score de discipline : une note quotidienne 0-100 qui quantifie ton respect global des règles.
- Point faible identifié : la règle que tu enfreins le plus est mise en avant pour que tu la travailles.
- Historique : tes séries de journées disciplinées se voient et se renforcent.

Questions fréquentes
Comment définir de bonnes règles de trading ?
Une bonne règle est précise, vérifiable et décidée à froid. Précise pour ne laisser aucune place à l'interprétation, vérifiable pour pouvoir la contrôler sur tes trades par un simple oui ou non, décidée à froid pour ne pas être une capitulation inventée dans l'action. « Je risque 1 % max par trade » est une règle ; « je gère bien mon risque » n'en est pas une.
Combien de règles faut-il avoir ?
Peu, mais bien tenues. Vingt règles détaillées donnent une illusion de contrôle mais sont impossibles à respecter toutes en même temps. Mieux vaut cinq règles tenues à 100 % que vingt tenues à moitié. Choisis celles qui ferment tes vraies fuites (ce qui te coûte le plus), rends-les automatiques, puis ajoutes-en d'autres brique par brique.
Pourquoi je n'arrive pas à tenir mes règles ?
Parce que les règles ne sont jamais testées quand tout va bien, mais dans les moments où tu as le plus envie de les enfreindre : après une perte, devant un gros mouvement, en retard sur ton objectif. Tu te fabriques alors des exceptions « juste cette fois ». La parade n'est pas plus de volonté mais de rendre chaque entorse visible et mesurée.
Comment rendre mes règles plus solides ?
En les mesurant. Sans feedback, tu vis dans un flou confortable où tu te crois « globalement discipliné » et minimises chaque entorse. Quand chaque règle est vérifiée sur tes trades et transformée en score, le flou disparaît : tu vois quelle règle tu enfreins le plus et ce que ça te coûte. La mesure transforme des règles écrites en discipline réelle.
Par quelles règles commencer ?
Regarde tes pires trades passés et demande-toi quelle règle simple aurait évité chacun. Un bon point de départ : risque max par trade (1 %), nombre max de trades par jour, arrêt après N pertes consécutives, plages horaires autorisées, et interdiction de déplacer un stop contre soi. Ces cinq règles sont un point de départ, pas une liste universelle : ton journal te dira lesquelles te concernent.
Faut-il des règles rigides ou souples ?
Rigides sur les principes de survie (risque, arrêt, stop), souples nulle part sur ces points-là. Une règle qui admet une exception « juste cette fois » n'est plus une règle, c'est une suggestion, et les suggestions ne protègent personne. Tu peux faire évoluer tes règles à froid, entre deux séances, mais jamais les assouplir dans le feu de l'action.
Puis-je changer une règle si elle ne me convient plus ?
Oui, mais uniquement lors d'une revue dédiée, à froid, jamais en session de trading. Analyse plusieurs semaines de données avant de conclure qu'une règle te coûte plus qu'elle ne te protège. Une seule mauvaise journée où la règle t'a empêché de prendre un trade gagnant ne suffit jamais à la remettre en cause : le hasard d'un cas isolé ne pèse rien face à des dizaines d'observations.
Quelles règles de contexte oublie-t-on facilement ?
Les règles de contexte : l'état minimum requis pour trader (sommeil, calme), la limite de taille après un gain exceptionnel pour éviter que l'euphorie ne gonfle le risque, ou le nombre d'onglets ouverts en même temps pour éviter la surcharge cognitive. Une erreur n'est pas toujours un mauvais setup : c'est parfois un bon setup pris dans de mauvaises conditions, et seul ton journal peut dire dans quelle proportion chez toi.
Mes règles personnelles doivent-elles être identiques à celles de ma prop firm ?
Non, elles doivent être plus strictes. Trader jusqu'aux limites exactes de la firme ne laisse aucune marge pour une erreur d'exécution ou un jour exceptionnellement mauvais, puisque les franchir peut fermer le compte instantanément. Fixer un seuil personnel nettement plus conservateur, par exemple s'arrêter à -3 % quand la limite de la firme est à -5 %, crée une vraie marge de sécurité.
Une étude prouve-t-elle que des règles écrites améliorent les résultats d'un trader ?
Pas à notre connaissance. Ce qui est mesuré vient d'ailleurs : les intentions de mise en œuvre « si… alors » (Gollwitzer et Sheeran, 94 tests, d = 0,65), l'engagement pris d'avance sur l'épargne de salariés (Thaler et Benartzi, taux d'épargne de 3,5 % à 13,6 % en 40 mois), les échéances imposées à des étudiants (Ariely et Wertenbroch) et, en laboratoire, des ordres de vente fixés d'avance qui réduisent l'effet de disposition (Fischbacher, Hoffmann et Schudy). Aucune de ces études ne porte sur des traders particuliers.
