Les futures, ou contrats à terme, sont des contrats standardisés qui t'engagent à acheter ou vendre un actif à un prix fixé aujourd'hui, à une date future précise. Contrairement à une action, tu ne possèdes jamais l'actif sous-jacent : tu prends une position sur son prix, avec un effet de levier intégré au contrat. Ce guide t'explique simplement ce qu'est un contrat futures, comment le trader, les différents types de contrats qui existent, et en quoi ce marché diffère fondamentalement des actions, du forex et des options.

Le trading de futures a la réputation d'être réservé aux professionnels, à cause du vocabulaire technique et des montants notionnels qu'affiche un contrat. Les micro-contrats, dix fois plus petits que les E-mini, ont abaissé le capital nécessaire sans rien changer à la mécanique : un contrat standardisé, négocié en bourse et coté presque 24 heures sur 24 en semaine. Le risque, lui, n'a pas rapetissé. La page de la CFTC sur les bases du trading de futures prévient que spéculer sur ces contrats est une activité volatile, complexe et risquée, rarement adaptée aux particuliers, que beaucoup y perdent tout leur argent et qu'on peut avoir à payer plus que sa mise de départ.

Ce guide part de la définition la plus simple possible et construit progressivement : ce qu'est un contrat futures, comment ouvrir un compte et choisir une plateforme, les grandes familles de contrats qui existent, comment fonctionne la marge, et les erreurs qui coûtent le plus cher aux débutants sur ce marché.

En brefUn contrat futures t'engage à acheter ou vendre un actif à un prix fixé aujourd'hui, à une échéance future, sans que tu possèdes jamais l'actif sous-jacent. Il se trade sur marge, avec un effet de levier intégré au contrat, sur des plateformes spécialisées comme NinjaTrader. Il existe des contrats sur les indices, les matières premières, les devises et les taux d'intérêt, chacun avec sa propre taille de tick et sa propre marge. Sur un E-mini Nasdaq-100, un point vaut 20 dollars, et 2 dollars sur le Micro. Comparé aux actions ou aux options, le futures a des horaires étendus, un traitement fiscal différent aux États-Unis, et relève de ses propres règles de marge, pas de la règle du pattern day trader des comptes titres américains. On peut y perdre plus que son dépôt. Tradoshi journalise tes trades futures avec le calcul automatique de ta valeur par tick et de ton risque par contrat.

Ce qu'est un contrat futures

Un contrat futures est un accord standardisé entre un acheteur et un vendeur, qui fixe aujourd'hui le prix auquel un actif s'échangera à une date future précise, appelée échéance. Le glossaire de la CFTC, le régulateur américain des dérivés, le définit comme un accord d'achat ou de vente pour livraison future, à un prix déterminé à la conclusion, qui oblige chaque partie et qui peut se dénouer par livraison ou par compensation. Cette définition porte deux idées qui changent tout par rapport à une action : le contrat a une DATE D'EXPIRATION, et il n'implique pas de posséder l'actif. La compensation, c'est l'opération inverse qui annule la position, et c'est la sortie ordinaire : à propos du pétrole WTI, l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) écrit que la plupart des intervenants ferment leurs contrats avant l'expiration et qu'environ 1 % seulement des contrats traités vont jusqu'à la livraison physique.

Chaque contrat futures est standardisé par la bourse qui le liste (le CME pour la plupart des contrats américains, l'Eurex en Europe) : la quantité d'actif sous-jacent, l'unité de cotation, la taille minimale de mouvement de prix (le tick) et les mois d'échéance sont fixés à l'avance et identiques pour tous les participants. C'est cette standardisation qui rend le marché liquide : un contrat E-mini S&P 500 acheté à New York est rigoureusement identique à un autre vendu la même minute, ce qui n'est jamais le cas d'un accord de gré à gré.

Comment trader les futures : courtier et plateforme

Trader des futures suppose deux choses distinctes qu'on confond souvent : un courtier, qui exécute tes ordres et tient ton compte de marge, et une plateforme logicielle, sur laquelle tu passes réellement tes ordres et lis le marché. Sur les actions, les deux sont souvent la même application. Sur les futures, il est courant de les séparer : un logiciel spécialisé, connecté au courtier, apporte les outils que ce marché demande (carnet d'ordres, Depth of Market, replay de séance).

NinjaTrader est un exemple de ces logiciels. D'après le site de NinjaTrader, la plateforme reste gratuite pour le graphique, le backtest et la simulation, et sa documentation sur la connexion Playback décrit le Market Replay, qui rejoue une séance avec la séquence exacte des cotations et de la profondeur de marché. C'est aussi la plateforme sur laquelle Tradoshi synchronise automatiquement tes exécutions, sans fichier à exporter à la main. Le détail complet est sur notre page des outils et services recommandés et sur la fiche NinjaTrader.

Avant d'ouvrir un compte réel, vérifie trois choses : le dépôt minimum exigé, les commissions par contrat, qui pèsent lourd si tu trades en fréquence, et l'existence d'un compte de simulation, pour apprendre la mécanique du carnet d'ordres sans risquer de capital.

Le futures commission merchant : qui tient ton argent

Aux États-Unis, l'intermédiaire qui prend tes ordres sur futures et qui reçoit ton argent porte un nom réglementaire : futures commission merchant, ou FCM. Le glossaire de la CFTC le définit comme la personne ou la société qui sollicite ou accepte des ordres d'achat ou de vente de contrats à terme et qui accepte des paiements de ceux dont elle prend les ordres, ou leur fait crédit. Celui qui prend des ordres sans accepter d'argent ni de titres en garantie est un introducing broker, selon le même glossaire. La différence dit à qui tu confies réellement ton dépôt de marge.

L'enregistrement des FCM a été délégué par la CFTC à la National Futures Association en 1984, indique la page de la CFTC consacrée aux FCM, et la page de la NFA sur l'enregistrement des FCM reprend la même définition : une entité qui sollicite ou accepte des ordres et qui reçoit de l'argent ou d'autres actifs de ses clients pour les garantir. La vérification est gratuite et se fait avant d'envoyer un centime : l'outil BASIC de la NFA permet de rechercher une société ou une personne et ses antécédents. La fiche de la CFTC pour choisir un courtier en futures conseille de passer son chemin si la société n'est pas enregistrée, puis de demander les commissions, les frais et les exigences de marge. Si ton courtier est européen, pose-lui la même question : quelle entité tient les fonds, et sous quel régulateur.

Futures vs Options vs Actions vs Forex

Les futures partagent des points communs avec chacun des trois autres grands marchés, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent comparés entre eux, mais leurs différences déterminent lequel te convient.

FuturesOptionsActionsForex
Ce que tu possèdesRien, un engagement contractuelUn droit, pas une obligationUne part de l'entrepriseRien, une position sur un taux de change
LevierIntégré au contrat, via la margeIntégré à la prime payéeOptionnel, via le courtierSouvent élevé, via le courtier
HorairesQuasi 24h/24 en semaineHoraires de la bourse sous-jacenteHoraires de la bourse (+ pré/post-marché)24h/24 en semaine
ExpirationOui, mensuelle ou trimestrielleOui, souvent plus rapprochéeNonNon
Fiscalité USRégime 60/40 (section 1256)Durée de détention sur actions, 60/40 sur indice largeDépend de la durée de détentionRègles particulières du change (section 988)

Face aux options, la différence la plus structurante est l'obligation : un contrat futures t'engage fermement, quand une option te laisse le choix de ne pas exercer ton droit. Un future perd donc de la valeur uniquement si le prix évolue contre toi, sans la décroissance temporelle qui ronge la valeur d'une option même quand le prix ne bouge pas. Il existe d'ailleurs des « options sur futures », un troisième instrument hybride qui donne le droit d'entrer sur un contrat futures à un prix donné, réservé aux traders déjà à l'aise avec les deux mécaniques séparément.

Face aux actions, le futures se distingue par l'absence de propriété (pas de dividende, pas de droit de vote) et par un levier structurellement plus élevé : une action se paie en général intégralement ou avec la marge limitée qu'autorise un courtier, quand un contrat futures ne demande qu'une fraction de sa valeur notionnelle en dépôt. Face au forex, les deux marchés partagent des horaires très étendus et un usage intensif de la marge, mais le forex n'a pas de date d'expiration et se limite aux devises, quand les futures couvrent des dizaines de classes d'actifs différentes sous un même mécanisme contractuel. La ligne fiscale du tableau vient de la publication 550 de l'IRS, qui range parmi les contrats de la section 1256 les contrats à terme réglementés et les options cotées sur indice large, et renvoie certaines opérations de change à des règles particulières.

Ne confonds pas non plus un contrat futures coté en bourse avec un CFD sur indice ou sur matière première, qui se conclut avec le fournisseur du CFD et non sur un marché organisé. En Europe, le CFD a ses propres règles : les mesures annoncées par l'ESMA en mars 2018 plafonnent le levier des particuliers à l'ouverture, à 20 pour 1 sur les grands indices et sur l'or, imposent une clôture des positions quand la marge tombe à 50 % du minimum exigé et garantissent que le compte ne peut pas finir en solde négatif, et l'AMF les a reprises en France à compter du 1er août 2019. Ce texte vise les CFD, pas les contrats futures : sur un future, rien ne t'assure de ne pas perdre plus que ton dépôt.

Les différents types de contrats futures

Le mot « futures » recouvre en réalité quatre grandes familles de contrats, qui n'ont en commun que leur mécanique contractuelle, pas leurs facteurs de prix.

FamilleExemplesCe qui fait bouger le prix
Indices actionsE-mini S&P 500 (ES), Micro E-mini Nasdaq (MNQ), Nikkei 225Résultats d'entreprises, macroéconomie, sentiment de marché
Matières premièresOr (GC), pétrole brut (CL), argent (SI)Offre et demande physique, géopolitique, dollar américain
DevisesEuro FX (6E), Yen japonais (6J)Taux d'intérêt relatifs, banques centrales, flux commerciaux
Taux d'intérêtBons du Trésor 10 ans, Fed FundsDécisions de banques centrales, inflation, anticipations de taux

Chaque famille a son propre comportement. Les indices actions réagissent aux mêmes nouvelles que les actions qui les composent, mais de façon plus lissée, ce qui en fait souvent le point d'entrée le plus lisible pour un débutant. Les matières premières sont plus sensibles aux chocs d'offre (une sécheresse, une coupure de production) et peuvent bouger fortement sur des nouvelles sans rapport avec les marchés financiers au sens strict. Les contrats de taux d'intérêt sont les plus techniques, réservés aux traders qui suivent de près les décisions de politique monétaire.

L'arrivée des micro-contrats (un dixième de la taille d'un contrat E-mini classique) a changé l'accessibilité du marché : un Micro E-mini Nasdaq (MNQ) demande une fraction de la marge d'un contrat standard, ce qui permet d'apprendre la mécanique avec un risque réel mais contenu, plutôt qu'en simulation indéfiniment. Chaque contrat a sa propre valeur de tick (le gain ou la perte pour le plus petit mouvement de prix possible), une donnée à connaître par cœur avant le premier trade : notre calculateur de futures la donne pour les contrats les plus tradés.

Pour les contrats cotés aux États-Unis, le régulateur publie chaque semaine qui tient les positions, par grande catégorie de traders : c'est le rapport COT de la CFTC, qui se lit comme une photographie du marché et non comme un signal.

Ce que vaut un point : le calcul sur le Nasdaq-100 et le S&P 500

Sur un contrat d'indice, le gain ou la perte se calcule en multipliant le nombre de points par le multiplicateur du contrat. Les chiffres qui suivent viennent d'une source secondaire, les pages d'un courtier américain régulé : d'après la fiche de Charles Schwab sur l'E-mini Nasdaq, le contrat NQ vaut 20 fois l'indice Nasdaq-100, son plus petit mouvement, 0,25 point, vaut 5 dollars, et le Micro fait un dixième de sa taille. Pour le S&P 500, sa page sur la valeur des ticks donne 50 dollars fois l'indice sur l'E-mini (ES), soit 12,50 dollars le tick de 0,25 point, et 1,25 dollar le même tick sur le Micro (MES). Du côté des textes officiels, un dépôt de règlement du CME auprès de la CFTC fixe le point d'indice à 2 dollars pour l'option portant sur un contrat Micro E-mini Nasdaq-100, et à 5 dollars pour celle portant sur un Micro E-mini S&P 500.

ContratValeur d'un pointCalcul pour 100 pointsRésultat par contrat
E-mini Nasdaq-100 (NQ)20 $100 × 20 $2 000 $
Micro E-mini Nasdaq-100 (MNQ)2 $100 × 2 $200 $
E-mini S&P 500 (ES)50 $100 × 50 $5 000 $
Micro E-mini S&P 500 (MES)5 $100 × 5 $500 $

100 points sur le NQ font donc 2 000 dollars par contrat, dans un sens comme dans l'autre, et 200 dollars sur le Micro. Le même calcul donne ton risque avant d'entrer : un stop placé à 40 points sur un MNQ représente 40 × 2 $ = 80 $ par contrat, avant frais, et sur un NQ 40 × 20 $ = 800 $. En Europe, le principe est le même en euros : la fiche d'Eurex sur les futures DAX donne 25 euros par point pour le contrat DAX, 5 euros pour le Mini-DAX et 1 euro pour le Micro-DAX. Notre calculateur de futures fait la conversion pour les contrats les plus tradés.

La marge : comment le levier fonctionne sur les futures

Contrairement à une action, où le levier est une option que t'accorde ton courtier, la marge est structurellement intégrée à tout contrat futures. Le glossaire de la CFTC la définit comme la somme ou la garantie déposée par le client auprès de son courtier, et précise que ce n'est pas un paiement partiel sur un achat. La marge initiale est le montant exigé à l'ouverture de la position, la marge de maintenance celui qui doit rester déposé en permanence : si le compte descend à ce niveau ou en dessous, le courtier émet un appel de marge pour le ramener au niveau initial. Les minimums sont fixés par les bourses, et les sociétés de courtage peuvent en demander davantage, rappelle la fiche de la CFTC pour choisir un courtier en futures.

Un calcul donne l'ordre de grandeur. Prends un Nasdaq-100 à 20 000 points, simple hypothèse de travail : un Micro E-mini porte alors 20 000 × 2 $ = 40 000 $ de valeur notionnelle. La page de Charles Schwab sur les Micro E-mini, source secondaire, indique que la marge peut ne représenter que 5 % à 7 % du notionnel, soit ici 2 000 à 2 800 $, ce qui fait un levier de 14 à 20. Une baisse de 100 points, 0,5 % de l'indice, coûte 100 × 2 $ = 200 $, c'est-à-dire entre 7 % et 10 % du dépôt. Et la perte ne s'arrête pas au dépôt : la même page rappelle qu'on peut perdre plus que la somme investie et que le courtier peut liquider la position sans prévenir pour couvrir un appel de marge.

C'est ce mécanisme qui répond à la question que beaucoup de débutants se posent avant leur premier trade : combien de contrats risquer, et sur quel capital. La bonne approche n'est jamais de trader la totalité de la marge disponible, mais de calculer, comme sur n'importe quel autre marché, un risque en pourcentage du capital total et de convertir ce risque en nombre de contrats via la distance de ton stop et la valeur du tick du contrat concerné.

La marge ne mesure pas ce que tu peux te permettre de trader, elle mesure ce que la bourse et ton courtier exigent pour ouvrir la position. Ton propre risque se calcule séparément, à partir de ton stop, jamais du levier maximal disponible.

Comment se lit un symbole futures

Un symbole futures n'est pas un ticker arbitraire comme celui d'une action, c'est une adresse qui se décompose. Prends ESZ26 : les deux premières lettres, ES, sont la racine du contrat, ici l'E-mini S&P 500. La lettre suivante, Z, désigne le mois de livraison, décembre. Les chiffres de fin donnent l'année, et c'est déjà le premier piège : selon la plateforme et le flux de données, le millésime s'écrit sur deux chiffres (ESZ26) ou sur un seul (ESZ6), les deux formes désignant très exactement le même contrat. Racine, mois, année : c'est la convention que la bourse applique à ses propres contrats. Les logiciels la réécrivent chacun à leur façon, comme tu vas le voir trois lignes plus bas.

La racine est la partie qui se retient. ES pour l'E-mini S&P 500, NQ pour l'E-mini Nasdaq-100, MES et MNQ pour leurs versions micro, GC pour l'or et MGC pour le micro or, CL pour le pétrole brut WTI, 6E pour l'euro contre dollar. Un M devant une racine signale presque toujours un micro-contrat, une convention qui fait gagner du temps quand tu explores un marché nouveau. Méfie-toi en revanche des racines qui commencent par un chiffre, comme 6E ou 6J : ce sont les devises, et beaucoup de plateformes les rangent à part, hors de la liste alphabétique où tu irais les chercher.

Ce qui déroute le plus les débutants, c'est que le même contrat ne s'écrit pas pareil d'un logiciel à l'autre. Certaines plateformes, dont thinkorswim, collent une barre oblique devant la racine (/ES) pour séparer un futures d'une action qui porterait les mêmes lettres. TradingView ajoute un chiffre et un point d'exclamation (ES1!) pour désigner non pas une échéance figée mais le contrat d'échéance la plus proche, mis bout à bout dans le temps, ES2! étant celui d'après. NinjaTrader écrit le mois et l'année en chiffres : son guide sur le changement d'échéance donne l'exemple du passage de « ES 09-16 » à « ES 12-16 ». Cette symbologie flottante n'est qu'un habillage, et la reconnaître évite de journaliser deux instruments là où il n'y en a qu'un, un sujet que notre guide des plateformes de trading futures prolonge côté logiciel. Reste la seule partie que personne ne devine, la lettre du mois.

CodeMoisCodeMois
FJanvierNJuillet
GFévrierQAoût
HMarsUSeptembre
JAvrilVOctobre
KMaiXNovembre
MJuinZDécembre

L'échéance et le rollover

Chaque contrat futures meurt à une date connue d'avance. Les contrats d'indices du CME suivent un cycle trimestriel, mars, juin, septembre et décembre, si bien que les seules lettres de mois que tu verras jamais sur ES ou NQ sont H, M, U et Z, et le contrat s'éteint le troisième vendredi de son mois d'échéance. Ce qui se passe ce jour-là dépend du contrat : un contrat d'indice se règle en espèces, la différence est simplement créditée ou débitée, quand d'autres prévoient une livraison physique. D'après l'EIA, celui qui garde un contrat de pétrole WTI jusqu'à l'expiration doit livrer ou recevoir du brut à Cushing, dans l'Oklahoma, sauf dispositions prises à l'avance. Aucun particulier ne veut se retrouver du mauvais côté de cette seconde clause.

Bien avant l'échéance, le marché déménage. Les traders qui veulent rester exposés ferment leur position sur le contrat courant et la rouvrent sur le suivant : c'est le rollover, et il se fait en masse sur quelques jours, avant l'expiration. Deux notions se confondent ici, autant les séparer une fois pour toutes. Le contrat front, ou contrat d'échéance rapprochée, est celui dont l'expiration est la plus proche : c'est une définition de calendrier, elle ne change qu'à l'expiration. Le contrat sur lequel tu as une raison de travailler est celui qui porte le volume échangé, et pendant les quelques jours du rollover ce ne sont plus les mêmes, le front s'asséchant pendant que le suivant se remplit. Ce que tu cherches n'est donc pas une date mais un croisement : le moment où le volume échangé de l'échéance suivante dépasse celui de l'échéance courante. C'est aussi le point de départ de TradingView pour faire basculer ES1! d'un contrat au suivant : d'après sa page d'aide sur la date de bascule des contrats continus, la condition principale est que le volume quotidien du contrat suivant dépasse celui du contrat courant, mais la règle est fixée une fois pour chaque symbole à partir de moyennes statistiques, par exemple six jours ouvrés avant l'expiration. La série change donc de contrat avant l'expiration, parfois un peu avant ou un peu après le vrai croisement des volumes.

Ce croisement se constate sur le volume échangé des deux échéances mises côte à côte, ou sur le relevé quotidien de volume et d'open interest que publie la bourse. Le carnet d'ordres, lui, ne t'apprendra rien ici : il affiche la taille au repos, pas ce qui s'est réellement traité, et deux échéances ne se comparent pas dans un DOM. Celui qui cherche la date de rollover du contrat Nasdaq cherche en réalité ce croisement de volume sur NQ, et la bourse ne le décrète pas, elle le constate comme tout le monde.

Ce déménagement laisse une trace visible sur les graphiques. Deux contrats sur le même sous-jacent cotent rarement au même prix, parce que le plus lointain intègre le coût de portage de l'actif jusqu'à sa propre échéance. Sur un indice, ce coût vaut le financement moins les dividendes attendus d'ici là, si bien que l'écart joue dans les deux sens : l'échéance lointaine peut coter au-dessus de la proche comme en dessous, selon lequel des deux termes l'emporte. Le glossaire de la CFTC nomme les deux situations : contango quand les échéances suivantes cotent progressivement plus haut que la plus proche, backwardation quand les échéances éloignées cotent progressivement plus bas. Quand ton logiciel passe d'un contrat à l'autre, cet écart apparaît d'un bloc, sans qu'aucune transaction n'ait eu lieu à ce niveau. Deux traitements existent alors, et savoir lequel tu as sous les yeux change ta lecture.

Par défaut, TradingView laisse le trou visible : sur un ES1! sorti d'usine, tu vois un gap au raccord et, avant lui, des prix qui ont réellement existé. D'après sa page d'aide sur l'ajustement rétroactif, le bouton B-ADJ en bas du graphique, ou la case « Adjust for contracts changes » dans les réglages, active cet ajustement, désactivé au départ : la plateforme décale alors les contrats précédents de l'écart entre les clôtures du nouveau et de l'ancien contrat au raccord, ce qui donne une courbe continue, commode pour lire une tendance longue, mais dont les prix anciens ne sont plus des prix qui ont été traités. Un niveau relevé sur un historique ajusté ne correspond donc à rien dans le marché d'aujourd'hui. Même sans ajustement, un niveau tracé avant un rollover se renote sur le contrat en cours plutôt qu'il ne se reporte tel quel. La même vigilance vaut quand tu relis une série de trades étalée sur plusieurs échéances, un sujet que prolonge notre guide du journal de trading futures.

Futures et forwards : la confusion la plus fréquente

Les deux mots traduisent la même idée, un engagement à échanger plus tard, ce qui explique qu'on emploie l'un pour l'autre. La mécanique diverge pourtant sur le point qui compte le plus : qui garantit que l'autre partie paiera. Un futures se négocie en bourse, et une chambre de compensation s'interpose entre l'acheteur et le vendeur : le glossaire de la CFTC décrit la compensation comme la procédure par laquelle elle devient l'acheteur de chaque vendeur et le vendeur de chaque acheteur. Un forward est un accord de gré à gré entre deux parties qui se font face directement, sans intermédiaire, chacune portant le risque que l'autre fasse défaut.

FuturesForward
StandardisationTaille, échéance et tick fixés par la bourseChaque clause négociée sur mesure
Lieu de négociationUn marché organisé, prix publicDe gré à gré, prix connu des deux seules parties
Garantie de paiementUne chambre de compensation s'interposeAucune, chacun porte le risque de l'autre
Pertes et gainsRéglés chaque jour, débités ou crédités sur le compteRéglés en une fois, à l'échéance
Sortie avant termeUn ordre inverse, compensé aussitôtRenégociation avec la contrepartie, ou rien

Ce tableau explique pourquoi le forward n'est pas un instrument de trading actif. Le glossaire de la CFTC le décrit comme une transaction courante dans le négoce, où un acheteur et un vendeur commerciaux conviennent de livrer une marchandise à une date future, avec des clauses plus personnalisées que celles d'un contrat futures standardisé. Une fois signé, il n'existe que pour ses deux signataires, et en sortir suppose de convaincre l'autre de renégocier. Il n'a pas non plus de prix affiché, donc aucun moyen de savoir ce qu'il vaut aujourd'hui sans le calculer soi-même. Ces contrats servent à figer un prix ou un taux de change sur une livraison ou une facture précise, pas à entrer et sortir dans la séance.

La différence entre futures et forwards a aussi une conséquence quotidienne que les débutants découvrent tard : le règlement journalier. Sur un futures, ta perte latente est prélevée chaque soir sur ton compte et ton gain latent y est versé, ce qui t'interdit d'ignorer une position qui va contre toi, elle te coûte du cash tous les jours. Sur un forward, rien ne bouge jusqu'à l'échéance, et toute la perte tombe d'un coup à la fin. Ce règlement quotidien passe pour une contrainte, c'est en réalité le mécanisme qui empêche une perte de s'accumuler en silence jusqu'à devenir impayable, pour toi comme pour ta contrepartie.

Les erreurs fréquentes des débutants en futures

La première erreur, la plus coûteuse, est de dimensionner sa position sur la marge disponible plutôt que sur son stop loss. Parce que la marge initiale d'un micro-contrat peut sembler faible, un débutant ouvre plusieurs contrats simplement parce que son compte le permet, sans avoir calculé la perte réelle si son stop est touché. Le nombre de contrats doit toujours découler du risque accepté en argent, jamais de la marge disponible.

La deuxième erreur est de trader, sans le savoir, un contrat proche de son échéance, faute d'avoir lu la lettre de mois dans son symbole. Les spreads s'élargissent, la liquidité se dégrade, et rien dans l'écran ne prévient : c'est au trader de regarder. Les deux sections précédentes donnent la grille de lecture et le repère de bascule.

La troisième erreur, plus subtile, est de sous-estimer l'impact des horaires de marché. D'après la fiche de Charles Schwab sur l'E-mini Nasdaq, le contrat cote du dimanche 18 h au vendredi 17 h, heure de New York, avec une pause de maintenance d'une heure chaque jour, ce qui donne l'impression d'un marché ouvert en continu. Le volume, lui, n'est pas réparti également sur ces heures : sur une plage creuse, le carnet est plus mince et les mouvements plus erratiques. Regarde le volume de ton contrat heure par heure avant de choisir tes fenêtres.

Comment Tradoshi t'aide sur les futures

Que tu débutes sur un micro-contrat d'indice ou que tu élargisses vers les matières premières, Tradoshi centralise tes trades futures dans un journal qui calcule ton risque réel par contrat, sans que tu aies à rechercher la valeur de tick à chaque position.

Tes trades sur l'indice US30 isolés dans le journal, chacun avec son risque, son R et son résultat.
Tes trades sur l'indice US30 isolés dans le journal, chacun avec son risque, son R et son résultat.

Questions fréquentes

C'est quoi un contrat futures, en une phrase ?

Un contrat futures est un accord standardisé qui t'engage à acheter ou vendre un actif à un prix fixé aujourd'hui, à une date future précise, sans que tu possèdes jamais l'actif sous-jacent.

Quelle est la différence entre un micro et un mini contrat futures ?

Un micro-contrat représente en général un dixième de la taille d'un contrat mini ou standard équivalent, avec une marge et une valeur de tick réduites dans les mêmes proportions. Il permet de trader avec un risque réel mais contenu, plutôt qu'en simulation indéfiniment.

Les futures sont-ils soumis à la règle du pattern day trader ?

Non. La règle du pattern day trader relève de la FINRA et vise les comptes sur marge en titres chez les courtiers américains ; les futures relèvent de la CFTC et de leurs propres marges. La FINRA annonce d'ailleurs son remplacement par des exigences de marge intrajournalières, sans minimum de 25 000 $, à compter du 4 juin 2026, avec une période de transition laissée aux courtiers jusqu'au 20 octobre 2027.

Comment sont taxés les gains sur futures aux États-Unis ?

Aux États-Unis, les contrats à terme réglementés relèvent de la section 1256 du code fiscal, avec un régime dit 60/40. D'après la publication 550 de l'IRS, 60 % du gain ou de la perte est traité comme à long terme et 40 % comme à court terme, quelle que soit la durée réelle de détention, et un contrat encore ouvert en fin d'année est traité comme vendu à sa valeur de marché. Ce traitement diffère de celui des actions et mérite d'être vérifié avec un fiscaliste selon ta situation, d'autant qu'il ne dit rien de l'impôt dans ton pays de résidence.

Que signifient les codes de mois sur un contrat futures (H, M, U, Z) ?

Chaque lettre désigne un mois de livraison standardisé par la bourse : H pour mars, M pour juin, U pour septembre, Z pour décembre, entre autres. Un contrat comme ESZ26 désigne donc le contrat E-mini S&P 500 à échéance décembre 2026.

Peut-on trader les futures en compte de démonstration avant de risquer du capital réel ?

Oui, et c'est un bon point de départ. NinjaTrader, par exemple, indique que sa plateforme reste gratuite pour la simulation. Vérifie simplement quelles données de marché sont incluses et pour combien de temps, cela varie d'un fournisseur à l'autre, et garde en tête qu'un compte de simulation ne reproduit ni le glissement ni la pression d'une position réelle.

Quelle est la différence entre un contrat futures et un contrat forward ?

Les deux sont des contrats à terme, mais le futures est standardisé par une bourse et garanti par une chambre de compensation qui s'interpose entre l'acheteur et le vendeur, avec des pertes et gains réglés chaque jour sur le compte. Le forward est un accord de gré à gré, taillé sur mesure entre deux parties, sans garantie centrale, sans prix public et sans marché de revente. C'est pourquoi le forward sert à couvrir une livraison ou une facture précise, pas à trader dans la séance.

C'est quoi le rollover d'un contrat futures ?

Le rollover est le déplacement du volume échangé du contrat qui arrive à échéance vers le contrat suivant. Les traders qui veulent rester exposés ferment leur position sur l'un et la rouvrent sur l'autre, en masse, dans les jours qui précèdent l'expiration. Concrètement, tu bascules quand le volume a basculé, en comparant le volume échangé des deux échéances, et tu ne laisses jamais une position franchir la date d'échéance.

Pourquoi le même contrat s'écrit-il /ES, ES1! ou ES 12-26 selon la plateforme ?

Parce que chaque logiciel habille la même référence de bourse à sa façon. La barre oblique sépare un futures d'une action homonyme, la notation ES1! de TradingView désigne le contrat d'échéance la plus proche plutôt qu'une échéance figée, et NinjaTrader écrit le mois et l'année en clair. Ce sont trois écritures d'un même instrument, à ne pas journaliser comme trois symboles distincts.

Combien valent 100 points sur le Nasdaq en futures ?

Sur l'E-mini Nasdaq-100 (NQ), un point vaut 20 dollars : 100 points font 100 × 20 $ = 2 000 $ par contrat, en gain comme en perte. Sur le Micro E-mini (MNQ), un point vaut 2 dollars, soit 100 × 2 $ = 200 $ par contrat. Multiplie ensuite par le nombre de contrats, et retire les frais.

Peut-on perdre plus que son dépôt sur les futures ?

Oui. La CFTC écrit que beaucoup de particuliers perdent tout leur argent et peuvent être tenus de payer plus que ce qu'ils avaient investi au départ. La marge est un dépôt de garantie, pas un plafond de perte : c'est ton stop et le nombre de contrats qui bornent ton risque, et un stop ne garantit pas le prix d'exécution.