Oshi Academy ICT et Smart Money Concepts · 6 min

Les modèles ICT

Les leçons précédentes ont posé les briques : la structure, la liquidité, le déséquilibre, les zones. Un modèle n'est rien d'autre qu'un ordre d'assemblage de ces briques. Cette leçon dit ce que cet assemblage apporte réellement, et surtout ce qu'il n'apporte pas, parce que c'est là que se perdent la plupart de ceux qui l'appliquent.

Ce qu'un modèle est vraiment

Un modèle ICT est une recette qui combine les briques dans un ordre fixe : une zone d'intérêt sur une unité de temps haute, un changement de structure sur une unité plus basse, puis une entrée dans le déséquilibre laissé par ce changement.

Ce que les modèles ICT les plus enseignés ajoutent les uns par rapport aux autres tient à peu de choses : un retracement exigé en plus, une divergence, une plage horaire. Le squelette reste le même.

Si les sigles te freinent encore, la leçon Débuter avec ICT traduit le vocabulaire et dit d'où vient tout ce corpus. Cette leçon-ci ne redéfinit rien, elle assemble.

Un modèle est donc une suite de conditions, et chaque condition est une brique. C'est là que se joue tout le reste : si tu lis mal la structure, le modèle entier s'effondre, et tu concluras à tort que le modèle ne marche pas.

⚠️ C'est aussi ce qui rend un modèle difficile à évaluer honnêtement. Un modèle qui échoue peut avoir échoué parce qu'il est mauvais, ou parce qu'il a été appliqué à une lecture fausse. Sans relevé qui note la lecture ET le résultat, tu ne sauras jamais lequel des deux.

Les cinq recettes, et ce qu'elles partagent

Les découpes les plus répandues en retiennent cinq, et elles se ressemblent plus qu'elles ne diffèrent. Toutes demandent une direction décidée à l'avance, un niveau où se placer, et un déclencheur.

Ce qui change d'une recette à l'autre est le déclencheur. Une rupture de structure sur une unité basse pour l'une, un balayage de liquidité pour la deuxième, une divergence entre deux instruments pour la troisième, une plage horaire pour la quatrième, un retracement mesuré pour la cinquième.

Chacun de ces déclencheurs a déjà sa leçon dans ce cours, et c'est le point important : un modèle n'ajoute aucune connaissance neuve, il fixe un ordre. La valeur de l'ordre est ce qu'il faut mesurer, pas la valeur des briques prises séparément.

L'intérêt réel d'une recette écrite est qu'elle t'empêche de changer d'avis en cours de route. Une condition écrite avant l'ouverture ne se renégocie pas à midi, et c'est probablement 80 % du bénéfice de la démarche.

Le reste, la question de savoir si tel enchaînement bat tel autre, ne se règle pas par la discussion. Il se règle en comptant, et personne ne peut compter à ta place sur ton marché.

ICT 2.0, ou la version qui ajoute le temps

ICT 2.0 est le nom donné à la version plus récente du corpus, celle qui met les horaires au centre plutôt que les seules zones. L'idée est qu'un niveau ne vaut pas la même chose selon le moment de la séance où il est atteint.

C'est en soi une amélioration méthodologique, parce qu'un horaire est une donnée objective. Une zone touchée à 3 h du matin et la même zone touchée à l'ouverture de New York n'ont ni le même volume derrière ni la même suite.

Ce que ça ajoute est donc une contrainte, et une contrainte réduit le nombre de cas. Moins de cas veut dire moins de trades, et aussi moins d'échantillon pour vérifier que la contrainte sert à quelque chose.

Le test tient en une comparaison : prends la même recette avec et sans la contrainte horaire, sur le même historique, et regarde si le rapport gain sur risque monte assez pour compenser les cas perdus.

S'il ne monte pas, la contrainte ne fait que réduire ton activité. C'est une conclusion utile, et elle ne se trouve dans aucune vidéo.

Le modèle du vendredi, et pourquoi il est testable

Le plus connu des modèles horaires affirme que le prix a tendance à revenir sur une partie de la fourchette hebdomadaire le vendredi. Il porte un nom qui joue sur l'expression anglaise du soulagement de fin de semaine.

Il a une qualité que la plupart n'ont pas : il est testable sans ambiguïté. Une semaine, une fourchette, un vendredi, un pourcentage de retour. Deux personnes qui font le calcul trouvent le même chiffre.

C'est aussi le genre d'affirmation qui paraît évidente quand on ne se souvient que des semaines où elle s'est vérifiée. La mémoire retient les vendredis spectaculaires et efface les autres.

Le protocole est court : cinquante-deux semaines, une colonne pour la fourchette, une pour le retour observé le vendredi. Une année d'historique et une heure de travail donnent une réponse que trois ans de vidéos ne donnent pas.

Et le résultat dépend de l'instrument. Un indice, une paire de devises et une matière première n'ont aucune raison de partager le même comportement de fin de semaine.

Quand entrer, la question qu'aucun modèle ne règle

La question que les gens cherchent vraiment est celle du moment : à quel instant appuyer sur le bouton. Elle mérite une réponse franche, et la réponse est qu'aucun de ces modèles ne le dit.

Ils disent où une réaction est devenue visible après coup. Transformer ça en entrée demande d'ajouter un déclencheur qui t'appartient, puis de mesurer si ce déclencheur paie.

C'est exactement le sujet de la leçon sur les modèles d'entrée, qui compare le bord, le milieu et la confirmation sur la même configuration.

La confusion entre les deux niveaux, le modèle et l'entrée, explique une bonne partie des déceptions. On teste un modèle en changeant d'entrée à chaque fois, on obtient des résultats incohérents, et on en conclut que le modèle ne vaut rien.

⚠️ Fixe une entrée unique avant de tester un modèle, même imparfaite. Un test qui fait varier deux choses à la fois ne mesure ni l'une ni l'autre.

S'entraîner : un modèle, cinquante cas

Choisis un seul modèle et écris ses conditions sur une feuille, dans l'ordre. Trois lignes suffisent, et si tu n'y arrives pas en trois lignes, le modèle n'est pas encore assez clair pour être testé.

Fixe aussi ton entrée et ton stop, une fois pour toutes. C'est la condition pour que le test mesure le modèle et pas ta façon de l'appliquer ce jour-là.

Remonte un historique et relève cinquante cas où toutes les conditions étaient réunies, en avançant sans regarder la suite. Note pour chacun l'entrée théorique, le stop et ce qui s'est passé.

Calcule ensuite trois chiffres : la fréquence, le taux de réussite, et le rapport entre le gain moyen et la perte moyenne. Le troisième décide, les deux autres l'expliquent.

Puis change UNE condition et recommence. C'est le seul moyen de savoir laquelle des briques porte le résultat, et c'est ce qu'un journal de trading rangé par configuration te donne sans que tu aies à retenir quoi que ce soit.

Ce qu'il faut retenir

  • Un modèle est un ordre d'assemblage de briques déjà connues : zone d'intérêt, changement de structure, entrée dans le déséquilibre.
  • Les cinq recettes les plus enseignées ne diffèrent que par leur déclencheur. Le squelette est identique.
  • Une condition écrite avant l'ouverture ne se renégocie pas à midi. C'est probablement l'essentiel du bénéfice de la démarche.
  • ICT 2.0 ajoute la contrainte horaire. Elle améliore peut-être la qualité, elle réduit certainement le nombre de cas : compare les deux versions.
  • Le modèle du vendredi est testable sans ambiguïté, ce qui est rare. Cinquante-deux semaines et deux colonnes suffisent.
  • Aucun modèle ne dit QUAND entrer. Il faut ajouter un déclencheur, et le fixer avant de tester, sinon rien n'est mesuré.

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