Un contrat future te fait contrôler une valeur notionnelle bien plus grande que le dépôt de marge que tu immobilises réellement, ce qui rend chaque tick de mouvement de prix disproportionnellement lourd en euros par rapport à un instrument non levié. Ajoute une date d'échéance qui vient forcément clôturer ou reconduire ta position, et tu obtiens un instrument qui demande un journal pensé pour son mécanisme propre, pas un copier-coller de ce que tu ferais sur des actions.

Les futures ont une mécanique fondamentalement différente des actions ou même du forex spot : tu ne possèdes jamais l'actif sous-jacent, tu détiens un contrat qui s'engage à un prix pour une échéance donnée, avec un effet de levier construit dans la structure même du produit via le système de marge. Cette mécanique change ce qu'un journal doit capturer pour rester utile.

Ce guide détaille les spécificités du trading futures à suivre dans ton journal : le levier par la marge, le rollover d'échéance, la valeur du tick, et pourquoi le tick, plutôt que le pourcentage, est l'unité qui colle à la cotation d'un contrat. Pour les bases communes à tous les marchés, vois notre guide du journal de trading.

En brefLes futures intègrent le levier directement dans le contrat via la marge : un dépôt modeste contrôle une valeur notionnelle bien plus grande, ce qui amplifie chaque mouvement de prix. L'échéance et le rollover sont des événements à suivre explicitement dans ton journal, pas des détails invisibles. La valeur du tick, pas le pourcentage, est l'unité dans laquelle un contrat futures est coté, et convertir directement en dollars sans passer par cette valeur fausse ton calcul de risque. Tradoshi calcule ton R-multiple et ton expectancy en tenant compte de la spécificité de chaque instrument.

Le levier intégré à la marge, pas ajouté après coup

Sur un compte actions classique sans marge, ton exposition égale à peu près ton capital engagé. Sur les futures, la structure est différente dès le départ : un contrat contrôle une valeur notionnelle bien plus élevée que le dépôt de marge exigé pour l'ouvrir. Le glossaire de la CFTC, le régulateur américain des marchés à terme, définit cette marge comme la somme ou la garantie déposée par le client auprès de son courtier, et précise qu'elle n'est pas un paiement partiel sur un achat. Ce n'est pas un choix que tu actives ou désactives comme un curseur de levier chez un broker forex, c'est la nature même du produit. Un mouvement de prix modeste sur le sous-jacent se traduit en un résultat bien plus large sur ton capital réellement engagé.

Cette caractéristique rend le suivi de ta marge utilisée par rapport à ton capital disponible particulièrement important. L'ordre de grandeur vient d'une source secondaire, les pages d'un courtier américain régulé : d'après la page de Charles Schwab sur les Micro E-mini, la marge peut ne représenter que 5 % à 7 % de la valeur notionnelle du contrat. Un trader qui ne regarde que son capital total sans suivre combien de marge chaque position mobilise peut se retrouver, sans s'en rendre compte, avec une exposition totale bien supérieure à ce qu'il pensait avoir pris, simplement en empilant plusieurs contrats sur des sous-jacents différents.

L'échéance et le rollover : un événement à journaliser

Contrairement à une action que tu peux détenir indéfiniment, un contrat future a une date d'échéance : le glossaire de la CFTC le définit comme un accord d'achat ou de vente pour livraison future, qui se dénoue par livraison ou par compensation, et décrit le rollover comme le fait de lever une position sur l'échéance proche pour la rétablir sur une échéance plus éloignée. Sur le DAX, par exemple, la fiche d'Eurex sur les futures DAX fixe le dernier jour de négociation au troisième vendredi du mois d'échéance. Approcher cette date en détenant toujours une position t'oblige donc à choisir : clôturer la position, ou la reconduire sur le contrat suivant, une opération qui a son propre coût en spread et dans l'écart de prix entre les deux échéances, un écart que le même glossaire appelle contango quand l'échéance lointaine cote plus haut que la proche, et backwardation quand elle cote plus bas.

Un journal futures rigoureux note explicitement quand un rollover a eu lieu et son coût associé, plutôt que de laisser cet événement se noyer dans le P&L général comme s'il s'agissait d'un mouvement de marché ordinaire. Sans ce suivi, un trader peut interpréter le coût du rollover comme une perte de trading classique et chercher, à tort, une erreur d'exécution ou d'analyse là où il n'y en avait pas.

Le tick, l'unité naturelle de résultat

Chaque contrat future a un tick minimal, que le glossaire de la CFTC définit comme le plus petit incrément de mouvement de prix possible pour un contrat donné, et une valeur en euros ou en dollars associée à ce tick, qui varie fortement d'un contrat à l'autre. Cette valeur est fixée par la bourse qui liste le contrat et ne se devine pas, elle se connaît par contrat : la fiche d'Eurex sur les futures DAX donne un tick d'un point valant 25 euros sur le contrat DAX, 5 euros sur le Mini-DAX et 1 euro sur le Micro-DAX. Penser en ticks ou en points plutôt qu'en pourcentage colle donc à la façon dont le contrat est coté et dont le marché en parle.

NotionPourquoi elle compte
Tick minimalPlus petite variation de prix possible sur le contrat
Valeur du tickMontant en devise correspondant à un tick, propre à chaque contrat
Marge initialeDépôt exigé pour ouvrir la position, très inférieur à la valeur notionnelle
Marge de maintenanceSeuil auquel ou sous lequel le courtier émet un appel de marge

Convertir directement un mouvement de prix en pourcentage sans passer par la valeur du tick peut fausser ton calcul de risque, parce que le pourcentage de variation du sous-jacent ne dit rien de ton résultat réel une fois le multiplicateur du contrat appliqué. Le bon réflexe est de raisonner en ticks ou en points pour la lecture technique, puis de convertir en devise via la valeur du tick pour le calcul du risque réel, exactement comme le pip fait ce travail en forex.

Penser en ticks change la gestion du risque

Cette habitude de penser en ticks a une conséquence directe sur la gestion du risque : la taille de position sur les futures ne se calcule pas en « combien de contrats je veux » mais en « combien de ticks je risque, multipliés par la valeur du tick, multipliés par le nombre de contrats, ramenés à mon pourcentage de risque accepté ». Sauter cette étape et choisir un nombre de contrats au feeling coûte plus cher ici qu'ailleurs, précisément parce que le levier intégré amplifie chaque taille mal calibrée. Notre calculateur de futures fait cette division pour les contrats les plus tradés.

Un journal qui note systématiquement le stop en ticks, la valeur du tick du contrat tradé, et le nombre de contrats permet de vérifier a posteriori si la taille de position était réellement cohérente avec le risque visé, ou si elle a été choisie sans ce calcul, une vérification qui devient un réflexe précieux une fois qu'elle a révélé une ou deux tailles mal calibrées. Écrire ce suivi n'est pas un détail : dans la méta-analyse de Harkin et ses collègues parue en 2016 dans le Psychological Bulletin, sur 138 études et 19 951 participants, suivre sa progression a aidé à atteindre l'objectif (d+ = 0,40), davantage quand l'information était consignée par écrit ; ce sont des objectifs du quotidien, pas de trading.

Les horaires de cotation, une particularité à ne pas oublier

De nombreux contrats futures cotent sur des plages horaires étendues, avec des pauses de maintenance et un volume qui n'est pas le même à toute heure. Les horaires viennent ici d'une source secondaire, un courtier américain régulé : d'après la fiche de Charles Schwab sur l'E-mini Nasdaq, le contrat cote du dimanche 18 h au vendredi 17 h, heure de New York, avec une pause de maintenance quotidienne de 17 h à 18 h. En Europe, la fiche d'Eurex sur les futures DAX donne une négociation continue de 2 h 10 à 22 h, heure d'Europe centrale. Un trader qui ne suit que les statistiques agrégées sans tenir compte de la session (électronique de nuit ou séance principale de jour, par exemple) peut rater des écarts de performance liés à la liquidité disponible à chaque moment de la journée.

Comme en forex, un champ « session » ou « plage horaire » dans le journal futures permet de vérifier si ton edge tient vraiment sur les périodes de faible volume, ou s'il se concentre principalement sur les plages où la liquidité et la participation sont les plus fortes, ce qui a une influence directe sur la qualité d'exécution de tes ordres.

L'appel de marge, un événement à comprendre

Quand le solde de ton compte descend au niveau de la marge de maintenance ou en dessous à cause d'une position qui évolue contre toi, le courtier émet un appel de marge : le glossaire de la CFTC le définit comme la demande faite au client de ramener son dépôt de marge au niveau initial, et rappelle que la bourse fixe les niveaux de marge initiale et de maintenance de chaque contrat, le courtier pouvant exiger davantage. À défaut de dépôt, la position peut être liquidée : la page de Charles Schwab sur les Micro E-mini, source secondaire, prévient que le courtier peut liquider la position sans prévenir pour couvrir un appel de marge, et la page de la CFTC sur les bases des futures que l'on peut être tenu de payer plus que sa mise de départ. La marge est une garantie de bonne fin du contrat, pas un plafond de perte, et l'appel peut surprendre un trader qui n'a pas suivi de près sa marge disponible, en particulier lors d'un mouvement de marché brutal.

Un journal futures qui note, même a posteriori, les moments où la marge disponible est descendue à un niveau critique permet de repérer les habitudes qui te rapprochent trop souvent de ce seuil, comme empiler plusieurs positions corrélées ou sous-dimensionner ton capital par rapport à ta stratégie. La pente est mesurée : dans l'étude de Coval et Shumway parue en 2005 dans le Journal of Finance, les traders pour compte propre du Chicago Board of Trade qui avaient perdu le matin étaient environ 16 % plus susceptibles de prendre un risque supérieur à la moyenne l'après-midi ; ce sont des professionnels d'un parquet de futures, pas des particuliers. C'est une information défensive précieuse, distincte du résultat du trade lui-même, qui parle directement de la robustesse de ta gestion du risque plutôt que de la qualité de ton analyse.

Les contrats mini et micro, une porte d'entrée à suivre différemment

De nombreux marchés futures proposent, en plus du contrat standard, des versions mini ou micro : le glossaire de la CFTC définit le mini comme un contrat futures de taille plus petite qu'un contrat par ailleurs identique. La valeur du tick suit la taille : 25, 5 et 1 euro le point sur le DAX, le Mini-DAX et le Micro-DAX d'après la fiche d'Eurex sur les futures DAX, et, d'après la page de Charles Schwab sur les Micro E-mini, source secondaire, un dixième de l'E-mini sur les indices américains, soit 5 dollars le point sur le Micro E-mini S&P 500 contre 50 sur l'E-mini. Tu trades donc la même exposition directionnelle avec un risque en devise bien plus faible par contrat, ce qui fait de ces versions réduites une porte d'entrée pour découvrir les futures ou tester une nouvelle stratégie avant de passer à une taille plus importante.

Un journal qui distingue clairement la taille de contrat utilisée (standard, mini, ou micro) permet de vérifier honnêtement si les résultats obtenus sur une petite taille se maintiennent une fois la taille augmentée, ou si une partie de la performance apparente venait simplement du fait que le risque en jeu était trop faible pour révéler de vrais problèmes d'exécution ou de discipline. C'est une transition qui mérite d'être suivie avec la même rigueur que n'importe quel autre changement de paramètre de risque.

Si tu notes le contexte de tes trades, date aussi ce que tu avais sous les yeux : le rapport COT paru le vendredi décrit les positions du mardi, pas celles du jour où tu prends ton trade.

Comment Tradoshi t'aide sur ton journal futures

Tradoshi importe tes trades futures et calcule tes statistiques (R-multiple, expectancy, profit factor) en tenant compte de la spécificité de chaque instrument tradé, pour que ta lecture de performance ne soit jamais faussée par le levier intégré ou la conversion en devise.

Le replay d'un trade sur l'or dans la trade review, avec son contexte de marché, comme pour un contrat futures.
Le replay d'un trade sur l'or dans la trade review, avec son contexte de marché, comme pour un contrat futures.

Questions fréquentes

Pourquoi le levier des futures est-il différent de celui du forex ?

Parce qu'il est intégré à la structure même du contrat via le système de marge : un dépôt modeste contrôle une valeur notionnelle bien plus grande, ce n'est pas un curseur que tu actives ou désactives comme sur un compte forex à levier variable. Chaque mouvement de prix se traduit en un résultat amplifié sur ton capital réellement engagé.

Pourquoi suivre le rollover dans mon journal futures ?

Parce qu'approcher l'échéance d'un contrat oblige à clôturer ou reconduire la position sur le contrat suivant, une opération qui a un coût propre en spread et parfois en écart de prix. Sans le noter explicitement, ce coût peut être confondu à tort avec une perte de trading classique.

Pourquoi penser en ticks plutôt qu'en pourcentage sur les futures ?

Parce que la valeur du tick, fixée par la bourse qui liste le contrat, est l'unité qui correspond directement à la façon dont le contrat est coté. Convertir un mouvement en pourcentage sans passer par cette valeur ne reflète pas ton résultat réel une fois le multiplicateur du contrat appliqué.

Comment calculer sa taille de position sur les futures ?

En partant du stop en ticks, multiplié par la valeur du tick du contrat, multiplié par le nombre de contrats, ramené à ton pourcentage de risque accepté. Choisir un nombre de contrats au feeling sans ce calcul est une erreur coûteuse, précisément parce que le levier intégré amplifie les conséquences d'une taille mal calibrée.

Les horaires de cotation influencent-ils ma performance en futures ?

Oui, de nombreux contrats futures cotent sur des plages étendues avec un volume qui n'est pas le même à toute heure. Sans un suivi par session, tu peux rater que ton edge se concentre en réalité sur les périodes de forte liquidité, ou au contraire qu'il se dégrade sur les plages plus creuses.

Comment Tradoshi calcule-t-il mes stats sur les futures ?

Via import CSV compatible avec la plupart des plateformes futures, avec un calcul de R-multiple et d'expectancy qui tient compte de la spécificité de chaque instrument, pour que ta lecture de performance reste fiable indépendamment de la taille de contrat utilisée.

Qu'est-ce qu'un appel de marge et faut-il le suivre dans son journal ?

C'est la demande du courtier de ramener ton dépôt de marge au niveau initial quand ton solde descend au niveau de la marge de maintenance ou en dessous, et, à défaut, une liquidation de positions. Noter les moments où ta marge disponible est descendue à un niveau critique aide à repérer les habitudes qui t'en rapprochent trop souvent, comme empiler des positions corrélées.

Faut-il suivre séparément les contrats mini et micro des contrats standards ?

Oui. Ces versions réduites ont une valeur de tick proportionnellement plus faible et servent de porte d'entrée pour tester une stratégie. Distinguer la taille de contrat utilisée permet de vérifier honnêtement si les résultats se maintiennent une fois la taille augmentée.

Faut-il journaliser les frais de commission sur les futures ?

Oui, tout comme les frais de transaction en crypto ou le spread en forex. Sur les futures, les frais se comptent par contrat et par côté : la page de la NFA sur sa redevance indique par exemple 0,01 dollar par côté et par contrat depuis le 1er juillet 2026, facturé au client par son courtier, qui ajoute sa propre commission. Sur une stratégie qui multiplie les allers-retours, ces frais s'accumulent et peuvent transformer un edge positif sur le papier en résultat neutre une fois les coûts réels intégrés.

Le contrat tradé influence-t-il la façon de journaliser le contexte de marché ?

Oui. Chaque grande famille de contrats futures (indices, matières premières, taux, devises) répond à des dynamiques de marché différentes, avec ses propres catalyseurs de mouvement. Noter la famille de contrat tradée en plus du tag habituel de setup permet de vérifier si ton edge reste valable d'une classe de sous-jacent à l'autre, ou s'il est en réalité spécifique à un seul type de contrat.

Faut-il suivre le volume et l'open interest dans mon journal futures ?

C'est un contexte utile à noter, au moins qualitativement. Le glossaire de la CFTC définit l'open interest comme le nombre total de contrats, acheteurs ou vendeurs, qui n'ont pas encore été dénoués par compensation ni par livraison. Un contrat tradé avec un volume et un open interest faibles peut avoir une exécution moins propre qu'un contrat très suivi, même s'il reste techniquement listé et accessible. Comparer ta performance entre les contrats les plus liquides et les moins liquides de ta liste habituelle peut révéler un facteur d'exécution caché derrière ce qui ressemble à une variation de setup.