Oshi Academy Les figures chartistes · 6 min

Le gap : lesquels se comblent vraiment

« Un gap finit toujours par se combler. » C'est la phrase la plus répétée du trading, et elle est fausse telle quelle. Le relevé sur plus de mille cas donne une réponse beaucoup plus utile : ça dépend entièrement du type de gap. Un gap ordinaire se comble à 85 % en une semaine. Un gap de rupture se comble à 1 %. Entre les deux, il y a toute la différence entre un bon trade et une position qui ne revient jamais. Cette leçon donne les quatre types, leurs chiffres et leurs délais.

Ce qu'est un gap, et les quatre familles

Les quatre gaps, sur un même graphique 1234aucun échange à ces prixvolumevolume exceptionnel1 · gap ordinairedans un range, comblé vite2 · gap de rupturesortie de range : le départ3 · gap de continuationau milieu du mouvement4 · gap d'épuisementdernier emballement, comblé
Les quatre gaps, sur un même graphique Les quatre familles sur un même graphique. Le gap ordinaire apparaît dans un marché sans direction et se comble vite. Le gap de rupture ouvre le mouvement à la sortie du range, avec un volume nettement supérieur. Le gap de continuation l'accélère en chemin. Le gap d'épuisement arrive dans un dernier emballement, et le prix revient le combler.

Un gap est un trou de cotation : le prix ouvre une période à un niveau qui ne touche pas la période précédente. Entre les deux, aucun échange n'a eu lieu à ces prix.

Les gaps naissent des interruptions de cotation, donc surtout à l'ouverture d'une séance actions, après une publication, ou le dimanche soir sur le forex. Sur un marché ouvert en continu, ils sont bien plus rares.

Le gap ordinaire, aussi appelé gap de zone, apparaît dans un marché sans direction. Il ne signale rien de particulier.

Le gap de rupture apparaît au début d'un mouvement, souvent en sortie d'une figure ou d'un range. C'est le départ.

Le gap de continuation apparaît au milieu d'un mouvement déjà lancé, et il l'accélère.

Le gap d'épuisement apparaît à la fin d'un mouvement, dans un dernier emballement. C'est souvent le signe que c'est fini.

Les chiffres, et ils tranchent la question

Relevé de Thomas Bulkowski sur plus de 1 100 cas. Pourcentage de gaps comblés en une semaine, en marché haussier, cité tel quel.

Gaps haussiers : gap ordinaire 85 %, gap de rupture 1 %, gap de continuation 8 %, gap d'épuisement 60 %.

Gaps baissiers : gap ordinaire 90 %, gap de rupture 1 %, gap de continuation 15 %, gap d'épuisement 66 %.

Le délai médian pour combler dit la même chose autrement. Gap ordinaire : 3 à 4 jours. Gap d'épuisement : 5 à 6 jours. Gap de continuation : 25 à 45 jours. Gap de rupture : 84 à 89 jours.

Autrement dit, entre un gap ordinaire et un gap de rupture, le rapport est de 85 contre 1 sur la semaine, et de quelques jours contre près de trois mois sur le délai. Ce ne sont pas deux nuances du même phénomène, ce sont deux choses différentes.

Source : thepatternsite.com, consulté en septembre 2026. Les cas étudiés portent sur des actions américaines.

Lesquels se comblent, et en combien de temps 85903 à 4 jours1184 à 89 jours81525 à 45 jours60665 à 6 joursordinaireordinairerupturerupturecontinuationcontinuationépuisementépuisementcomblés en une semaine, en %gaps haussiersgaps baissiersdélai médian pour combler030 j60 j90 j
Lesquels se comblent, et en combien de temps À gauche, la part des gaps comblés en une semaine, gaps haussiers et baissiers : 85 et 90 % pour le gap ordinaire, 1 % pour le gap de rupture. À droite, le délai médian pour combler : 3 à 4 jours pour un gap ordinaire, 84 à 89 jours pour un gap de rupture. Ce ne sont pas deux nuances du même phénomène, ce sont deux choses différentes.

Comment reconnaître lequel tu as sous les yeux

Tout se joue là, et c'est la partie difficile : le type se lit dans le contexte, pas dans le gap lui-même. Trois questions suffisent.

Où en est le mouvement ? Si le prix traînait sans direction, tu as probablement un gap ordinaire, donc quelque chose qui se comble vite. S'il sort d'un range ou d'une figure, tu as un gap de rupture, et il ne se comblera probablement pas. S'il vient de monter pendant des semaines, méfie-toi de l'épuisement.

Le volume est-il exceptionnel ? Un gap de rupture s'accompagne en général d'un volume nettement supérieur à l'ordinaire. Un gap ordinaire passe inaperçu.

Le prix revient-il tout de suite ? C'est le test le plus honnête, et il coûte un peu de patience. Un gap ordinaire se comble dans les trois à quatre jours médians. Si rien ne revient au bout d'une semaine, la lecture « gap ordinaire » est fausse et il faut arrêter d'attendre.

⁠Attention au piège de la classification rétrospective : on ne sait avec certitude qu'un gap était un gap de rupture qu'une fois le mouvement fait. Au moment où tu le vois, tu fais une hypothèse, pas un constat.

Comment le trader

Jouer la fermeture n'est défendable que sur un gap ordinaire, et encore : à 85 %, une fois sur sept ça ne revient pas, et si tu t'es trompé de type, tu es face à un trou qui met trois mois à se refermer. Le stop doit donc exister, et il doit être ailleurs qu'à l'intuition.

Jouer la continuation est l'autre côté du trade, et les chiffres le soutiennent mieux qu'on ne croit : sur un gap de rupture, 99 % ne se comblent pas dans la semaine. Entrer dans le sens du gap, avec un stop de l'autre côté du trou, est cohérent avec ce que les relevés montrent.

Ce qu'il ne faut pas faire, c'est jouer la fermeture parce que « ça se comble toujours ». C'est le cas d'école où une phrase toute faite remplace une classification, et elle coûte cher exactement sur les gaps qui comptent, ceux de rupture.

Jouer la fermeture ou la continuation stop au-dessusvente vers la fermetureobjectif : le trou combléachat dans le sens du gapstop de l'autre côté du trougap ordinaire : jouer la fermeturecomblé à 85 % en une semaine,une fois sur sept ça ne revient pasgap de rupture : jouer la continuation99 % ne se comblent pasdans la semaine
Jouer la fermeture ou la continuation Jouer la fermeture n'est défendable que sur un gap ordinaire, et le stop doit exister : à 85 %, une fois sur sept, le prix ne revient pas. Sur un gap de rupture, 99 % ne se comblent pas dans la semaine : entrer dans le sens du gap, avec un stop de l'autre côté du trou, est cohérent avec les relevés. Jouer la fermeture parce que « ça se comble toujours » coûte cher précisément là.

Ce qu'il donne dans ton journal

La mesure utile est directe : étiquette le type de gap au moment du trade, ordinaire, rupture, continuation ou épuisement, puis vérifie ton taux de réussite par type.

Le résultat le plus fréquent de cet exercice n'est pas un taux de réussite, c'est une découverte sur toi : beaucoup de traders s'aperçoivent qu'ils étiquettent presque tout en « gap ordinaire », parce que c'est le type qui justifie le trade qu'ils voulaient prendre. C'est le biais de confirmation appliqué à une classification.

La parade est simple et se fait en deux lignes de journal : note ton étiquette avant de savoir ce qui s'est passé, et note le volume de la séance. Si tes gaps ordinaires ont systématiquement un volume exceptionnel, tu ne classes pas, tu justifies.

Tradoshi permet d'étiqueter chaque trade et de filtrer le journal par étiquette, donc les quatre populations se comparent directement.

Questions fréquentes

Est-ce que tous les gaps se comblent ? Non. Un gap ordinaire se comble à 85 ou 90 % en une semaine, un gap de rupture à 1 %. La phrase « ça se comble toujours » est fausse là où elle coûte le plus cher.

Combien de temps pour combler ? Délai médian : 3 à 4 jours pour un gap ordinaire, 5 à 6 pour un gap d'épuisement, 25 à 45 pour un gap de continuation, 84 à 89 pour un gap de rupture.

Comment savoir quel type j'ai ? Par le contexte, pas par le gap. Position dans le mouvement, volume, et comportement du prix dans les jours qui suivent.

Y a-t-il des gaps sur le forex ? Beaucoup moins, le marché étant ouvert en continu. Ils apparaissent surtout à la réouverture du dimanche soir, et les chiffres cités ici portent sur des actions.

Faut-il un volume particulier ? Un gap de rupture s'accompagne en général d'un volume nettement supérieur. C'est l'indice le plus utile pour classer sur le moment.

Ce qu'il faut retenir

  • Un gap ordinaire se comble à 85 % en une semaine, un gap de rupture à 1 %. La phrase « ça se comble toujours » est fausse.
  • Délai médian : 3 à 4 jours pour un gap ordinaire, contre 84 à 89 jours pour un gap de rupture. Ce ne sont pas deux nuances, ce sont deux choses.
  • Le type ne se lit pas dans le gap, il se lit dans le contexte : position dans le mouvement, volume, comportement des jours suivants.
  • Jouer la fermeture n'a de sens que sur un gap ordinaire, et il faut quand même un stop, parce qu'une fois sur sept ça ne revient pas.
  • Dans ton journal, étiquette le type AVANT de savoir la suite. Si tous tes gaps sont ordinaires, tu justifies au lieu de classer.

Pour aller plus loin

Ces articles du blog creusent les notions de cette leçon, un sujet par article.

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