Un tableur pour suivre ses cryptos, c'est gratuit, c'est à toi, et ça marche. Jusqu'au jour où la même pièce dort sur trois plateformes, où un swap n'a pas de prix d'achat évident, et où la colonne « valeur » n'a plus été mise à jour depuis six semaines.

Le tableur est le premier réflexe, et c'est un bon réflexe. Il ne coûte rien, il ne demande à personne l'accès à tes comptes, et tu en maîtrises chaque cellule. Cet article donne la structure minimale qui tient dans le temps, puis nomme franchement les trois endroits où elle finit par céder. Pas pour te vendre autre chose à la troisième ligne : pour que tu saches d'avance à quoi t'attendre.

En brefUn tableur de suivi crypto tient sur six colonnes : actif, quantité, plateforme, prix de revient unitaire, cours du jour, valeur. Le reste se calcule. Il cède sur trois points : la même pièce répartie sur plusieurs plateformes, le prix de revient après un swap ou un achat fractionné, et la mise à jour manuelle des cours, qu'on abandonne au bout de quelques semaines.

Ce qu'un tableau de suivi doit contenir, et rien de plus

La tentation est de tout mettre. C'est exactement ce qui condamne le fichier : plus il y a de colonnes à remplir, plus le coût de chaque saisie monte, et un tableur qu'on ne remplit plus ne vaut rien. Six colonnes suffisent à répondre à la seule question que tu poses vraiment, qui est « combien vaut ce que je détiens, et combien il m'a coûté ».

ColonneCe qu'elle portePourquoi elle est indispensable
ActifBTC, ETH, SOL…La clé de regroupement. Une ligne par actif ET par plateforme, jamais une ligne par achat
QuantitéLe nombre d'unités détenuesCe que tu possèdes réellement, décimales comprises
PlateformeExchange, wallet, cold storageSans elle, impossible de savoir où est ton capital ni de rapprocher un solde
Prix de revient unitaireCe que t'a coûté une unité, en moyenneLa seule colonne qui transforme une valeur en résultat
Cours du jourLe prix de marché actuelLa colonne qui se périme, et qu'il faut donc rafraîchir
ValeurQuantité × coursSe calcule, ne se saisit jamais à la main

Tout le reste se déduit de ces six-là. La plus-value latente est la valeur moins le coût total. Le poids d'une ligne est sa valeur divisée par le total. La performance en pourcentage est la plus-value rapportée au coût. Si tu te surprends à saisir à la main une valeur qu'une formule pourrait produire, c'est le signe que le fichier va bientôt diverger d'avec la réalité.

Une colonne facultative mérite d'être citée parce qu'elle sert plus qu'on ne croit : la date de la dernière vérification de la ligne. Elle ne sert pas au calcul, elle sert à savoir à quel point tu peux faire confiance au total affiché.

Le piège nº 1 : la même pièce sur deux plateformes

C'est le défaut qui revient dans presque tous les tableurs qu'on voit circuler. Tu détiens de l'ether sur un exchange et de l'ether sur un wallet matériel. Deux lignes, donc. Et à partir de là, deux erreurs deviennent possibles, souvent les deux en même temps.

La parade dans un tableur existe et elle est connue : une feuille de détention par plateforme, et une feuille de synthèse qui agrège par actif avec un SOMME.SI. Le coût total se somme, la quantité totale se somme, et le prix de revient consolidé est le rapport des deux. Ça fonctionne. Ça demande simplement de ne jamais oublier de répercuter une nouvelle ligne dans la synthèse, et c'est là que la discipline s'use. Un portefeuille crypto gratuit qui consolide tout seul par actif règle ce point sans rien demander à personne.

Le piège nº 2 : le prix de revient après un swap

Tant que tu achètes avec des euros, le prix de revient est évident : le montant payé divisé par la quantité reçue. La difficulté commence quand tu échanges une crypto contre une autre. Tu convertis du SOL en ETH : quel est le prix de revient de l'ETH que tu viens de recevoir ?

La réponse retenue par les outils sérieux est la valeur de marché de ce que tu as cédé, au moment où tu l'as cédé. Autrement dit, ton nouvel ETH te coûte ce que valait ton SOL à cet instant. Ce n'est pas une subtilité théorique : si tu reportes à la place le prix de revient historique du SOL, tu traînes indéfiniment un coût qui ne correspond plus à rien, et toutes tes performances suivantes sont fausses.

Le cas des achats fractionnés est plus simple mais tout aussi facile à rater. Trois achats de la même pièce à trois prix différents ne donnent pas trois lignes : ils donnent une ligne dont le prix de revient est la moyenne pondérée par les quantités, jamais la moyenne des trois prix. C'est le calcul détaillé dans notre article sur le PRU crypto.

Le piège nº 3 : les cours, qu'on cesse de mettre à jour

C'est le plus banal, et c'est celui qui tue le fichier. Un tableur ne connaît pas le prix du bitcoin. Soit tu le saisis à la main, soit tu vas chercher une fonction externe. Les deux voies ont leur défaut, et aucune n'est confortable sur la durée.

MéthodeCe qu'elle coûteOù elle casse
Saisie manuelleQuelques minutes à chaque consultationOn la fait deux semaines, puis plus du tout. Le total affiché devient faux sans prévenir
Fonction de cours intégrée au tableurRien au départCouverture crypto partielle, valeurs qui reviennent vides, et rien ne signale l'échec
Appel à une API externeUne clé à gérer, des quotas, du code dans le fichierLe fichier n'est plus partageable ni portable, et il casse quand l'API change

Le point commun des trois : quand la mise à jour échoue, rien ne te le dit. La cellule garde son ancienne valeur, le total reste plausible, et tu prends une décision sur un chiffre d'il y a trois semaines. C'est la différence de nature entre un tableur et un outil de suivi : le premier affiche ce qu'on lui a saisi, le second sait dater ce qu'il affiche.

Quand le tableur suffit, et quand il ne suffit plus

Il n'y a pas de réponse universelle, mais il y a un seuil assez net. Le tableur reste le bon outil tant que tu détiens peu de lignes, sur une ou deux plateformes, et que tu regardes ton portefeuille de temps en temps. Il cesse de l'être quand l'une de ces trois choses arrive.

  1. Tu détiens le même actif à plus de deux endroits, et tu ne sais plus dire de tête ton exposition totale dessus.
  2. Tu as commencé à échanger des cryptos entre elles, donc ton prix de revient dépend de calculs que tu ne referas pas à la main.
  3. Tu ouvres le fichier et ta première pensée est « il faut que je mette à jour les cours » plutôt qu'une question sur ton portefeuille.

Si tu en es là, la suite n'est pas nécessairement de payer quelque chose. Le suivi de portefeuille crypto de Tradoshi fait exactement ce travail, gratuitement et sur tous les plans : tu saisis tes lignes à la main, cold storage compris, et les cours, la consolidation par actif et le prix de revient sont calculés pour toi. Un actif détenu sur deux plateformes n'y apparaît qu'une fois, les quantités s'additionnent et le coût est celui de la position entière. C'est le piège nº 1 réglé par construction plutôt que par discipline.

Et une précision qui a son importance : ce suivi ne demande aucun relevé de trading. Tu n'as rien à importer et aucun compte à connecter pour t'en servir, contrairement au reste de l'application.

Ne pas confondre suivi de portefeuille et journal de trading

Les deux se ressemblent de loin et répondent à des questions opposées. Le suivi de portefeuille regarde ce que tu détiens : sa valeur, son coût, sa répartition. Le journal de trading regarde ce que tu as fait : tes entrées, tes sorties, ta discipline, ton edge.

Un investisseur qui achète et conserve n'a besoin que du premier. Un trader actif a besoin des deux, et il se trompe souvent en essayant de tout faire tenir dans un seul onglet. Si tu passes des trades, la partie journal a ses propres exigences, détaillées dans notre guide du journal de trading crypto : le 24/7, le funding des perpétuels, les frais maker et taker.

Questions fréquentes

Un tableur suffit-il pour suivre un portefeuille crypto ?

Oui, tant que tu as peu de lignes, une ou deux plateformes, et que tu acceptes de mettre à jour les cours toi-même. Il cesse de suffire quand le même actif est réparti à plusieurs endroits ou quand tu échanges des cryptos entre elles, parce que le prix de revient devient un calcul que personne ne refait à la main.

Comment calculer le prix de revient quand j'ai acheté plusieurs fois ?

En moyenne pondérée par les quantités : la somme de ce que tu as payé, divisée par la somme des quantités reçues. Jamais la moyenne arithmétique des prix d'achat, qui donne un résultat faux dès que les montants achetés diffèrent.

Faut-il une ligne par achat ou une ligne par actif ?

Une ligne par actif et par plateforme, dont le prix de revient est mis à jour à chaque nouvel achat. Une ligne par achat gonfle le fichier et rend le poids de chaque actif illisible, ce qui est justement l'information que tu viens chercher.

Est-ce que Tradoshi remplace mon tableur ?

Il fait le même travail sans la maintenance : les cours, la consolidation d'un actif détenu sur plusieurs plateformes et le prix de revient sont calculés. La saisie à la main reste possible et assumée, pour le cold storage et les plateformes qu'aucune interface ne lit. C'est gratuit sur tous les plans.

Cet article aide-t-il à déclarer mes cryptos ?

Non, et c'est volontaire. La déclaration relève de la fiscalité, avec ses propres règles de calcul et ses propres formulaires. Un suivi de portefeuille et une déclaration fiscale ne poursuivent pas le même but et ne se calculent pas de la même façon.