Ce qu'est une inside bar, exactement
Une inside bar est une bougie dont le plus haut est inférieur au plus haut de la bougie précédente et dont le plus bas est supérieur au plus bas de la bougie précédente. Elle tient entièrement à l'intérieur de celle qui la précède, extrêmes compris.
Deux conséquences de cette définition, souvent mal comprises. La bougie précédente est appelée la bougie mère, et c'est elle qui porte les niveaux qui comptent : son plus haut et son plus bas deviennent les deux bornes du trade. Et la couleur des deux bougies n'entre pas dans la définition, contrairement à ce que beaucoup de présentations laissent croire.
Le sens est simple : pendant toute une période, le marché n'est allé chercher ni le plus haut ni le plus bas de la période précédente. La volatilité s'est contractée, l'amplitude s'est réduite, et personne n'a pris le contrôle. C'est une pause, pas une décision.
On croise la figure sous plusieurs noms selon les écoles, dont inside day en journalier et harami dans le vocabulaire des chandeliers japonais. Le harami est légèrement plus strict, il compare les corps et non les extrêmes. Ce sont deux définitions distinctes et il ne faut pas les mélanger dans un même relevé.
Ce que les chiffres disent, et ils contredisent l'enseignement courant
Le relevé de référence sur cette figure porte sur 29 641 cas, de décembre 1989 à janvier 2013, et il est publié par Thomas Bulkowski. Voici ce qu'il donne, cité tel quel.
La figure agit comme une continuation 62 % du temps. Autrement dit, dans près de deux cas sur trois, le prix repart dans la direction d'où il venait. Elle retourne la tendance dans 38 % des cas seulement. Tout l'enseignement qui présente l'inside bar comme un signal de retournement travaille donc contre la statistique.
Taux d'échec sur cassure haussière : 32 %. Hausse moyenne : 10 %. Objectif de prix atteint dans 80 % des cas. Rang de performance : 10 sur 23 figures de ce type, donc au-dessus de la médiane, ce qui en fait une figure honnête, pas un miracle.
Et une donnée que personne ne cite, parce qu'elle gêne tout le monde : la performance se dégrade décennie après décennie. Onze pour cent dans les années 1990, dix dans les années 2000, neuf dans les années 2010. L'auteur en tire une phrase qu'il faut lire en entier : il est aujourd'hui environ 18 % plus difficile de gagner de l'argent avec cette figure qu'il ne l'était dans les années 1990. Une figure connue de tous finit par être arbitrée par tous.
Source : les pages de recherche de Thomas Bulkowski sur thepatternsite.com, consultées en septembre 2026.
Les deux marchés où il vaut mieux l'éviter
Le même relevé sépare les marchés, et la séparation est nette. Sur les actions, la figure fait mieux que son indice de référence. Sur les ETF et sur les cryptomonnaies, elle fait nettement moins bien.
C'est une information rare et elle mérite d'être prise au sérieux, parce qu'elle explique une frustration très répandue : beaucoup de traders apprennent la figure sur des exemples en actions américaines, puis l'appliquent sur du bitcoin ou sur un ETF indiciel, et ne comprennent pas pourquoi elle ne rend rien.
La raison probable tient à la nature de la contraction. Sur une action, une journée intérieure signale souvent une pause réelle dans le flux d'ordres, entre deux séances. Sur un marché ouvert vingt-quatre heures, la notion de période est un découpage arbitraire, et une bougie intérieure peut n'être que le creux d'activité d'une session asiatique.
Comment la trader, et où placer les bornes
La mécanique standard tient en deux niveaux, et ce sont ceux de la bougie mère, jamais ceux de l'inside bar. On entre à la cassure de son plus haut pour un achat, de son plus bas pour une vente.
Le stop va de l'autre côté de la bougie mère, et c'est ce qui rend la figure attirante : les deux bornes sont connues à l'avance, donc le risque est chiffrable avant même d'entrer. C'est aussi ce qui la rend coûteuse quand la bougie mère est haute, puisque le stop s'éloigne d'autant.
Étant donné les 62 % de continuation, l'usage le plus défendable n'est pas de jouer la cassure dans n'importe quel sens, mais de prendre la cassure qui va dans le sens du mouvement précédent. C'est une correction simple à faire, et elle remet la statistique de ton côté au lieu de l'avoir contre toi.
Un mot sur les inside bars en série. Deux ou trois bougies intérieures consécutives signalent une contraction plus forte, donc une cassure souvent plus franche. En contrepartie, la bougie mère s'éloigne dans le temps et son niveau perd de sa fraîcheur.
Ce qu'elle donne dans ton journal
Les chiffres ci-dessus portent sur des actions américaines en journalier, entre 1989 et 2013. Si tu trades un indice en quinze minutes en 2026, ils ne te concernent qu'indirectement, et la dégradation par décennie est un avertissement suffisant pour ne pas les prendre pour argent comptant.
La mesure qui te concerne se fait en deux temps. D'abord, étiquette tes entrées prises sur inside bar. Ensuite, et c'est le point propre à cette figure, note pour chacune si tu as pris la cassure dans le sens du mouvement précédent ou contre lui. Sépare ces deux populations. Si la statistique générale vaut aussi chez toi, l'écart entre les deux doit être visible.
Regarde ensuite l'excursion adverse maximale de ces trades. Sur cette figure en particulier, elle répond à une question précise : ton stop de l'autre côté de la bougie mère est-il utile, ou bien la plupart de tes trades gagnants n'ont-ils jamais approché ce niveau ? Dans le second cas, tu paies un stop large pour rien et tu peux traiter des positions plus grosses à risque égal.
Tradoshi calcule cette excursion sur chaque trade importé et permet de filtrer le journal par étiquette, donc les deux populations se comparent côte à côte sans tableur.
Questions fréquentes
Une inside bar est-elle haussière ou baissière ? Ni l'une ni l'autre. C'est une contraction de volatilité, et elle repart dans le sens du mouvement précédent dans 62 % des cas relevés. La direction vient de ce qui s'est passé avant, pas de la figure.
Inside bar et harami, est-ce la même chose ? Non. L'inside bar compare les extrêmes, le harami compare les corps. Une bougie peut être un harami sans être une inside bar. Choisis une définition et tiens-la.
Quelle unité de temps ? Les chiffres publiés portent sur du journalier. Plus tu descends, plus le découpage des périodes devient arbitraire, et plus la figure perd de son sens sur un marché ouvert en continu.
Faut-il un volume faible sur l'inside bar ? C'est le filtre le plus souvent recommandé, et il est cohérent avec l'idée de pause. Il n'est pas chiffré dans le relevé cité ici, donc traite-le comme une hypothèse à vérifier dans ton propre journal.
Et sur les cryptomonnaies ? Le relevé conclut explicitement à une sous-performance sur ce marché comme sur les ETF. Si tu trades de la crypto, la prudence est de considérer la figure comme non démontrée tant que ton propre relevé ne dit pas autre chose.
Ce qu'il faut retenir
- Plus haut inférieur et plus bas supérieur à ceux de la bougie précédente. Ce sont les extrêmes qui comptent, pas les corps, sinon c'est un harami.
- Continuation dans 62 % des cas relevés sur près de 30 000 exemples : la figure travaille dans le sens du mouvement précédent, pas contre lui.
- Les deux bornes du trade sont celles de la bougie mère, donc le risque est connu avant d'entrer, et il grandit avec la taille de cette bougie.
- Performance en baisse décennie après décennie, environ 18 % plus difficile qu'au début des années 1990. Une figure connue de tous finit arbitrée par tous.
- Sous-performance relevée sur les ETF et les cryptomonnaies. Sur ces marchés, considère-la comme non démontrée jusqu'à preuve du contraire dans ton journal.
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