Cherche « journal de trading gratuit » et tu obtiendras une vingtaine de résultats qui disent tous oui. Ouvre-les : trois d'entre eux te demandent une carte bancaire avant la deuxième minute, deux appellent « gratuit » un essai qui se referme au bout de trois jours, et les autres t'accordent bien un compte permanent, mais plafonné à un nombre d'ordres que tu dépasseras dans la semaine. Le mot n'a pas le même sens d'un éditeur à l'autre. Cette page relève ce qu'il recouvre chez chacun, avec les chiffres lus dans leurs grilles tarifaires le 15 août 2026.
- Trois choses différentes s'appellent « gratuit » : un essai limité dans le temps, un plan permanent plafonné, et un fichier que tu tiens toi-même.
- La carte bancaire est le meilleur révélateur. Si elle est demandée à l'inscription, tu es dans un essai, quel que soit le mot affiché sur le bouton.
- Le vrai plafond n'est presque jamais le prix, c'est le nombre de comptes connectés et le nombre d'ordres importés par mois.
- La synchronisation automatique sur un plan gratuit existe ailleurs qu'ici : TradesViz la coche sur son palier à 0 €. Nous ne sommes pas les seuls, nous sommes peu nombreux.
Les trois sens du mot « gratuit »
La confusion ne vient pas d'une malhonnêteté générale du secteur, elle vient de ce que trois modèles économiques différents se cachent derrière le même adjectif. Les distinguer prend trente secondes et t'évite de recommencer ton journal dans un mois.
1. L'essai gratuit : gratuit pendant quelques jours
C'est le modèle le plus répandu, et le plus légitime quand il est annoncé comme tel. L'éditeur t'ouvre l'application complète, pour une durée courte, et te laisse juger. Edgyx affiche « 3 jours d'essai gratuit, sans engagement, annulable à tout moment » sur sa page d'accueil française. TradesViz propose sept jours sur ses paliers payants. Rien à redire tant que le mot « essai » est écrit à côté du mot « gratuit ». Le problème apparaît quand le titre de la page promet un journal gratuit et que la durée n'apparaît qu'au moment de sortir sa carte.
Trois jours, c'est court pour un journal de trading. La valeur d'un journal ne se voit pas sur trois séances : elle apparaît quand tu as trente ou cinquante trades dedans et que les statistiques commencent à dire quelque chose de ton comportement plutôt que du hasard. Un essai de trois jours te montre l'interface, pas le bénéfice.
2. Le plan gratuit permanent : gratuit pour toujours, mais plafonné
Ici, le compte ne se referme jamais. En échange, l'éditeur pose une limite quelque part, et l'endroit où il la pose t'apprend beaucoup sur son produit. Trademetria plafonne à 30 ordres importés par mois et 1 compte suivi. TradesViz ouvre un palier Basic à 0 €, « free forever », avec 1 compte de trading et 3 000 exécutions par mois. TraderWaves annonce un plan Essential « free forever, no credit card needed ». Chez Tradoshi, le plan gratuit accepte 1 compte courtier synchronisé, l'import de fichiers sans limite et la saisie manuelle.
Trente ordres par mois, c'est une contrainte réelle pour un scalpeur et une contrainte invisible pour un swing trader. Trois mille exécutions par mois, c'est l'inverse : personne ne les atteint en discrétionnaire, sauf en trading automatisé. Le plafond n'est donc pas bon ou mauvais dans l'absolu, il est adapté ou non à ta fréquence. Compte tes ordres du mois dernier avant de comparer quoi que ce soit.
3. Le tableur : gratuit, et c'est toi qui travailles
Un journal Excel, Google Sheets ou Notion ne coûte rien et n'expire jamais. C'est une option sérieuse pour commencer, et beaucoup de traders rentables ont démarré comme ça. Sa limite n'est pas le prix, c'est la ressaisie : chaque trade doit être recopié à la main, et c'est précisément ce qu'on cesse de faire les semaines où l'on trade le plus, c'est-à-dire les semaines qui auraient le plus à nous apprendre. Un journal abandonné au bout de six semaines coûte plus cher qu'un abonnement, il coûte la mesure. Le détail de ce que le tableur sait faire et de ce qu'il ne sait pas est comparé ligne à ligne ici.
Le tableau, relevé le 15 août 2026
Chaque ligne vient de la page tarifaire de l'éditeur, lue ce jour-là. Ces grilles changent souvent : vérifie chez eux avant de décider, et si tu trouves un écart, c'est leur page qui fait foi, pas celle-ci.
| Journal | Ce que « gratuit » veut dire | Plafond du gratuit | Carte demandée |
|---|---|---|---|
| Tradoshi | Plan permanent | 1 compte courtier synchronisé, import de fichiers illimité | Non |
| TradesViz | Plan permanent (Basic, 0 €) | 1 compte, 3 000 exécutions/mois | Non |
| TraderWaves | Plan permanent (Essential) | Annoncé « free forever » | Non |
| Trademetria | Plan permanent (Free) | 30 ordres/mois, 1 compte | Non |
| Edgyx | Essai de 3 jours | Durée, pas volume | À l'ouverture de l'essai |
| TradeZella | Aucun palier gratuit | Outils gratuits hors application | Oui |
| Excel / Notion | Gratuit sans limite | Ta patience de ressaisie | Non |
Une chose saute aux yeux quand on aligne les lignes : la question n'est pas de savoir qui est gratuit, ils le sont presque tous d'une manière ou d'une autre. La question est de savoir ce qu'il faut abandonner pour le rester.
Ce que le mot cache le plus souvent : la synchronisation
C'est la fonction qui décide si ton journal survivra à trois mois d'usage, et c'est aussi celle que les plans gratuits réservent le plus volontiers aux payants. La raison est économique et parfaitement compréhensible : connecter un compte MetaTrader ou cTrader en continu coûte de l'infrastructure à l'éditeur, tous les jours, y compris pour quelqu'un qui ne paiera jamais.
D'où deux familles. Ceux qui font de la synchronisation la frontière payante : tu tiens ton journal gratuitement, mais tu le remplis à la main ou par import de fichier. Et ceux qui l'incluent au gratuit en la plafonnant à un seul compte, ce que font aujourd'hui TradesViz et Tradoshi. Sur ce point précis, il faut être honnête : on lit souvent, y compris sous notre propre plume par le passé, qu'un journal gratuit avec synchronisation courtier serait unique. C'est faux. Nous sommes peu nombreux, nous ne sommes pas seuls.
La différence réelle se joue alors sur ce qui accompagne le compte connecté : quelles classes d'actifs sont acceptées, combien d'ordres passent, et ce que l'application calcule ensuite. C'est moins spectaculaire qu'une case à cocher, mais c'est ce que tu vivras tous les jours.
Comment choisir en trois questions
- Combien d'ordres as-tu passés le mois dernier ? Sous 30, tout le monde te convient. Entre 30 et 300, les plans à 30 ordres tombent. Au-delà de 3 000 exécutions, seuls les plans sans plafond de volume tiennent.
- Combien de comptes veux-tu suivre ? Un compte personnel, ou un compte personnel plus deux évaluations prop firm ? La quasi-totalité des plans gratuits s'arrête à un seul compte, tous éditeurs confondus.
- Es-tu prêt à ressaisir ? Réponds honnêtement, pas courageusement. Si la réponse est non, un journal sans synchronisation ne sera pas tenu, quel que soit son prix.
Ces trois questions éliminent la plupart des options en deux minutes, et surtout elles remettent le choix à l'endroit où il se joue vraiment : ta fréquence de trading, pas la longueur de la liste de fonctionnalités.
Ce que Tradoshi met dans son plan gratuit, et ce qu'il n'y met pas
Autant l'écrire noir sur blanc, puisque c'est notre site. Le plan gratuit de Tradoshi est permanent, sans carte bancaire et sans date de fin. Il inclut un compte courtier synchronisé automatiquement, l'import de fichiers sans limite, la saisie manuelle, le journal complet, le calendrier de P&L, les statistiques et le track record, plus de 500 rapports, l'Oshi Score et le score de discipline.
Ce qu'il n'inclut pas, et c'est délibéré : Oshi, le coach IA, qui consomme des crédits à chaque réponse, et les comptes supplémentaires au-delà du premier. Ce sont les deux seuls postes qui nous coûtent à l'usage. Le reste est du calcul sur des données déjà stockées, donc le facturer n'aurait pas de justification.
Le raisonnement derrière ce découpage tient en une phrase : un journal ne prouve sa valeur qu'après plusieurs dizaines de trades, donc un essai de quelques jours ne prouve rien. Nous préférons que tu restes gratuitement le temps qu'il faut, et que tu paies le jour où tu veux un deuxième compte ou un coach qui te répond. La grille complète est sur la page des tarifs.
Le piège à éviter : changer de journal en cours de route
Le coût réel d'un mauvais choix n'est pas l'abonnement, c'est la migration. Ton historique est ce qui donne du sens à tes statistiques, et il ne se transporte pas toujours proprement d'un outil à l'autre. Si tu veux élargir la comparaison au-delà du seul critère du prix, notre classement des journaux de trading reprend les mêmes éditeurs sur d'autres critères. Six mois de trades bien tenus valent plus que n'importe quelle fonctionnalité, et les reperdre en changeant d'outil te ramène au point de départ, avec des courbes qui ne veulent plus rien dire.
Conséquence pratique : choisis en fonction de ce que tu feras dans un an, pas de ce que tu fais cette semaine. Si tu comptes ouvrir une évaluation prop firm dans six mois, regarde tout de suite le prix du deuxième compte, pas seulement celui du premier. C'est là que les grilles divergent vraiment.
Questions fréquentes
Existe-t-il un journal de trading vraiment gratuit, sans carte bancaire ?
Oui, plusieurs. Au 15 août 2026, Tradoshi, TradesViz (palier Basic), TraderWaves (Essential) et Trademetria (Free) proposent un compte permanent sans carte bancaire. Ils diffèrent par leurs plafonds : nombre de comptes suivis et nombre d'ordres ou d'exécutions importés par mois.
Un essai gratuit de 3 jours, est-ce suffisant pour juger un journal de trading ?
Rarement. Un journal ne devient utile qu'une fois qu'il contient assez de trades pour que les statistiques dépassent le bruit, ce qui demande plusieurs semaines pour la plupart des traders. Un essai court montre l'interface et la qualité de l'import, ce qui reste utile, mais pas le bénéfice réel.
Un journal de trading gratuit peut-il se connecter à mon courtier ?
Oui, mais c'est l'exception plutôt que la règle, car la connexion continue coûte de l'infrastructure à l'éditeur. Au 15 août 2026, TradesViz coche la synchronisation automatique sur son palier gratuit, et Tradoshi l'inclut avec un compte courtier. Les autres plans gratuits relevés ici fonctionnent par import de fichier ou saisie manuelle.
Excel suffit-il comme journal de trading gratuit ?
Pour démarrer, oui, et c'est mieux que rien. La limite n'est pas la puissance du tableur mais la ressaisie manuelle, qui est justement ce qu'on abandonne pendant les périodes chargées. Si tu pars sur cette voie, fixe-toi une règle de saisie quotidienne, sinon le fichier meurt en quelques semaines.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond d'un plan gratuit ?
Cela dépend de l'éditeur : certains bloquent l'import des ordres supplémentaires jusqu'au mois suivant, d'autres invitent à passer sur un plan payant. Dans les deux cas, le mois où tu dépasses est aussi celui où tes statistiques deviennent partielles, donc trompeuses. C'est la vraie raison de vérifier le plafond avant de s'installer.