Oshi Academy Les figures chartistes · 7 min

L'inside bar, figure de continuation

L'inside bar est la figure préférée des cours de price action, et presque tous l'enseignent comme un signal de retournement ou de cassure. Le relevé le plus large disponible publiquement dit l'inverse : sur près de trente mille cas, elle agit comme une figure de continuation dans une large majorité des situations. Ce n'est pas un détail de vocabulaire, ça change le sens du trade que tu prends. Cette leçon donne la définition exacte, les chiffres, la direction dans laquelle la figure travaille réellement, et les deux marchés sur lesquels il vaut mieux l'éviter.

Ce qu'est une inside bar, exactement

Inside bar ou harami : les extrêmes décident bougie mèreplus haut de la bougie mèreplus bas de la bougie mèrebougie mèreplus haut dépassé✓ inside bar : extrêmes contenus✗ harami, pas une inside barcorps contenu, plus haut dépassé
Inside bar ou harami : les extrêmes décident À gauche, une inside bar : son plus haut et son plus bas tiennent entièrement dans ceux de la bougie mère, qui porte les deux niveaux du trade. À droite, le corps de la seconde bougie tient dans le corps de la première, mais son plus haut dépasse : c'est un harami, pas une inside bar. Deux définitions distinctes, à ne pas mélanger dans un même relevé.

Une inside bar est une bougie dont le plus haut est inférieur au plus haut de la bougie précédente et dont le plus bas est supérieur au plus bas de la bougie précédente. Elle tient entièrement à l'intérieur de celle qui la précède, extrêmes compris.

Deux conséquences de cette définition, souvent mal comprises. La bougie précédente est appelée la bougie mère, et c'est elle qui porte les niveaux qui comptent : son plus haut et son plus bas deviennent les deux bornes du trade. Et la couleur des deux bougies n'entre pas dans la définition, contrairement à ce que beaucoup de présentations laissent croire.

Le sens est simple : pendant toute une période, le marché n'est allé chercher ni le plus haut ni le plus bas de la période précédente. La volatilité s'est contractée, l'amplitude s'est réduite, et personne n'a pris le contrôle. C'est une pause, pas une décision.

On croise la figure sous plusieurs noms selon les écoles, dont inside day en journalier et harami dans le vocabulaire des chandeliers japonais. Le harami est légèrement plus strict, il compare les corps et non les extrêmes. Ce sont deux définitions distinctes et il ne faut pas les mélanger dans un même relevé.

Ce que les chiffres disent, et ils contredisent l'enseignement courant

Le relevé de référence sur cette figure porte sur 29 641 cas, de décembre 1989 à janvier 2013, et il est publié par Thomas Bulkowski. Voici ce qu'il donne, cité tel quel.

La figure agit comme une continuation 62 % du temps. Autrement dit, dans près de deux cas sur trois, le prix repart dans la direction d'où il venait. Elle retourne la tendance dans 38 % des cas seulement. Tout l'enseignement qui présente l'inside bar comme un signal de retournement travaille donc contre la statistique.

Taux d'échec sur cassure haussière : 32 %. Hausse moyenne : 10 %. Objectif de prix atteint dans 80 % des cas. Rang de performance : 10 sur 23 figures de ce type, donc au-dessus de la médiane, ce qui en fait une figure honnête, pas un miracle.

Et une donnée que personne ne cite, parce qu'elle gêne tout le monde : la performance se dégrade décennie après décennie. Onze pour cent dans les années 1990, dix dans les années 2000, neuf dans les années 2010. L'auteur en tire une phrase qu'il faut lire en entier : il est aujourd'hui environ 18 % plus difficile de gagner de l'argent avec cette figure qu'il ne l'était dans les années 1990. Une figure connue de tous finit par être arbitrée par tous.

Source : les pages de recherche de Thomas Bulkowski sur thepatternsite.com, consultées en septembre 2026.

Continuation 62 fois sur 100, et une figure qui s'use 62 % continuation38 % retournement11 %10 %9 %29 641 cas relevés, de 1989 à 2013rang de performance : 10 sur 23objectif atteint : 80 %échec, cassure haussière : 32 %performance moyenne, décennie après décennieannées 1990années 2000années 2010environ 18 % plus difficilequ'au début des années 1990
Continuation 62 fois sur 100, et une figure qui s'use En haut, le relevé de Thomas Bulkowski sur 29 641 cas : la figure repart dans le sens d'où venait le prix dans 62 % des cas, et ne retourne la tendance que dans 38 %. En bas, sa performance décennie après décennie : 11 %, puis 10 %, puis 9 %. Il est aujourd'hui environ 18 % plus difficile de gagner de l'argent avec elle qu'au début des années 1990.

Les deux marchés où il vaut mieux l'éviter

Le même relevé sépare les marchés, et la séparation est nette. Sur les actions, la figure fait mieux que son indice de référence. Sur les ETF et sur les cryptomonnaies, elle fait nettement moins bien.

C'est une information rare et elle mérite d'être prise au sérieux, parce qu'elle explique une frustration très répandue : beaucoup de traders apprennent la figure sur des exemples en actions américaines, puis l'appliquent sur du bitcoin ou sur un ETF indiciel, et ne comprennent pas pourquoi elle ne rend rien.

La raison probable tient à la nature de la contraction. Sur une action, une journée intérieure signale souvent une pause réelle dans le flux d'ordres, entre deux séances. Sur un marché ouvert vingt-quatre heures, la notion de période est un découpage arbitraire, et une bougie intérieure peut n'être que le creux d'activité d'une session asiatique.

Comment la trader, et où placer les bornes

La mécanique standard tient en deux niveaux, et ce sont ceux de la bougie mère, jamais ceux de l'inside bar. On entre à la cassure de son plus haut pour un achat, de son plus bas pour une vente.

Le stop va de l'autre côté de la bougie mère, et c'est ce qui rend la figure attirante : les deux bornes sont connues à l'avance, donc le risque est chiffrable avant même d'entrer. C'est aussi ce qui la rend coûteuse quand la bougie mère est haute, puisque le stop s'éloigne d'autant.

Étant donné les 62 % de continuation, l'usage le plus défendable n'est pas de jouer la cassure dans n'importe quel sens, mais de prendre la cassure qui va dans le sens du mouvement précédent. C'est une correction simple à faire, et elle remet la statistique de ton côté au lieu de l'avoir contre toi.

Un mot sur les inside bars en série. Deux ou trois bougies intérieures consécutives signalent une contraction plus forte, donc une cassure souvent plus franche. En contrepartie, la bougie mère s'éloigne dans le temps et son niveau perd de sa fraîcheur.

Les bornes sont celles de la bougie mère risque connuavant d'entrerbougie mère + inside barentrée : cassure du plus hautde la bougie mèrestop : de l'autre côtéde la bougie mèrecassure dans le sens du mouvement : 62 %mouvement précédent : une hausse
Les bornes sont celles de la bougie mère Dans une hausse, une bougie mère puis son inside bar. On entre à la cassure du plus haut de la bougie mère, dans le sens du mouvement précédent, et le stop va de l'autre côté de la bougie mère, jamais de l'inside bar. Les deux niveaux sont connus avant d'entrer, donc le risque aussi, et il grandit avec la taille de la bougie mère.

Ce qu'elle donne dans ton journal

Les chiffres ci-dessus portent sur des actions américaines en journalier, entre 1989 et 2013. Si tu trades un indice en quinze minutes en 2026, ils ne te concernent qu'indirectement, et la dégradation par décennie est un avertissement suffisant pour ne pas les prendre pour argent comptant.

La mesure qui te concerne se fait en deux temps. D'abord, étiquette tes entrées prises sur inside bar. Ensuite, et c'est le point propre à cette figure, note pour chacune si tu as pris la cassure dans le sens du mouvement précédent ou contre lui. Sépare ces deux populations. Si la statistique générale vaut aussi chez toi, l'écart entre les deux doit être visible.

Regarde ensuite l'excursion adverse maximale de ces trades. Sur cette figure en particulier, elle répond à une question précise : ton stop de l'autre côté de la bougie mère est-il utile, ou bien la plupart de tes trades gagnants n'ont-ils jamais approché ce niveau ? Dans le second cas, tu paies un stop large pour rien et tu peux traiter des positions plus grosses à risque égal.

Tradoshi calcule cette excursion sur chaque trade importé et permet de filtrer le journal par étiquette, donc les deux populations se comparent côte à côte sans tableur.

Questions fréquentes

Une inside bar est-elle haussière ou baissière ? Ni l'une ni l'autre. C'est une contraction de volatilité, et elle repart dans le sens du mouvement précédent dans 62 % des cas relevés. La direction vient de ce qui s'est passé avant, pas de la figure.

Inside bar et harami, est-ce la même chose ? Non. L'inside bar compare les extrêmes, le harami compare les corps. Une bougie peut être un harami sans être une inside bar. Choisis une définition et tiens-la.

Quelle unité de temps ? Les chiffres publiés portent sur du journalier. Plus tu descends, plus le découpage des périodes devient arbitraire, et plus la figure perd de son sens sur un marché ouvert en continu.

Faut-il un volume faible sur l'inside bar ? C'est le filtre le plus souvent recommandé, et il est cohérent avec l'idée de pause. Il n'est pas chiffré dans le relevé cité ici, donc traite-le comme une hypothèse à vérifier dans ton propre journal.

Et sur les cryptomonnaies ? Le relevé conclut explicitement à une sous-performance sur ce marché comme sur les ETF. Si tu trades de la crypto, la prudence est de considérer la figure comme non démontrée tant que ton propre relevé ne dit pas autre chose.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus haut inférieur et plus bas supérieur à ceux de la bougie précédente. Ce sont les extrêmes qui comptent, pas les corps, sinon c'est un harami.
  • Continuation dans 62 % des cas relevés sur près de 30 000 exemples : la figure travaille dans le sens du mouvement précédent, pas contre lui.
  • Les deux bornes du trade sont celles de la bougie mère, donc le risque est connu avant d'entrer, et il grandit avec la taille de cette bougie.
  • Performance en baisse décennie après décennie, environ 18 % plus difficile qu'au début des années 1990. Une figure connue de tous finit arbitrée par tous.
  • Sous-performance relevée sur les ETF et les cryptomonnaies. Sur ces marchés, considère-la comme non démontrée jusqu'à preuve du contraire dans ton journal.

Pour aller plus loin

Ces articles du blog creusent les notions de cette leçon, un sujet par article.

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