Tu veux tenir un journal de trading sans payer, dans Excel ou Google Sheets. Bonne idée : un journal, même basique, vaut mille fois mieux que pas de journal du tout. Voici exactement quelles colonnes suivre, les formules pour calculer tes vraies stats, et comment monter le tout pas à pas, gratuitement, sans te tromper.
- Le minimum vital : date, instrument, sens, entrée, sortie, stop, taille, P&L net, émotion. Sans ça, un journal ne sert à rien.
- Les formules qui comptent : win rate, R-multiple, profit factor, expectancy. On te les donne, prêtes à coller.
- Excel a des limites : saisie manuelle, erreurs, pas de synchro, pas de suivi psycho. On te dit où ça coince et comment aller plus loin.
Tenir un journal de trading est la seule façon de transformer ton expérience en progrès : sans lui, tu répètes les mêmes erreurs sans les voir. Et pour commencer, un tableur gratuit fait parfaitement l'affaire. Le piège, c'est de suivre les mauvaises colonnes (ou trop peu), et de ne jamais calculer les stats qui comptent vraiment.
Cet article te donne un modèle complet : les colonnes exactes à mettre, les formules Excel/Google Sheets prêtes à coller pour tes statistiques, la comparaison Excel vs Google Sheets vs Notion, et les limites d'un journal manuel, pour que tu saches quand un outil dédié devient plus rentable que le tableur.
Tu peux d'ailleurs recevoir ce modèle de journal de trading Excel gratuitement par email, à titre d'exemple, pour démarrer tout de suite avec les bonnes colonnes et les formules déjà en place : clique sur le bouton ci-dessous, renseigne ton adresse et il arrive en pièce jointe.

Ce qu'un journal de trading doit contenir
Un journal utile n'est pas une liste de gains et de pertes, c'est un enregistrement assez riche pour faire ressortir des schémas. Voici les colonnes du minimum vital, celles sans lesquelles tes stats ne veulent rien dire :
| Colonne | À quoi ça sert |
|---|---|
| Date / heure | Repérer les effets d'horaire et de fatigue |
| Instrument | Voir quels actifs te rapportent ou te coûtent |
| Sens (long/short) | Détecter un biais directionnel |
| Entrée / Sortie | Calculer le résultat réel |
| Stop loss | Calculer le risque et le R-multiple |
| Taille (lots) | Vérifier la cohérence de ton risque |
| P&L brut / Frais / P&L net | Le vrai résultat, frais compris |
| R-multiple | Juger la qualité, pas juste le montant |
| Émotion | Relier ton état à ta performance |
| Note | Le contexte que les chiffres ne captent pas |
La colonne la plus négligée, et la plus précieuse, c'est l'émotion. C'est elle qui, croisée avec le résultat, révèle que tes pires journées suivent un état précis. Un tableur ne la remplira pas tout seul : c'est à toi d'y penser après chaque séance.
Construire ton journal dans Excel, étape par étape
1. Crée l'onglet des trades
Sur la première ligne, mets les en-têtes ci-dessus (une colonne chacun). Chaque ligne suivante = un trade. Formate la colonne Date en date, les colonnes de prix et de P&L en nombre à 2 décimales. Verrouille la première ligne (Affichage → Figer la ligne du haut) pour garder les en-têtes visibles.
2. Calcule le P&L net
Le P&L net, c'est le brut moins les frais (commission + swap). Ne travaille jamais sur le brut seul : les frais transforment souvent un système gagnant en système perdant. Une colonne P&L net = P&L brut − Frais, et c'est sur elle que tu calcules tout le reste.
3. Calcule le R-multiple
1 R, c'est ton risque initial (distance entre entrée et stop). Le R-multiple ramène tous tes trades à la même échelle, quelle que soit la taille. Un trade qui gagne deux fois ton risque fait +2 R ; un trade stoppé fait −1 R. C'est bien plus parlant que le montant en euros, parce qu'il mesure la qualité de la décision.
Les formules à coller (Excel et Google Sheets)
En supposant que tes P&L nets soient dans la colonne K (de K2 à K100), voici les formules de tes vraies statistiques :
| Statistique | Formule (à adapter à tes colonnes) |
|---|---|
| P&L net total | =SOMME(K2:K100) |
| Nombre de trades | =NBVAL(K2:K100) |
| Win rate | =NB.SI(K2:K100;">0")/NBVAL(K2:K100) |
| Gain moyen | =MOYENNE.SI(K2:K100;">0") |
| Perte moyenne | =MOYENNE.SI(K2:K100;"<0") |
| Profit factor | =SOMME.SI(K2:K100;">0")/ABS(SOMME.SI(K2:K100;"<0")) |
| Expectancy | =MOYENNE(K2:K100) |
Ces quatre indicateurs (win rate, profit factor, expectancy, R moyen) suffisent à savoir si ton système gagne. Ne te fie jamais au seul win rate : un taux de réussite élevé avec de grosses pertes peut te ruiner, un taux faible avec un bon ratio peut te rendre rentable.

Ce qui change pour un journal de trading forex sur Excel
Le forex ajoute trois colonnes que les modèles génériques oublient, et chacune fausse un chiffre différent. Si tu tiens un journal de trading forex sur Excel, ce sont elles qui décident si tes statistiques veulent dire quelque chose.
La valeur du pip n'est pas constante. Sur EURUSD avec un compte en dollars, un pip vaut 10 $ le lot standard, toujours. Sur EURGBP avec le même compte, il dépend du GBPUSD au moment du trade. Un tableur qui code la valeur du pip en dur donne donc un R-multiple juste sur les paires en USD et faux sur toutes les croisées. La parade tient en une colonne : la valeur du pip au moment du trade, saisie à la clôture, jamais recalculée après.
Le swap ne figure nulle part dans tes prix. Une position gardée après 22 h UTC est créditée ou débitée d'un intérêt de roulement, triplé le mercredi pour couvrir le week-end. Il n'apparaît ni à l'entrée ni à la sortie : un tableur qui calcule le résultat comme sortie moins entrée l'ignore purement et simplement. Sur du swing, il retourne régulièrement un trade gagnant en perdant, et tu ne le vois jamais.
Le lot n'est pas une quantité. Noter « 0,5 » sans préciser standard, mini ou micro rend la colonne de taille inutilisable dès que tu changes de calibre en cours de mois. Écris les unités, pas les lots. Pour le reste des spécificités du forex, au-delà du tableur, voir tenir un journal en forex.
Futures, options et compte financé : ce qui change
Les deux sections précédentes couvrent le forex et les actions. Trois autres profils demandent des colonnes que personne ne pense à ajouter au départ, et qui manquent cruellement au moment de la relecture.
En futures, la colonne qui change tout est le type de contrat, parce que la valeur du tick n'est pas la même d'un contrat à l'autre. Ajoute le nombre de contrats, la valeur du tick et la session, et calcule ton résultat en ticks autant qu'en argent. Sans ça, comparer un trade sur le micro et un trade sur le contrat plein n'a aucun sens, alors que c'est exactement ce que tu voudras faire au bout d'un mois.
En options, il faut quatre colonnes que rien d'autre ne réclame : le type de contrat, le strike, l'échéance et la prime. Ajoute aussi la volatilité implicite à l'entrée, et surtout l'issue réelle, fermée, assignée ou expirée. Un journal d'options qui ne note que l'entrée et la sortie en prix passe à côté de la moitié de ce qui explique le résultat.
Sur un compte financé, l'objet du journal change de nature. Tu ne mesures plus seulement ta performance, tu mesures ta conformité aux règles. Trois colonnes deviennent indispensables : le drawdown au moment du trade, la perte cumulée du jour, et la distance qui te sépare de la limite journalière. Une bonne série qui te fait franchir la limite de perte quotidienne se solde par un échec, quel que soit ton résultat sur le mois.
⚠️ C'est la différence que les traders de prop firm découvrent trop tard : passer un challenge n'est pas gagner de l'argent, c'est rester dans les clous. Un journal qui ne suit pas les règles de la société ne te dit pas si tu es en train de la perdre. Les deux règles qui éliminent le plus de candidats ont chacune leur guide : la limite de perte journalière et le trailing drawdown.
Le rythme de relecture, sans lequel le fichier ne sert à rien
Remplir un journal ne suffit pas, et c'est le point où la plupart des tableurs finissent abandonnés. Enregistrer sans relire produit un fichier de stockage, pas un outil de progression. Le rythme compte autant que les colonnes.
| Quand | Ce que tu regardes | Pourquoi à ce moment |
|---|---|---|
| Après chaque trade | Les faits et ton état, avant de connaître l'issue si possible | Le souvenir se déforme dès que le résultat tombe |
| Fin de journée | As-tu suivi ton plan, respecté tes stops, pris des trades non prévus | Le comportement se juge sur la journée, pas sur le trade |
| Fin de semaine | Ta performance par setup, par horaire, par instrument | Il faut assez de trades pour qu'un motif se voie |
| Fin de mois | Ce que tu gardes, ce que tu réduis, ce que tu supprimes, ce que tu testes | Une règle ne se change pas sur une mauvaise semaine |

Pendant la relecture, cherche des motifs, pas des trades isolés. Un trade gagnant pris hors plan reste un mauvais trade, et un trade perdant pris dans les règles reste un bon trade. C'est cette séparation entre la qualité du processus et la qualité du résultat qui rend un journal utile, et c'est exactement ce qu'un tableur permet de faire à condition de s'y asseoir.
Le genre de chose que ça révèle, en pratique : que ton setup de cassure du matin a une espérance positive quand tes continuations de fin de journée te coûtent de l'argent, ou que les trades que tu as annotés « énervé » ou « pressé » concentrent tes plus gros reculs. Aucune de ces deux découvertes ne se fait sans relecture, et les deux changent ce que tu feras le lendemain. L'échéance hebdomadaire est celle qui rapporte le plus, et elle a son mode d'emploi détaillé : la revue hebdomadaire de trading.
Excel vs Google Sheets vs Notion
Les trois marchent pour un journal gratuit ; le meilleur dépend de ton usage.
| Outil | Force | Limite |
|---|---|---|
| Excel | Formules puissantes, hors ligne | Pas de partage facile, local |
| Google Sheets | Accessible partout, partage, gratuit | Un peu plus lent sur gros volumes |
| Notion | Beau, notes riches par trade | Formules/stats faibles, calculs limités |
Pour de vraies statistiques, Excel ou Google Sheets valent mieux que Notion (dont les calculs sont limités). Notion brille pour les notes qualitatives, moins pour le chiffre.
Les limites d'un journal Excel
Un tableur est parfait pour commencer, mais il montre vite ses limites quand tu veux progresser sérieusement :
- Saisie manuelle : reporter chaque trade à la main est fastidieux, et on finit par lâcher, surtout après une mauvaise journée, précisément quand le journal serait le plus utile.
- Erreurs : une formule mal recopiée, une cellule décalée, et tes stats deviennent fausses sans que tu le voies.
- Pas de synchro broker : aucune connexion à ton compte, donc pas de calcul au centime (frais, swaps, positions partielles).
- Pas de suivi émotionnel structuré : tu peux noter une émotion, mais pas la croiser automatiquement avec ta performance.
- Pas de discipline mesurée : aucun score qui te dit si tu as respecté tes règles.
L'alternative : un journal qui se tient presque tout seul
Le jour où la saisie manuelle te fait abandonner ton tableur, un journal automatique prend le relais. C'est ce que fait Tradoshi : il synchronise tes trades depuis ton broker (calcul au centime, frais et R-multiple inclus), calcule toutes les stats de cet article sans une seule formule à écrire, et ajoute ce qu'Excel ne peut pas faire : un check-in émotionnel croisé avec ta performance et un score de discipline sur tes vraies règles.

L'idée n'est pas que le tableur soit mauvais, c'est qu'il te fait porter le travail fastidieux (saisie, formules, vérifications) au lieu de te laisser l'analyse. Commence en Excel si tu veux, et bascule quand tu en as assez de recopier tes trades à la main.
Un exemple chiffré

Prends dix trades notés dans ton tableur, avec leur P&L net. Voici comment lire tes stats à partir d'un petit échantillon, pour bien comprendre ce que les formules calculent.
| Indicateur | Exemple (10 trades) | Lecture |
|---|---|---|
| Trades gagnants | 6 sur 10 | Win rate 60 % |
| Gain moyen | +120 € | Sur les 6 gagnants |
| Perte moyenne | −90 € | Sur les 4 perdants |
| P&L net total | +360 € | 6×120 − 4×90 |
| Profit factor | 2,0 | 720 de gains / 360 de pertes |
| Expectancy | +36 € / trade | Ce que rapporte un trade moyen |
Ce petit exemple montre l'essentiel : un win rate de 60 % ne suffit pas à conclure, c'est le profit factor (2,0) et l'expectancy (+36 € par trade) qui disent que le système gagne. Attention : sur seulement dix trades, la chance pèse lourd. Ces chiffres ne deviennent fiables que sur plusieurs dizaines, idéalement des centaines de trades. C'est aussi là qu'un tableur montre ses limites : recalculer et vérifier tout ça à la main, trade après trade, devient vite décourageant.
Les erreurs classiques d'un journal Excel
La plupart des journaux Excel échouent pour les mêmes raisons. Évite ces cinq pièges et ton tableur te servira vraiment :
- Calculer sur le P&L brut : oublier les frais fausse tout ; un système « gagnant » en brut peut être perdant en net.
- Ne remplir que les bons jours : un journal biaisé vers les gains ne sert à rien. Note aussi, et surtout, les mauvaises journées.
- Trop de colonnes : vingt colonnes qu'on ne remplit jamais valent moins que dix tenues à chaque trade.
- Oublier l'émotion : sans elle, tu ne verras jamais le lien entre ton état et tes pertes.
- Ne jamais relire : un journal qu'on remplit mais qu'on n'analyse pas est du travail perdu. Bloque un créneau de revue chaque semaine.
Comment démarrer maintenant
- Crée ton onglet avec les colonnes du minimum vital (ci-dessus).
- Colle les formules de win rate, profit factor et expectancy.
- Remplis-le après CHAQUE séance, y compris les mauvaises : la régularité fait tout.
- Au bout de quelques semaines, regarde les schémas : quels instruments, quels horaires, quelles émotions te coûtent.
- Quand la saisie te pèse, passe à un journal automatique pour garder l'analyse sans la corvée.
Questions fréquentes
Comment faire un journal de trading gratuitement ?
Dans Excel ou Google Sheets. Crée une ligne par trade avec les colonnes date, instrument, sens, entrée, sortie, stop, taille, P&L net, émotion, puis ajoute quelques formules (win rate, profit factor, expectancy) pour obtenir tes stats. C'est 100 % gratuit et suffisant pour commencer.
Quelles colonnes mettre dans un journal de trading Excel ?
Le minimum vital : date/heure, instrument, sens (long/short), prix d'entrée, prix de sortie, stop loss, taille, P&L brut, frais, P&L net, R-multiple, émotion et une note. Le P&L net et l'émotion sont les colonnes les plus souvent oubliées, et les plus utiles.
Comment calculer mon win rate dans Excel ?
Avec la formule =NB.SI(plage_pnl;">0")/NBVAL(plage_pnl). Elle divise le nombre de trades gagnants par le nombre total de trades. Mais ne juge jamais ton trading sur le seul win rate : lis-le toujours avec ton ratio gain/perte.
Excel ou Google Sheets pour un journal de trading ?
Les deux conviennent. Google Sheets est plus pratique si tu veux y accéder de partout et le partager (avec un mentor par exemple) ; Excel est un peu plus puissant sur les gros volumes et fonctionne hors ligne. Notion est joli mais faible en calculs.
Un journal Excel suffit-il, ou faut-il une app ?
Excel suffit pour débuter et comprendre les bases. Ses limites arrivent vite : saisie manuelle fastidieuse (qu'on finit par abandonner), erreurs de formules, aucune synchro broker, pas de suivi émotionnel automatique. Une app dédiée devient rentable dès que la saisie te fait lâcher le journal.
Comment calculer le R-multiple d'un trade ?
1 R est ta distance entre l'entrée et le stop (ton risque initial). Le R-multiple = gain (ou perte) du trade divisé par ce risque initial. Un gain de deux fois le risque = +2 R, un trade stoppé = −1 R. C'est ce qui permet de comparer des trades de tailles différentes sur la même échelle.
À quelle fréquence remplir son journal de trading ?
Après chaque séance de trading, tant que c'est frais, y compris (surtout) les mauvaises journées. La régularité compte plus que la perfection : un journal court tenu tous les jours bat un journal parfait rempli une fois par mois.
