Oshi Academy Les bases du trading · 18 min

Bien démarrer

C'est l'étape que presque tout le monde bâcle, parce qu'elle ressemble à de l'administratif. Elle décide pourtant de quatre choses qui vont te suivre pendant des années : chez qui ton argent dort, ce que tu paies à chaque aller-retour, qui se trouve en face de tes ordres, et la vitesse à laquelle tu récupères ton capital le jour où tu veux le récupérer. Rien de tout cela ne se rattrape en cinq minutes : un compte se change, mais il se change lentement, et toujours au pire moment. Cette leçon te donne l'ordre dans lequel regarder, les vérifications qui prennent trente secondes, et les quatre ordres à connaître avant de poser le premier.

La régulation passe avant tout le reste

La régulation n'est pas un label de qualité, c'est un ensemble d'obligations opposables. Un courtier agréé dans l'Espace économique européen, au Royaume-Uni ou en Australie doit séparer l'argent de ses clients du sien, tenir un niveau de fonds propres, publier une politique d'exécution des ordres, traiter les réclamations dans un délai écrit, et accepter un médiateur quand la réclamation n'aboutit pas. Un courtier immatriculé dans une juridiction sans supervision peut très bien faire tout cela. Simplement, rien ne l'y oblige, et tu n'as aucun recours le jour où il cesse.

Le piège n'est presque jamais celui qu'on imagine. Il est rare qu'un site affiche un numéro d'agrément inventé. Ce qui est fréquent, c'est qu'une même marque exploite plusieurs sociétés, une agréée en Europe et une autre immatriculée ailleurs, et que ton pays de résidence décide laquelle ouvrira ton compte. Le pied de page montre la première, le contrat que tu signes nomme la seconde. La protection ne suit pas la marque, elle suit l'entité.

La vérification se fait à la source, et jamais sur le site du courtier. Chaque régulateur publie un registre consultable par nom : en France le registre tenu par l'ACPR et la liste des sites non autorisés publiée par l'AMF, au Royaume-Uni le registre de la FCA avec son numéro de référence, en Australie celui de l'ASIC, à Chypre celui de la CySEC. Tu y tapes le nom exact de la société qui figure dans le contrat, pas le nom commercial de la publicité.

Ce registre te donne quatre choses que le site ne te donnera pas : le statut du jour, actif, retiré ou assorti d'un avertissement, la liste des services autorisés, qui peut très bien exclure celui que tu comptes utiliser, les noms commerciaux et les domaines que l'entité a le droit d'exploiter, et son adresse réelle. Les régulateurs publient aussi des alertes de clonage, des sites qui recopient les coordonnées d'une société agréée pour emprunter sa réputation. Le seul moyen de les repérer est de partir du registre pour arriver au site, jamais l'inverse.

Une marque, plusieurs sociétés : celle qui signe décide LA MARQUE : un logo, un site, une publicitéentité agréée dans l'EEEentité immatriculée ailleurston pays de résidence décide laquellefonds ségréguéslevier plafonnésolde négatif protégémédiateur, indemnisationlevier plus élevéaucune de ces obligationsaucun recours utilele nom à vérifier au registre est celui du CONTRAT
Une marque, plusieurs sociétés : celle qui signe décide Une même marque exploite souvent plusieurs sociétés, et ton pays de résidence décide laquelle ouvre ton compte. Les obligations tiennent à la société, jamais à la marque : ségrégation, levier plafonné, solde négatif, recours. Le nom à taper dans le registre est celui qui figure au contrat.

La ségrégation des fonds, et ce qu'elle couvre

« Ségrégation des fonds » veut dire une chose précise : l'argent des clients est déposé sur des comptes ouverts auprès d'un établissement de crédit tiers, identifiés comme des comptes clients, et il ne figure pas au bilan du courtier comme lui appartenant. Ce n'est pas un argument commercial, c'est une règle prudentielle, et elle se contrôle de l'extérieur : le droit européen impose au courtier de faire établir chaque année, par un auditeur indépendant, un rapport sur les dispositifs qui protègent les avoirs de ses clients, rapport remis directement au régulateur et non au courtier.

Ce que ça change se voit au pire moment. Si la société dépose son bilan, les avoirs correctement ségrégués ne tombent pas dans la masse à partager entre les créanciers : ils sont identifiés comme appartenant aux clients et restitués. Mélangés à la trésorerie de la société, ils deviennent une créance ordinaire, et une créance ordinaire attend son tour derrière les salariés et l'administration fiscale.

Les systèmes d'indemnisation prennent le relais quand la restitution ne suffit pas, et ils ont un plafond par personne et par établissement, de l'ordre de quatre-vingt-cinq mille livres au Royaume-Uni, vingt mille euros à Chypre, soixante-dix mille euros en France pour les instruments financiers. Vérifie le montant en vigueur sur le site du système lui-même : il change, et il ne couvre pas les mêmes situations partout.

Depuis les mesures de l'ESMA de 2018, reprises ensuite par chaque régulateur national, un client particulier de l'Union bénéficie en outre d'une protection contre le solde négatif : tu ne peux pas devoir plus que ce que tu as déposé. Cette protection est réelle, elle disparaît dès que tu ouvres un compte hors de ce périmètre, et c'est très souvent le vrai prix d'un levier plus élevé.

⚠️ La ségrégation ne protège de rien d'autre. Elle ne compense pas une perte de marché, elle n'accélère pas un retrait, et elle ne dit rien de la qualité de l'exécution. La conséquence pratique est simple à tenir : ton compte de trading est une caisse de travail, pas un compte d'épargne. On y laisse ce dont les positions ont besoin, avec une marge, et le reste dort ailleurs.

Où dort ton argent, et ce qui arrive en cas de défaut compte client, banque tiercetrésorerie du courtierton virementdéfaillance du courtierrestitué, horsde la massecréance parmiles autres⚠️ protège d'un dépôt de bilan, jamais d'une perte de marché
Où dort ton argent, et ce qui arrive en cas de défaut Un compte client tenu chez un établissement tiers ne fait pas partie des actifs du courtier : il n'entre pas dans la masse. Mélangé à sa trésorerie, ton solde devient une créance parmi les autres, et une créance attend son tour.

Le coût réel se mesure sur ton compte, pas sur la brochure

Le coût d'un aller-retour ne tient jamais sur une seule ligne. Il y a le spread, l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente affichés au même instant. Il y a la commission, quand le compte en prélève une. Il y a le financement de nuit, ce que coûte ou rapporte une position gardée au-delà de la clôture. Il y a la conversion, si l'instrument n'est pas libellé dans la devise de ton compte. Il y a enfin les frais d'inactivité, qui frappent exactement au moment où tu as arrêté de regarder.

Le chiffre de la brochure décrit un plancher. Un spread annoncé « à partir de » a été relevé au moment le plus calme de la journée la plus calme, et il est exact. Il ne décrit simplement pas ce que tu paieras, parce que ce n'est pas à ce moment-là que tu trades. Le relevé se fait tout seul : ouvre la plateforme aux trois heures où tu passes réellement tes ordres, note l'écart affiché, recommence pendant une semaine. Quinze lignes, et tu connais ton coût mieux que la page tarifaire.

Le chiffre qui décide n'est pas le coût, c'est son rapport à ce que tu vises. Un aller-retour qui coûte l'équivalent de deux points sur une configuration qui en vise vingt prélève un dixième du résultat brut. Le même coût sur une configuration qui en vise six en prélève un tiers, et à ce niveau la stratégie travaille pour le courtier avant de travailler pour toi. C'est la raison arithmétique pour laquelle les approches très courtes exigent un compte très bon marché, et non l'inverse.

Le financement de nuit se néglige tant qu'on garde une position quelques heures, et il devient déterminant dès qu'on la garde une semaine. Il est asymétrique : le sens acheteur et le sens vendeur n'ont pas le même tarif sur le même instrument, et l'écart entre les deux est la part que prend la maison. Sur la plupart des instruments, une nuit de la semaine est facturée trois fois pour couvrir le week-end. Ce détail se vérifie dans la table des conditions, en trois clics.

⚠️ Regarde enfin la devise de ton compte avant de le financer. Un compte en euros qui trade un instrument libellé en dollars convertit le résultat de chaque opération et prélève un petit pourcentage à chaque conversion. Sur un aller-retour isolé, personne ne le voit. Sur deux cents opérations, c'est une ligne de coût entière, invisible dans le spread et absente de la page tarifaire.

Le spread annoncé, et celui de l'heure où tu trades 2610h002915h30234publication22223h00annoncé « à partir de »relevé sur le compte, à cette heure-là
Le spread annoncé, et celui de l'heure où tu trades Le chiffre de la brochure est un plancher relevé au moment le plus calme. Ce que tu paies, c'est la colonne foncée, celle des heures où tu passes réellement tes ordres. Écart exprimé en points, un point valant un dixième de pip sur une cotation à cinq décimales. Les colonnes montrent la forme qu'a ce relevé, pas le tarif d'un courtier : le tien se remplit en une semaine.

Qui se trouve en face de ton ordre

Un ordre part quelque part, et il n'y a que deux destinations possibles. Ou bien ton courtier le transmet vers un marché organisé ou vers des fournisseurs de liquidité, et il se paie un péage au passage. Ou bien il le prend en face, c'est-à-dire qu'il devient ta contrepartie et enregistre la position dans son propre livre.

L'internalisation n'est pas une escroquerie, et la réglementation lui donne même un nom et un statut, celui d'internalisateur systématique. Elle permet de coter des tailles minuscules qu'aucun marché organisé n'accepterait, d'afficher des écarts serrés et d'exécuter à l'instant. Elle crée en revanche un intérêt structurellement opposé au tien : dans cette configuration, ton gain sort de la trésorerie de la maison. Un courtier sérieux gère ce risque en agrégeant ses clients et en couvrant le solde, un courtier moins sérieux a d'autres façons de le gérer.

Ce que tu peux vérifier avant de signer tient dans trois documents publics, exigés par la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers appliquée depuis 2018 : la politique d'exécution des ordres, la politique de gestion des conflits d'intérêts et les conditions générales. Cherches-y trois réponses précises : le glissement favorable est-il reversé au client, existe-t-il un mécanisme de recotation, et qu'advient-il des ordres en attente pendant une publication économique.

Sur un marché centralisé, la question change de forme sans disparaître. Un contrat à terme n'a qu'un seul carnet, celui de la bourse qui le cote, et ton ordre y prend rang dans une file dont chacun voit les quantités. Une action cotée, en revanche, n'a plus de carnet unique depuis que la directive européenne a mis les lieux d'exécution en concurrence : la même action s'échange sur son marché réglementé, sur plusieurs plateformes multilatérales et chez des internalisateurs systématiques. C'est justement cette dispersion qui rend la politique d'exécution intéressante à lire, puisque c'est le document où ton courtier explique lequel de ces lieux il retient, et sur quel critère.

Le rôle du courtier y change, le coût moins qu'on ne le croit. Il devient un intermédiaire payé à la commission plutôt qu'une contrepartie, ce qui referme l'intérêt opposé. Tu paies en revanche la commission, les frais de la bourse et de la chambre de compensation, dans certains pays une taxe sur les transactions financières, et tu paies toujours l'écart du carnet, puisque entrer tout de suite consiste à prendre le meilleur prix affiché de l'autre côté. Ce que tu gagnes n'est pas la gratuité, c'est la lisibilité : chaque ligne porte un nom et se retrouve sur ton relevé.

Deux destinations possibles pour le même ordre le carnet : d'autres participantsle livre du courtier : lui-mêmetransmis au marchéinternaliséton ordreton gain vient d'un autre participantton gain est SA pertela politique d'exécutionest un document public :demande-le avant de signer
Deux destinations possibles pour le même ordre Transmis au marché, ton ordre rencontre d'autres participants et ton gain sort de leur poche. Internalisé, il rencontre ton courtier, et ton gain sort de la sienne. Ce n'est pas une fraude, c'est un intérêt opposé, à connaître avant d'ouvrir le compte.

Ouvrir le compte : les étapes, et les trois pièges

L'ouverture suit toujours le même déroulé : un formulaire, un questionnaire, des justificatifs, une validation, puis le financement. Le formulaire demande ta situation financière et ton expérience, le questionnaire évalue si le produit t'est approprié, les justificatifs sont une pièce d'identité en cours de validité et un justificatif de domicile de moins de trois mois, parfois une preuve de l'origine des fonds au-delà d'un certain montant.

⛔ Le premier piège est le test du caractère approprié, qu'on confond couramment avec le test d'adéquation, lequel ne vaut que pour le conseil et la gestion sous mandat. Le tien ne mesure qu'une chose, ta connaissance et ton expérience du produit, et sa seule conséquence est un avertissement écrit lorsque le produit ne t'est pas approprié. Gonfler ses réponses ne débloque donc à peu près rien, sinon la disparition du seul signal que la réglementation t'envoie gratuitement. La renonciation véritable se joue un cran plus loin, dans le passage au statut de client professionnel sur demande : il exige deux critères remplis sur trois, un portefeuille d'instruments financiers supérieur à cinq cent mille euros, dix opérations de taille significative par trimestre sur les quatre derniers trimestres, ou un an passé à un poste du secteur financier qui suppose cette connaissance. Ce statut ouvre un levier plus élevé et referme du même geste la protection contre le solde négatif, puis, selon le pays, l'accès au fonds d'indemnisation et au médiateur. Les réponses sont enregistrées, datées, et elles ressortiront le jour d'une réclamation.

Le deuxième piège est le calendrier. La réglementation antiblanchiment veut que ton identité soit vérifiée avant que la relation d'affaires commence, et ne tolère un décalage que dans les situations à faible risque, à condition de le combler très vite. Dans les faits, l'ouverture se fait souvent sur des pièces qu'un automate a validées en quelques secondes, et l'examen humain tombe au premier retrait, parce que c'est là que le montant en jeu justifie de regarder à deux fois. Fais donc valider ton dossier tout de suite, avant même de financer le compte, et demande la confirmation écrite qu'il est complet. Un retrait demandé sur un dossier incomplet attend le dossier.

Le troisième piège est la règle du même moyen, qui découle des obligations de lutte contre le blanchiment. Les fonds repartent par le chemin qu'ils ont pris, à hauteur de ce qui a été déposé : ce que tu as versé par carte revient d'abord sur cette carte, et le surplus part par virement vers un compte bancaire ouvert à ton nom. Une carte qui expire entre-temps, un compte clôturé, un portefeuille électronique fermé, et le retrait se transforme en dossier.

⚠️ Le nom doit correspondre exactement, partout. Un dépôt venu d'un compte au nom de ton conjoint est un paiement de tiers : il sera refusé, ou pire, accepté puis bloqué au retrait. La même exigence vaut pour l'orthographe de ton nom sur la pièce d'identité et sur le relevé bancaire. Ce sont des détails administratifs jusqu'au jour où ils immobilisent ton argent pendant trois semaines.

L'argent repart par le chemin qu'il a pris ta cartele courtierton compte bancairedépôtretrait : le montant déposé, sur la CARTEle surplus par virement, à TON nom⚠️ la pièce d'identité se valide à l'ouvertureun retrait demandé sur un dossier incomplet attend le dossier
L'argent repart par le chemin qu'il a pris La règle antiblanchiment impose de rembourser d'abord le moyen de paiement d'origine, à hauteur de ce qui a été déposé. Le surplus part par virement, vers un compte à ton nom. Un compte au nom de quelqu'un d'autre bloque le retrait, jamais le dépôt.

Au marché ou à cours limité : ce que chacun garantit

L'ordre au marché dit : exécute maintenant, au meilleur prix disponible. Il garantit que tu entres, il ne garantit aucun prix. L'écart entre le prix affiché à la seconde du clic et le prix réellement obtenu s'appelle le glissement, et ce n'est ni une anomalie ni une tricherie : c'est ce qui reste quand le prix a bougé pendant le trajet de ton ordre.

L'ordre à cours limité dit l'inverse : exécute à ce prix ou mieux, jamais moins bien. Il garantit le prix, il ne garantit pas l'exécution. Si le marché s'arrête trois points au-dessus de ton niveau et repart sans toi, tu regardes le mouvement depuis le bord, avec une analyse parfaitement juste et aucune position. Il peut aussi n'être exécuté qu'en partie, quand la quantité disponible à ton prix ne suffit pas.

Le choix entre les deux est un arbitrage, pas une préférence. Pose-toi la question dans ce sens : qu'est-ce qui me coûte le plus cher, manquer le mouvement, ou payer deux points de plus pour en être ? Sur une entrée planifiée à l'avance, dans une zone travaillée, l'ordre limité est presque toujours le bon. Sur une sortie, en particulier une sortie qui protège, l'ordre au marché est presque toujours le bon, parce que la certitude d'être dehors vaut plus que deux points.

⚠️ Les deux se comportent très différemment quand la liquidité disparaît. À la réouverture hebdomadaire, pendant une publication économique, sur une décision de banque centrale, le prix peut sauter d'un niveau à l'autre sans passer par les prix intermédiaires. Un ordre au marché s'exécute alors très loin de ce que tu regardais, et un ordre limité posé dans le trou n'est jamais touché.

Sûr d'entrer, ou sûr du prix GLISSEMENTle plus bas touchéprix affiché au clicau marché : exécuté ICIla limite attend ICI,et n'est jamais touchéeà l'achat, le prix obtenuest le MOINS BON des deux
Sûr d'entrer, ou sûr du prix L'ordre à cours limité tient son prix et laisse partir le marché qui s'arrête quelques points au-dessus. L'ordre au marché entre toujours, à un prix que tu découvres une seconde plus tard. Aucun des deux ne fait les deux, et c'est le seul arbitrage à comprendre.

Le stop, le stop suiveur, et ce qu'ils ne peuvent pas faire

L'ordre stop est un déclencheur : quand le prix atteint le seuil que tu as fixé, il se transforme en ordre au marché. Il garantit donc la sortie, et rien d'autre. Si le marché rouvre sous ton seuil après un week-end, ou le franchit d'un bloc pendant une publication, la sortie a lieu au premier prix disponible, qui peut être nettement plus bas. Ce n'est pas un défaut de la plateforme, c'est la définition de l'ordre.

L'ordre stop à cours limité corrige ce défaut et en crée un pire. Il se déclenche au seuil puis devient un ordre limité, donc il refuse de te sortir en dessous d'un prix plancher. Sur une protection, c'est exactement ce qu'il ne faut pas : le jour où le marché part sans toi, tu restes dans la position, avec un ordre en attente qui regarde le prix s'éloigner. Réserve-le aux entrées.

L'ordre stop suiveur déplace le seuil dans ton sens à mesure que le prix progresse, et jamais dans l'autre. C'est un outil utile et mal compris : ce n'est pas lui qui décide de sortir, c'est la distance que tu lui as donnée. Une distance trop courte transforme le premier repli ordinaire en sortie, une distance calée sur l'amplitude habituelle de l'instrument laisse respirer. Il remplace un plan de sortie décidé à froid par une sortie décidée par la volatilité du moment, ce qui est parfois exactement ce qu'on veut, et parfois une erreur.

⛔ Vérifie où vit ton stop. Certains ordres, en particulier les stops suiveurs, sont gérés par le terminal et non par le serveur du courtier : ils cessent d'exister quand tu fermes la plateforme ou que la connexion tombe. Le test prend deux minutes : pose l'ordre, ferme le logiciel, rouvre-le, et regarde s'il est toujours là. Une protection qui dépend de ton ordinateur allumé n'est pas une protection.

Un dernier point qu'on découvre en général trop tard : un stop ne plafonne pas la perte, il l'organise. Le seul instrument qui la plafonne vraiment est le stop garanti, proposé par certains courtiers contre une prime prélevée à l'ouverture ou un écart élargi. Il a un prix, et ce prix est justifié, puisque c'est le courtier qui porte alors le risque du trou.

Le stop sort, le stop suiveur décide quand LE STOP exécuté ICIle seuilsortie garantie,prix non garanti LE STOP SUIVEUR sorti ICI, au seuille seuil monte, jamais l'inverse :c'est la DISTANCE qui sort, pas le prix
Le stop sort, le stop suiveur décide quand À gauche, le prix rouvre sous le seuil : la sortie a lieu, à un prix que personne n'a promis. À droite, le seuil remonte à chaque nouveau sommet et finit par croiser un repli ordinaire. Un stop garantit une sortie, jamais un prix, et c'est la distance qui décide, pas le prix.

Régler ta plateforme une fois pour toutes

Quatre réglages évitent la quasi-totalité des accidents de manipulation, et ils se font une seule fois. Désactive le clic unique tant que tu n'as pas cent ordres derrière toi. Garde la fenêtre de confirmation active. Fixe la taille par défaut au minimum autorisé, pour qu'une erreur de saisie coûte le prix d'un café plutôt qu'une semaine. Active la double authentification sur le compte de trading, pas seulement sur ta boîte mail.

Règle ensuite le fuseau horaire du graphique, et ne le change plus jamais. Ce point paraît cosmétique et ne l'est pas : la bougie journalière commence et finit à l'heure du serveur, donc deux courtiers dont les serveurs ne sont pas sur le même fuseau n'affichent pas la même bougie journalière du même instrument. Les plus hauts, les plus bas et les clôtures de ta lecture en dépendent. Choisis un fuseau, note-le quelque part, et compare toujours ce qui est comparable.

Sépare visuellement la démonstration et le réel. Deux jeux de couleurs différents, ou une disposition différente, suffisent à rendre l'erreur impossible. Prends aussi l'habitude de lire le nom du serveur affiché dans le bandeau de la plateforme avant chaque ordre : c'est lui, et non le solde, qui dit sur quel compte l'ordre va partir, et c'est le seul repère qui ne bouge pas quand tu changes d'écran ou d'appareil. Passer un ordre réel en croyant être sur le simulateur arrive plus souvent qu'on ne l'avoue.

Enregistre enfin ton espace de travail comme modèle, avec les rares outils que tu utilises vraiment. L'écran que tu regarderas dans trois ans est celui que tu construis aujourd'hui, et un écran chargé de douze indicateurs ne se lit pas plus vite : il se lit plus lentement, et il fournit toujours une raison de faire quelque chose.

La démo a une date de péremption, le premier trade est minuscule

Le simulateur sert à trois choses et il les fait bien : ne plus se tromper de bouton, savoir régler une taille, poser un stop sans réfléchir. Fais-y une modification qui change tout : ramène le solde de démonstration au montant réel avec lequel tu comptes commencer. Un compte fictif de cent mille unités enseigne des tailles de position que tu ne prendras jamais, et il t'entraîne à un métier qui n'est pas le tien.

Il ne peut en revanche enseigner ni le glissement, ni le refus d'ordre en marché rapide, ni l'élargissement de l'écart trente secondes avant une publication, ni ce qui se passe dans ta tête quand la somme est réelle. Les traders qui restent des mois en simulation apprennent à trader en simulation, et découvrent au premier compte réel qu'ils n'ont rien appris de ce qui compte.

⛔ Donne-lui donc une date de péremption, écrite dans ton agenda le jour même où tu ouvres le compte de démonstration. Deux à quatre semaines. Passée cette date, tu passes en réel avec une somme dont la perte totale ne changerait rien à ta vie, et cette phrase se vérifie en la disant à voix haute devant quelqu'un.

Le premier trade réel se prend à la taille minimale autorisée, une seule position, sur l'instrument que tu as travaillé. Son objectif n'est pas de gagner. Son objectif est de te faire traverser la chaîne complète une fois : décider, dimensionner, poser l'ordre, placer le stop, supporter l'attente, sortir, et lire le relevé.

L'exercice de ce soir tient sur une feuille, et il vaut le reste de la leçon. Après ce premier aller-retour, ouvre le relevé du compte et reconstitue le coût ligne par ligne : prix affiché à l'entrée, prix obtenu, prix affiché à la sortie, prix obtenu, spread payé, commission, financement, total. Rapporte ce total au montant que tu avais accepté de risquer. Refais-le sur tes dix premiers trades, dans ton journal, et tu obtiendras le seul chiffre de coût qui te concerne : le tien. La plupart des débutants ne l'ont jamais calculé, et c'est pour ça qu'ils discutent des tarifs affichés au lieu de mesurer les leurs.

Ce qu'il faut retenir

  • La protection suit l'entité qui signe le contrat, jamais la marque affichée sur le site.
  • Le registre du régulateur donne le statut du jour, les services autorisés et les domaines permis. Le site du courtier ne donne que ce qu'il veut bien.
  • La ségrégation protège d'un dépôt de bilan, pas d'une perte de marché. Un compte de trading est une caisse de travail, pas une épargne.
  • Le spread annoncé est un plancher. Relève le tien aux heures où tu trades, et regarde son rapport à ce que tu vises.
  • Au marché : sûr d'entrer, pas du prix. À cours limité : sûr du prix, pas d'entrer. Un stop garantit la sortie, jamais son prix.
  • Un stop géré par ton terminal disparaît quand tu fermes la plateforme. Vérifie-le en fermant la plateforme.
  • L'argent repart par le moyen qui l'a apporté, et le dossier d'identité se valide à l'ouverture, pas le jour du retrait.
  • Le simulateur a une date de péremption : deux à quatre semaines, écrite dans l'agenda dès le premier jour.

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