Un plan de trading est le document, écrit avant la séance, qui fixe ce que tu trades, à quelles heures, sur quelles configurations, combien tu risques par trade et par jour, comment tu gères et sors de chaque position, quand tu t'arrêtes, et quand tu le révises. Un plan qui n'est pas écrit n'est pas un plan : c'est une intention qui change au gré de l'émotion. Ce guide détaille ce qu'un plan contient, rubrique par rubrique, ce que les régulateurs demandent de fixer avant de trader, comment le tester et le réviser, et ce que la recherche a mesuré, ou non, sur les décisions prises d'avance.
- Un plan dans ta tête n'est pas un plan : l'émotion le réécrit en temps réel sans que tu t'en aperçoives.
- Un vrai plan est écrit, précis, et répond à l'avance aux situations où tu craques.
- Le plan ne sert pas à prédire le marché, il sert à cadrer TON comportement.
- Il se teste à froid et se révise à date fixe, jamais en pleine séance.
- Ce qui est mesuré vient d'ailleurs : aucune étude publiée ne mesure l'effet d'un plan écrit sur les résultats de traders particuliers.
La question n'est pas « as-tu un plan de trading ? » mais « peux-tu me le montrer, écrit ? ». Un ensemble d'idées qui vivent dans ta tête, se contredisent et se reconfigurent selon l'humeur du jour n'est pas un plan : c'est exactement l'inverse d'un plan.
Un plan de trading n'est pas un document optionnel pour perfectionnistes. C'est l'outil qui te permet de prendre tes décisions difficiles à froid, une fois pour toutes, pour ne pas avoir à les improviser sous pression. Ce guide t'explique pourquoi un plan mental est une illusion, ce que doit contenir un vrai plan, comment le tester avant de risquer un euro, et comment le faire évoluer sans le trahir.
Pourquoi le plan mental est une illusion
Le problème du plan qui vit uniquement dans ta tête, c'est qu'il n'a aucune résistance. Au moment où l'émotion monte (après une perte, devant un mouvement violent, quand la peur ou l'avidité prend le dessus), tu réécris discrètement le plan pour justifier ce que tu as envie de faire. Tu ne trahis pas ton plan, tu le modifies, en temps réel, sans même t'en rendre compte. Et comme il n'est écrit nulle part, aucune trace ne te confronte à ta trahison.
Un plan écrit, lui, ne bouge pas. Il a été décidé à froid, dans un moment de lucidité, et il reste là, immuable, quand tu es dans le feu de l'action. Il te force à constater l'écart entre ce que tu avais prévu et ce que tu es en train de faire. Cette confrontation est inconfortable, et c'est précisément pour ça qu'elle fonctionne : elle rend la dérive visible au moment où elle se produit. Un plan mental, à l'inverse, ne peut jamais jouer ce rôle : il n'existe nulle part en dehors de ta mémoire, et la mémoire se relit à la lumière du résultat. Dans l'article de Baruch Fischhoff sur le jugement rétrospectif, paru en 1975, des étudiants à qui l'on annonçait l'issue d'un récit la jugeaient ensuite plus probable que ceux qui l'ignoraient, et n'en avaient pour l'essentiel pas conscience. L'expérience porte sur des récits historiques, pas sur des trades ; elle dit seulement que le souvenir d'une décision n'est pas un relevé.
Le plan cadre ton comportement, pas le marché
Un plan de trading ne sert pas à prédire ce que le marché va faire. Tu ne contrôles pas le marché et aucun plan ne te le fera prédire. Ce qu'un plan contrôle, c'est ton comportement : ce que tu vas faire dans telle ou telle situation, quels setups tu prends et lesquels tu ignores, combien tu risques, quand tu t'arrêtes.
Un plan de trading ne dit pas ce que le marché va faire. Il dit ce que TOI tu vas faire, quoi que le marché fasse.
Ce déplacement de perspective change tout. Tu cesses de chercher la boule de cristal et tu commences à construire la seule chose que tu maîtrises vraiment : ta réaction. Un bon plan anticipe les situations où tu es le plus vulnérable et décide à l'avance de ta conduite, pour que l'émotion n'ait plus qu'à suivre un rail déjà posé.
Ce que doit contenir un vrai plan
Un plan de trading utile n'a pas besoin d'être un roman de cinquante pages. Il doit être précis, concret, et couvrir les décisions clés. Voici les rubriques essentielles :
| Rubrique | Ce qu'elle définit |
|---|---|
| Marchés et horaires | Ce que tu trades, et à quelles heures |
| Configurations | Les conditions exactes qui déclenchent une entrée, fiche par fiche |
| Risque | Le pourcentage risqué par trade, et la perte maximale par jour |
| Gestion et sortie | Où tu places ton stop, comment tu le déplaces, où et comment tu sors |
| Règles d'arrêt | Quand tu arrêtes ta séance (pertes, heure, état) |
| Gestion émotionnelle | Ce que tu fais quand tu sens l'émotion monter |
| Revue | Quand et sur quelles données tu révises le plan |
Les marchés et les horaires viennent en premier parce qu'ils délimitent tout le reste : un trader qui écrit « EUR/USD et Nasdaq, de 9 h à 11 h 30 » a déjà éliminé les trades pris par ennui à 15 h sur un instrument qu'il ne suit pas. Les configurations sont le catalogue de ce que tu as le droit de prendre, une fiche par setup : c'est le rôle du playbook de trading, le plan n'a besoin que d'y renvoyer, et la checklist vérifie avant chaque entrée que la configuration est bien là. Le risque se fixe à deux niveaux, par trade et par jour, et le second est celui qu'on oublie : une limite journalière écrite est ce qui arrête une série avant qu'elle n'emporte la semaine, et les prop firms en font une règle de compte.
La gestion et la sortie décrivent ce que tu fais une fois en position : où va le stop, s'il bouge, où et comment tu sors. Un détail que le plan doit prévoir : d'après la page de la FINRA sur les ordres stop, un ordre stop devient un ordre au marché une fois le prix atteint, et le prix obtenu peut être nettement différent du prix du stop. Ton stop fixe donc une intention de sortie, pas un prix de sortie, et le plan doit dire ce que tu fais si l'exécution s'éloigne du prix prévu. Les règles d'arrêt, enfin, disent quand la séance se termine : après un nombre de pertes, à une heure, ou dans un état qui ne permet plus de trader. L'article sur les règles de trading traite de la difficulté de les tenir ; le plan, lui, les écrit toutes au même endroit.
La rubrique la plus négligée, et la plus importante, est celle de l'émotion : que fais-tu quand elle monte ? Un plan qui ne décrit que le trading idéal ignore le trading réel, celui où tu es fatigué, énervé, en train de vouloir te refaire. Un plan qui ne prévoit pas tes moments de faiblesse ne te protège pas là où tu en as le plus besoin.
Ce que les régulateurs demandent de fixer avant de trader
Aucun régulateur n'impose un plan de trading à un particulier, mais plusieurs disent ce qu'il faut avoir décidé avant d'ouvrir une position, et ces points sont exactement les premières rubriques d'un plan. La CFTC, le régulateur américain des marchés à terme, écrit dans son avis aux clients sur les emballements en ligne qu'il vaut mieux bâtir son propre plan de trading, adapté à sa situation et à sa tolérance au risque, que suivre celui des autres, et ne trader qu'avec du capital-risque, c'est-à-dire de l'argent qu'on peut perdre sans toucher aux besoins de base, à l'épargne de précaution ni à la retraite. Sa page sur les bases des contrats à terme demande de savoir, avant d'acheter un contrat, combien on peut se permettre de perdre au-delà de la mise initiale.
La NFA, l'organisme d'autorégulation des marchés à terme américains, énumère dans ses bonnes pratiques pour l'investisseur ce dont la décision de trader doit tenir compte : les connaissances et l'expérience, le temps et l'attention qu'on peut y consacrer, le capital qu'on peut engager, et son tempérament et sa tolérance au risque. Sa brochure sur le marché des changes de gré à gré pour les particuliers compte parmi les risques celui que le système de trading tombe en panne et qu'on ne puisse, pendant un temps, ni passer, ni modifier, ni annuler un ordre : c'est le scénario « ma plateforme plante avec une position ouverte » de la section suivante, et il mérite sa ligne dans le plan. Côté actions, la règle 2270 de la FINRA oblige un courtier qui promeut le day trading à remettre au client, avant l'ouverture du compte, un avertissement qui dit qu'il faut être prêt à perdre la totalité des fonds consacrés au day trading, et la page de la SEC « Day Trading: Your Dollars at Risk » écrit que les day traders ne devraient risquer que l'argent qu'ils peuvent se permettre de perdre.
En France, le guide de l'AMF « Investir votre épargne : étape par étape » pose les questions à se poser avant d'investir : quels sont mes projets, quel est mon horizon, et quel risque suis-je prêt à prendre, c'est-à-dire la somme que je serais éventuellement prêt à perdre. Le guide parle d'épargne et de placements, pas de day trading, mais la question est celle de la rubrique « risque » du plan : un montant, décidé avant, pas une impression pendant.
Le plan doit être précis, pas vague
« Je prends les bons setups » n'est pas une règle, c'est un vœu pieux. « Je n'entre que sur une cassure confirmée d'un niveau majeur, dans le sens de la tendance H4, avec un stop sous le dernier plus bas » est une règle. La différence, c'est la précision : une règle vague laisse toute la place à l'interprétation, et l'interprétation, sous émotion, va toujours dans le sens de ce que tu as envie de faire.
Le test est simple : une autre personne pourrait-elle appliquer ta règle et prendre exactement les mêmes décisions que toi ? Si oui, ta règle est assez précise. Sinon, c'est une intention, et une intention ne résiste pas à la pression. Chaque zone de flou dans ton plan est une porte ouverte à l'indiscipline.
Un plan ne vaut que s'il est suivi et mesuré
Écrire un plan est la première étape ; le suivre est la vraie difficulté. Et pour le suivre, il faut pouvoir mesurer si tu le respectes. Un plan que tu ne confrontes jamais à tes trades réels reste un beau document sans effet. C'est en comparant, régulièrement, ce que ton plan prévoyait et ce que tu as réellement fait, que tu transformes un texte en discipline. Que le suivi aide, la recherche l'a mesuré hors trading : la méta-analyse de Harkin et ses collègues, parue en 2016 dans le Psychological Bulletin, regroupe 138 études et 19 951 participants, et suivre sa progression a favorisé l'atteinte de l'objectif (d = 0,40), davantage quand l'information était consignée physiquement. Ce sont des objectifs en général, pas des trades ; suivre ses habitudes de trading en tire la méthode.
Cette mesure est aussi ce qui te dit si ton plan lui-même est bon. Parfois, tu respectes ton plan mais il ne fonctionne pas : c'est le plan qu'il faut ajuster. Parfois, ton plan est bon mais tu ne le suis pas : c'est ta discipline qu'il faut travailler. Sans mesure, tu ne peux pas distinguer les deux, et tu risques de casser un bon plan à cause d'un problème d'exécution.
Ce que la recherche a mesuré sur les décisions prises d'avance, et sur qui
Un plan est une suite de décisions prises avant la situation. Ce format a été étudié hors des marchés : la méta-analyse de Gollwitzer et Sheeran, parue en 2006, regroupe 94 tests indépendants et mesure un effet moyen à fort (d = 0,65) des intentions de mise en œuvre, les décisions « si telle situation, alors tel geste », sur l'atteinte des objectifs, chez des participants d'études de psychologie. Sur de l'argent, le programme Save More Tomorrow de Thaler et Benartzi, publié en 2004 dans le Journal of Political Economy, a fait passer le taux d'épargne moyen de salariés d'un fabricant américain de taille moyenne de 3,5 % à 13,6 % en 40 mois, en leur faisant décider à l'avance d'épargner une part de leurs futures augmentations. Ce sont des salariés et de l'épargne, pas des traders et un stop. L'article sur les règles de trading détaille ces études et ce qu'elles ne disent pas.
En finance, ce qui s'en rapproche le plus porte sur les ordres fixés d'avance. L'expérience de laboratoire de Fischbacher, Hoffmann et Schudy, un document de travail de l'université de Constance de 2014, donnait à un groupe de participants des ordres stop-loss et take-gain qui vendaient automatiquement : d'après son résumé, le seul lu ici, ce groupe a montré un effet de disposition nettement plus faible, par une hausse des pertes réalisées. Le biais lui-même, garder ses perdants et vendre ses gagnants, l'étude d'Odean l'a mesuré sur 10 000 comptes d'un grand courtier américain à escompte entre 1987 et 1993, des investisseurs particuliers en actions : 14,8 % des gains latents étaient réalisés contre 9,8 % des pertes latentes. C'est l'argument le plus solide pour écrire la rubrique « gestion et sortie » avant d'être en position.
Et le plan lui-même ? À notre connaissance, aucune étude publiée ne mesure l'effet d'un plan de trading écrit sur les résultats de traders particuliers. Aucun chiffre de cette section ne se transfère à ton compte : un taux d'épargne qui triple ne dit rien d'un drawdown, et un effet mesuré sur des étudiants en laboratoire n'est pas une promesse sur un marché réel. Ce que ces travaux ont en commun, c'est qu'une décision prise avant la situation se tient mieux qu'une intention. Le reste se mesure chez toi, dans ton journal.
Le plan de trade et le plan de trader
Il faut distinguer deux niveaux de plan. Le plan de trade est ponctuel : pour ce trade précis, voici mon entrée, mon stop, mon objectif, ma taille. Le plan de trader est global : voici comment je fonctionne en général, mes setups autorisés, ceux que décrit mon playbook de trading, mes règles de risque, mes horaires, ma routine. Les deux sont nécessaires, et c'est le plan de trader, le cadre général, que cet article décrit : un plan de trade n'a de sens qu'à l'intérieur.
Sans plan de trader, chaque trade est décidé isolément, sans cohérence d'ensemble, et tu te retrouves à improviser un cadre différent chaque jour. Le plan de trader donne la structure dans laquelle chaque plan de trade s'inscrit : il définit ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, une fois pour toutes, à froid. C'est lui qui t'évite de réinventer tes règles à chaque séance et qui rend ton comportement prévisible d'un jour à l'autre. Construire ce plan global est souvent plus important que peaufiner chaque plan de trade individuel.
Un plan doit prévoir l'imprévu
Un plan qui ne décrit que le déroulement idéal s'arrête là où il devrait commencer. Le vrai test d'un plan, c'est ce qu'il prévoit quand les choses tournent mal. Que fais-tu si le marché gappe contre toi à l'ouverture ? Si une annonce surprise fait exploser la volatilité ? Si tu enchaînes trois pertes en début de séance ? Si ta plateforme plante avec une position ouverte, le cas que la brochure de la NFA citée plus haut range parmi les risques du forex de détail ? Un plan qui n'a pas de réponse à ces situations te laisse improviser au pire moment, sous stress.
Un plan complet consacre une part importante à ces scénarios défavorables, précisément parce que c'est là que l'émotion prend le contrôle. Décider à froid, à l'avance, ta conduite face à un gap, une série de pertes ou un imprévu technique, te donne un rail à suivre quand l'émotion voudrait te faire dévier. Un plan complet n'est pas celui qui décrit le mieux le trading parfait, c'est celui qui te tient le mieux quand rien ne se passe comme prévu.
Le plan doit évoluer, mais à froid
Un plan n'est pas gravé dans le marbre : il doit évoluer à mesure que tu progresses, que tu découvres ce qui marche et ce qui ne marche pas dans tes données. Mais cette évolution doit se faire à froid, entre deux séances, dans le temps « après » de ta routine de trading, sur la base de ce que tes trades t'apprennent, jamais dans le feu de l'action pour justifier une entorse. La différence entre faire évoluer son plan et le trahir tient entièrement à ce timing.
Modifier une règle parce que tes 100 derniers trades montrent qu'elle te dessert est une amélioration légitime ; modifier une règle en pleine séance parce qu'elle t'empêche de prendre le trade que tu veux est une capitulation. Un plan vivant se révise périodiquement, avec méthode, en s'appuyant sur des données. Un plan trahi se réécrit en temps réel, sous l'émotion. Garde tes révisions pour les moments calmes, et tiens ton plan à la lettre pendant les séances : c'est cette discipline qui fait la différence. Une bonne habitude consiste à dater chaque révision et à noter la donnée précise qui l'a motivée, pour pouvoir distinguer plus tard une amélioration réfléchie d'un simple coup de tête.
Pourquoi tu résistes à écrire ton plan
Si écrire un plan est si simple en théorie, pourquoi est-ce si difficile en pratique ? La réponse est inconfortable : écrire ton plan t'oblige à admettre noir sur blanc que tu ne sais pas encore exactement ce que tu fais. Tant que tout reste flou dans ta tête, tu peux entretenir l'illusion d'une cohérence que tu n'as pas. Le mettre sur papier expose les trous, les contradictions, les zones où tu improvises encore, et cette confrontation est désagréable.
Il y a aussi une résistance plus subtile : un plan écrit limite ta liberté d'action, et une partie de toi préfère garder cette liberté, même si elle te coûte de l'argent. Trader sans plan donne une sensation grisante de réactivité, de flexibilité, presque de créativité. Trader avec un plan ressemble davantage à suivre une procédure, ce qui semble moins excitant, même si c'est précisément cette discipline qui produit la rentabilité. Reconnaître cette résistance pour ce qu'elle est, un confort émotionnel de court terme payé au prix fort, peut être le vrai déclic qui pousse enfin à écrire.
Exemple concret : un plan de trade complet
Voici, à titre purement illustratif, à quoi peut ressembler un plan de trade rempli pour une seule position : Setup, cassure confirmée d'un niveau de résistance H4 avec retest ; Risque, 1 % du capital, soit 200 € sur un compte de 20 000 € ; Stop, sous le retest, à 25 pips ; Objectif, ratio 1:2 minimum, soit 50 pips ; Condition d'invalidation, clôture H4 sous le niveau cassé avant le retest. Au-dessus de ce plan de trade, le plan de trader fixe la limite du jour : 3 % du capital, soit 600 €, c'est-à-dire trois pertes pleines, après quoi la séance est terminée quoi qu'il arrive.
Ce niveau de précision peut sembler excessif pour un seul trade, mais c'est justement le but : une fois ces cinq lignes remplies avant d'entrer, il ne reste plus aucune place à l'improvisation pendant que la position est ouverte. Si le marché fait autre chose que ce que prévoyait le plan, la réponse est déjà écrite, tu n'as qu'à l'appliquer. C'est cette préparation, répétée trade après trade, qui construit la discipline dont un plan de trader global a besoin pour fonctionner.
Tester ton plan avant de le trader en réel
Avant d'engager du capital réel sur un plan tout juste écrit, teste-le à froid sur des données passées ou en compte démo ; l'avis de la CFTC cité plus haut recommande lui aussi de s'exercer sur les simulateurs des courtiers avant de risquer de l'argent réel. Applique tes règles exactement telles qu'écrites sur une série de configurations historiques et regarde si elles produisent un résultat cohérent avec ce que tu espères. Ce test peut révéler des failles invisibles à la simple lecture : une règle de stop trop serrée qui te sort systématiquement avant le mouvement, un ratio risque/rendement qui ne compense pas ton taux de réussite réel, une condition d'entrée si stricte qu'elle ne se présente presque jamais.
Ce passage par le test n'a pas besoin d'être sophistiqué : parcourir manuellement plusieurs dizaines de configurations passées en appliquant ta règle à la lettre suffit déjà à repérer les problèmes les plus flagrants. L'objectif n'est pas d'obtenir une certitude statistique, c'est d'éviter de découvrir en argent réel un défaut de plan que quelques heures de vérification à froid auraient révélé sans rien risquer. Pour aller plus loin, le backtesting fait la même chose avec méthode.
Comment Tradoshi transforme ton plan en discipline
Tradoshi prend les règles de ton plan (killzones, risque par trade, arrêt après N pertes, limite journalière) et vérifie automatiquement, sur tes vrais trades, si tu les as respectées. Ton plan cesse d'être un document oublié pour devenir un score quotidien qui te dit exactement où tu craques.
- Règles mesurées : tes règles d'horaires, de risque et d'arrêt sont vérifiées sur chaque trade réel.
- Score de discipline : une note quotidienne qui quantifie ton respect du plan, avec le point faible identifié.
- Écarts visibles : tu vois précisément quand et comment tu t'écartes de ton plan.
- Plan et émotion croisés : le check-in émotionnel relie tes écarts de plan à ton état du moment.

Questions fréquentes
Pourquoi ai-je besoin d'un plan de trading écrit ?
Parce qu'un plan dans ta tête n'a aucune résistance : dès que l'émotion monte, tu le réécris pour justifier ce que tu as envie de faire, sans t'en apercevoir. Un plan écrit, décidé à froid, reste immuable dans le feu de l'action et te confronte à tes écarts. C'est cette confrontation qui rend la dérive visible et te protège.
Que doit contenir un plan de trading ?
Les décisions clés, de façon précise : les marchés et horaires que tu trades, tes configurations (conditions exactes d'entrée), ton risque par trade et ta perte maximale par jour, où tu places ton stop et comment tu sors, tes règles d'arrêt (pertes, heure, état), ce que tu fais quand l'émotion monte, et quand tu révises le plan. La rubrique de l'émotion est la plus négligée et la plus utile.
Un plan de trading sert-il à prédire le marché ?
Non. Tu ne contrôles pas le marché et aucun plan ne te le fera prédire. Un plan cadre ton comportement : ce que tu vas faire dans chaque situation, quels setups tu prends, combien tu risques, quand tu t'arrêtes. Il contrôle la seule chose que tu maîtrises vraiment, ta réaction.
Comment savoir si mon plan est assez précis ?
Applique ce test : une autre personne pourrait-elle lire ta règle et prendre exactement les mêmes décisions que toi ? Si oui, elle est assez précise. Sinon, c'est une intention vague qui laisse toute la place à l'interprétation, et sous émotion l'interprétation va toujours dans le sens de ce que tu veux faire. Chaque flou est une porte ouverte à l'indiscipline.
À quoi bon un plan si je ne le suis pas ?
C'est justement le cœur du problème. Écrire un plan est facile, le suivre est la vraie difficulté, et pour le suivre il faut mesurer si tu le respectes. Un plan que tu ne confrontes jamais à tes trades réels reste sans effet. C'est en comparant régulièrement ce que ton plan prévoyait et ce que tu as fait que tu le transformes en discipline réelle.
Comment savoir si c'est mon plan ou mon exécution qui pose problème ?
En mesurant ton respect du plan. Si tu suis ton plan mais qu'il ne marche pas, c'est le plan qu'il faut ajuster. Si ton plan est bon mais que tu ne le suis pas, c'est ta discipline qu'il faut travailler. Sans mesure, tu ne peux pas distinguer les deux, et tu risques de casser un bon plan à cause d'un simple problème d'exécution.
Pourquoi j'ai du mal à écrire mon plan alors que je sais que c'est important ?
Parce qu'écrire ton plan t'oblige à admettre noir sur blanc que tu ne sais pas encore exactement ce que tu fais, et ça expose les trous et les contradictions que tu préfères ignorer. Il y a aussi une résistance plus subtile : un plan limite ta liberté d'action, et trader sans plan donne une sensation grisante de flexibilité, même si elle te coûte de l'argent. Reconnaître cette résistance peut être le vrai déclic.
À quoi ressemble un plan de trade concret ?
Il précise, pour chaque trade, le setup exact, le risque en pourcentage et en montant, où se place le stop, l'objectif et son ratio, et la condition qui invalide l'idée. Rempli avant d'entrer, ce niveau de détail ne laisse plus de place à l'improvisation pendant que la position est ouverte : si le marché dévie du scénario prévu, la réponse est déjà écrite.
Que demandent les régulateurs avant de trader ?
Pas un plan au sens strict, mais ses premières rubriques. La CFTC conseille de bâtir son propre plan de trading adapté à sa situation et de ne trader qu'avec de l'argent qu'on peut perdre ; la NFA demande de tenir compte de ses connaissances, du temps disponible, du capital engagé et de sa tolérance au risque ; la règle 2270 de la FINRA fait remettre un avertissement qui dit d'être prêt à perdre la totalité des fonds consacrés au day trading ; le guide de l'AMF demande de fixer la somme qu'on serait prêt à perdre. Dans tous les cas, c'est une décision prise avant la première position.
Une étude prouve-t-elle qu'un plan de trading écrit améliore les résultats d'un trader ?
Pas à notre connaissance. Ce qui est mesuré vient d'ailleurs : les décisions « si… alors » chez des participants d'études de psychologie (Gollwitzer et Sheeran, 94 tests, d = 0,65), l'épargne de salariés qui décident d'avance (Thaler et Benartzi), le suivi de la progression vers un objectif (Harkin et ses collègues, 138 études, d = 0,40) et, en laboratoire, des ordres de vente fixés d'avance qui réduisent l'effet de disposition (Fischbacher, Hoffmann et Schudy). Aucune de ces études ne porte sur des traders particuliers.
