Ton portefeuille affiche un gain de 40 %. Ton voisin, avec exactement les mêmes achats, en affiche 12 %. L'un des deux calcule mal son prix de revient, et ce n'est pas toujours celui qu'on croit.
- Le PRU est une moyenne PONDÉRÉE par les quantités, jamais la moyenne des prix payés.
- Les frais font partie du prix de revient : les oublier gonfle mécaniquement toutes tes performances.
- Une vente ne change pas le PRU des unités qui restent, alors que presque tout le monde croit l'inverse.
- Un échange crypto contre crypto crée un nouveau prix de revient, égal à la valeur de ce que tu as cédé au moment où tu l'as cédé.
Le prix de revient unitaire, ou PRU, est ce qu'a coûté en moyenne une unité de ce que tu détiens. C'est la seule donnée qui transforme une valeur en résultat : sans elle, tu sais ce que vaut ton portefeuille, jamais s'il t'a rapporté quelque chose. Quatre règles suffisent à le calculer juste, et chacune est ratée régulièrement.
La règle de base : une moyenne pondérée, pas une moyenne de prix
C'est l'erreur la plus répandue et la plus facile à commettre. Tu as acheté trois fois. Tu additionnes les trois prix, tu divises par trois, et tu obtiens un chiffre qui a l'air raisonnable. Il est faux dès que les montants achetés diffèrent, et ils diffèrent presque toujours.
| Achat | Montant dépensé | Prix unitaire | Quantité reçue |
|---|---|---|---|
| Premier | 200 € | 20 000 € | 0,01 |
| Deuxième | 1 000 € | 25 000 € | 0,04 |
| Troisième | 300 € | 30 000 € | 0,01 |
La moyenne des trois prix donne 25 000 €. Le vrai PRU est le total dépensé, soit 1 500 €, divisé par le total reçu, soit 0,06 unité : 25 000 € également, par coïncidence de cet exemple équilibré. Change une seule ligne, mets 3 000 € sur le deuxième achat au lieu de 1 000 €, et la moyenne des prix reste 25 000 € pendant que le vrai PRU tombe à 25 555 €. La moyenne des prix ignore que tu as mis dix fois plus d'argent à un prix qu'à un autre.
La formule tient en une phrase : somme de tout ce que tu as payé, divisée par somme de tout ce que tu as reçu. Elle ne demande jamais de connaître le détail des achats un par un, seulement de tenir deux cumuls. C'est aussi pour ça qu'un portefeuille crypto gratuit n'a pas besoin d'une ligne par achat : il tient les deux cumuls à ta place.
Les frais font partie du prix de revient
Tu dépenses 1 000 €, la plateforme prélève 1,5 %, et tu reçois pour 985 € de crypto. Ton prix de revient n'est pas calculé sur 985 €, il l'est sur les 1 000 € réellement sortis de ta poche. C'est cette somme-là qu'il faudra récupérer pour être à l'équilibre.
Ignorer les frais paraît anodin à chaque opération, et ne l'est plus du tout à l'arrivée. Sur vingt achats à 1,5 %, c'est près d'un tiers de mois de performance qui disparaît du calcul. Le portefeuille annonce un gain là où il y a une perte, et l'écart est d'autant plus grand que tu achètes souvent en petits montants.
La même logique vaut pour les frais de retrait vers un wallet personnel, qui réduisent la quantité reçue sans réduire ce que tu as payé. Une sortie de 0,5 ETH qui arrive à 0,497 ETH n'a pas fait baisser ton coût : elle a fait monter ton PRU.
Une vente ne change pas le PRU du reste
C'est le point contre-intuitif, et celui qui déclenche le plus de discussions. Tu détiens 1 unité à un PRU de 20 000 €. Tu en vends la moitié à 30 000 €. Quel est le PRU du reste ?
Il est toujours de 20 000 €. Vendre ne modifie pas ce que t'ont coûté les unités que tu gardes. Le coût total est divisé par deux parce que la quantité l'est aussi, et le rapport des deux, qui est précisément le PRU, ne bouge pas d'un centime.
L'erreur classique consiste à retrancher le produit de la vente du coût total, ce qui fait plonger le PRU, parfois jusqu'à le rendre négatif. On lit alors des raisonnements du genre « j'ai récupéré ma mise, donc le reste ne me coûte plus rien ». C'est vrai en trésorerie, c'est faux en performance : ces unités t'ont bel et bien coûté 20 000 € pièce, et c'est à ce prix qu'il faut mesurer ce qu'elles rapportent.
| Événement | Effet sur la quantité | Effet sur le coût total | Effet sur le PRU |
|---|---|---|---|
| Achat | Augmente | Augmente | Se recalcule en moyenne pondérée |
| Vente partielle | Diminue | Diminue proportionnellement | Aucun |
| Transfert entre tes propres comptes | Aucun | Aucun | Aucun |
| Frais de retrait | Diminue | Aucun | Augmente |
| Échange contre une autre crypto | Crée une nouvelle position | Nouveau coût | Nouveau PRU sur l'actif reçu |
L'échange crypto contre crypto, le cas le plus raté
Tant que tu achètes en euros, tout est simple. Le jour où tu convertis du SOL en ETH, la question devient : quel prix de revient donner à l'ETH reçu ?
La réponse est la valeur de marché de ce que tu as cédé, à l'instant où tu l'as cédé. Si ton SOL valait 800 € au moment du swap, ton ETH te coûte 800 €, quel qu'ait été le prix auquel tu avais acheté ce SOL des mois plus tôt. Reporter l'ancien prix de revient revient à traîner indéfiniment un chiffre qui ne correspond plus à rien, et toutes les performances suivantes sont fausses.
Corollaire souvent oublié : ce swap solde ta position en SOL. La performance de cette position s'arrête là, et elle est réelle même si tu n'as pas vu passer un seul euro. Un portefeuille qui ne clôture jamais les positions échangées finit avec un historique où rien n'a jamais été gagné ni perdu.
Suivi de portefeuille et déclaration fiscale ne se calculent pas pareil
Cette page parle de suivi. Elle explique comment savoir ce que t'a coûté ce que tu détiens, pour mesurer ta performance et décider. C'est un usage privé, et tu es libre de la méthode tant qu'elle est cohérente dans le temps.
La déclaration fiscale est un autre métier, avec ses propres règles de calcul, ses propres formulaires et ses propres échéances, qui diffèrent d'un pays à l'autre et évoluent. Un chiffre juste pour ton suivi n'est pas automatiquement celui qu'attend une administration. Pour cette partie-là, un outil fiscal spécialisé ou un professionnel est la bonne adresse, et nous n'en sommes pas une.
Le tenir à jour sans y passer ses dimanches
Les quatre règles ci-dessus sont simples à énoncer et pénibles à appliquer à la main dès que les opérations s'accumulent, surtout la moyenne pondérée après chaque achat et le nouveau PRU après chaque swap. C'est exactement le travail qu'un outil doit faire à ta place.
Le suivi de portefeuille crypto de Tradoshi tient le prix de revient par actif, y compris quand la même pièce est répartie sur plusieurs plateformes : les quantités s'additionnent et le coût est celui de la position entière, jamais d'une moitié. C'est gratuit sur tous les plans, la saisie se fait à la main, cold storage compris, et aucun relevé de courtier n'est nécessaire.
Si tu préfères rester sur un tableur, c'est un choix parfaitement défendable : notre article sur le suivi de portefeuille crypto sur Excel donne la structure minimale qui tient et nomme les trois endroits où elle finit par céder.
Questions fréquentes
Comment calcule-t-on le PRU d'une crypto ?
Total dépensé divisé par total des unités reçues, frais inclus. C'est une moyenne pondérée par les quantités, jamais la moyenne des prix payés : cette dernière est fausse dès que les montants achetés diffèrent.
Une vente fait-elle baisser mon PRU ?
Non. Vendre réduit la quantité et le coût total dans la même proportion, donc leur rapport, qui est le PRU, ne bouge pas. Retrancher le produit de la vente du coût total est l'erreur la plus fréquente et peut rendre le PRU négatif.
Faut-il inclure les frais dans le prix de revient ?
Oui. Le prix de revient repose sur ce qui est réellement sorti de ta poche, frais compris. Les ignorer gonfle toutes tes performances, d'autant plus fort que tu achètes souvent en petits montants.
Quel est le PRU après un échange entre deux cryptos ?
La valeur de marché de ce que tu as cédé au moment de l'échange. Ce swap solde par ailleurs la position cédée : sa performance s'arrête là, même si aucun euro n'a circulé.
Ce calcul vaut-il pour ma déclaration d'impôts ?
Non. Le suivi de portefeuille et la déclaration fiscale n'ont ni les mêmes règles ni le même but. Pour la déclaration, adresse-toi à un outil fiscal spécialisé ou à un professionnel.