Chaikin Money Flow (CMF) : calcul et limites

Le Chaikin Money Flow, ou CMF, est un indicateur de trading qui mesure, sur une fenêtre de 20 ou 21 bougies, si le volume s'est échangé sur des bougies qui clôturent plutôt près de leur plus haut ou plutôt près de leur plus bas. Il oscille entre −1 et +1 autour d'une ligne zéro. Il porte le nom de son auteur, l'analyste Marc Chaikin. C'est un indicateur de volume : il dépend donc d'un volume réel, ce que la leçon sur la méthode Wyckoff et la VSA lit bougie par bougie et que le profil de volume range par niveau de prix. Comme le Relative Vigor Index, il regarde où la clôture se place dans la bougie, mais il pondère cette place par le volume. Cette leçon donne sa formule exacte, refaite à la main sur cinq bougies, les réglages des plateformes, la lecture de la ligne zéro, puis ce que l'indicateur ne voit pas.

Chaikin Money Flow : définition, ce qu'il mesure et ce qu'il ne mesure pas

Le CMF pose deux questions à chaque bougie : où a-t-elle clôturé entre son plus bas et son plus haut, et combien de volume a-t-elle porté ? Une clôture dans la moitié haute de la bougie compte son volume en positif, une clôture dans la moitié basse le compte en négatif. L'indicateur additionne ces volumes signés sur la fenêtre et les rapporte au volume total. La page de ChartSchool, l'école de StockCharts, sur le Chaikin Money Flow le présente ainsi : développé par Marc Chaikin, il mesure la quantité de volume de flux monétaire (Money Flow Volume) sur une période donnée.

L'aide de TradingView sur le Chaikin Money Flow le rattache à deux autres indicateurs du même auteur, l'oscillateur de Chaikin et la ligne d'accumulation/distribution. Le lien est direct : ChartSchool précise que le même volume de flux monétaire, cumulé sans fenêtre au lieu d'être sommé sur 20 bougies, donne la ligne d'accumulation/distribution.

Deux précisions. Le nom parle de flux d'argent, mais le calcul ne voit aucun compte ni aucun ordre : il ne connaît que quatre nombres par bougie, le plus haut, le plus bas, la clôture et le volume. « Pression acheteuse » et « pression vendeuse » sont donc une interprétation de la place de la clôture, pas une mesure de qui a acheté. Et le CMF ne compare jamais une clôture à la précédente : une bougie peut clôturer plus haut que la veille et compter en négatif, ce qui est sa principale limite, détaillée plus bas.

La formule du CMF, en trois étapes

ChartSchool et TradingView écrivent la même formule, en trois étapes.

Étape 1 : le multiplicateur de flux monétaire. Multiplicateur = [(clôture − plus bas) − (plus haut − clôture)] ÷ (plus haut − plus bas). Il vaut +1 quand la bougie clôture à son plus haut, −1 quand elle clôture à son plus bas, 0 quand elle clôture exactement au milieu. Il est positif dans la moitié haute de la bougie, négatif dans la moitié basse.

Étape 2 : le volume de flux monétaire. Volume de flux monétaire = multiplicateur × volume de la bougie. Une bougie de 2 000 titres qui clôture aux trois quarts de son amplitude a un multiplicateur de +0,5 et compte pour +1 000.

Étape 3 : le rapport sur la fenêtre. CMF sur 20 périodes = somme des volumes de flux monétaire des 20 dernières bougies ÷ somme des volumes des 20 dernières bougies. Le résultat reste entre −1 et +1. Pour toucher +1, il faudrait que toutes les bougies de la fenêtre clôturent à leur plus haut : en pratique, l'indicateur passe l'essentiel de son temps près de zéro.

Un cas que la formule ne règle pas. Si une bougie a un plus haut égal à son plus bas, l'étape 1 divise par zéro. Les deux pages lues ne disent pas comment ce cas est traité : sur un marché peu actif ou une unité de temps très courte, vérifie ce que ta plateforme affiche.

Un exemple refait à la main, sur cinq bougies

Les prix et les volumes sont inventés, et la période est de 5 au lieu de 20 pour que le calcul tienne en quelques lignes. Voici les cinq bougies, dans l'ordre plus haut, plus bas, clôture, volume. Bougie 1 : 102, 98, 101, 1 000. Bougie 2 : 104, 100, 103, 1 500. Bougie 3 : 105, 101, 102, 2 000. Bougie 4 : 104, 100, 104, 1 200. Bougie 5 : 106, 102, 103, 800.

Les multiplicateurs. Bougie 1 : [(101 − 98) − (102 − 101)] ÷ (102 − 98) = (3 − 1) ÷ 4 = +0,5. Bougie 2 : (3 − 1) ÷ 4 = +0,5. Bougie 3 : (1 − 3) ÷ 4 = −0,5. Bougie 4, qui clôture à son plus haut : (4 − 0) ÷ 4 = +1. Bougie 5 : (1 − 3) ÷ 4 = −0,5.

Les volumes de flux monétaire. +0,5 × 1 000 = +500 ; +0,5 × 1 500 = +750 ; −0,5 × 2 000 = −1 000 ; +1 × 1 200 = +1 200 ; −0,5 × 800 = −400. Leur somme vaut 500 + 750 − 1 000 + 1 200 − 400 = 1 050. La somme des volumes vaut 1 000 + 1 500 + 2 000 + 1 200 + 800 = 6 500.

Le CMF à 5 périodes. 1 050 ÷ 6 500 = +0,16. Le chiffre est positif, mais modeste : la bougie 3, la plus lourde en volume, a clôturé dans sa moitié basse et retire 1 000 à elle seule.

Une sixième bougie, avec un écart. Le marché ouvre en forte hausse : plus haut 112, plus bas 108, clôture 108, volume 3 000. La clôture est cinq points au-dessus de celle de la bougie 5, mais elle est au plus bas de sa propre bougie : multiplicateur −1, volume de flux monétaire −3 000. La fenêtre de 5 glisse, la bougie 1 sort. Nouvelle somme : 750 − 1 000 + 1 200 − 400 − 3 000 = −2 450, pour un volume de 8 500. Le CMF tombe à −0,29 alors que le prix vient de gagner cinq points.

Les réglages du CMF : 20 ou 21 périodes

Un seul réglage : la longueur de la fenêtre. ChartSchool écrit que la somme porte sur une période donnée, en général 20 ou 21 jours, et que l'outil graphique de StockCharts ajoute l'indicateur avec 20 périodes par défaut. L'aide de TradingView écrit sa formule sur 21 périodes. La différence tient à une convention : un mois compte à peu près 20 ou 21 séances de bourse.

Ce que change la longueur. Une fenêtre courte réagit plus vite et franchit zéro plus souvent ; une fenêtre longue lisse davantage et réagit plus tard. C'est le même compromis que pour une moyenne mobile ou pour l'ATR. Aucune des deux sources lues ne compare plusieurs longueurs ni ne désigne un réglage comme meilleur qu'un autre.

Le volume, lui, ne se règle pas. Sur une action ou un contrat à terme, le volume vient de la bourse. Sur le forex au comptant, il n'existe pas de volume centralisé : ta plateforme affiche un volume de ticks, comme l'explique la leçon sur le marché des changes. Le CMF se calcule quand même, mais sur un compte de changements de prix vu par un seul courtier, pas sur des quantités échangées.

Lire le CMF : ligne zéro, seuils et tendance

Au-dessus ou en dessous de zéro. Pour ChartSchool, un passage en territoire positif indique une pression acheteuse et un passage en territoire négatif une pression vendeuse. TradingView l'écrit autrement : plus le CMF est proche de 1, plus la pression acheteuse est forte ; plus il est proche de −1, plus la pression vendeuse l'est. En clair : au-dessus de zéro, sur la fenêtre, le volume s'est davantage échangé sur des bougies qui clôturent dans leur moitié haute.

Le croisement de la ligne zéro. ChartSchool y lit un changement dans la pression acheteuse ou vendeuse ; TradingView écrit qu'il peut annoncer un retournement de tendance, et ajoute aussitôt que des croisements brefs se produisent et donnent de faux signaux. Les deux sources proposent le même filtre : remplacer zéro par deux seuils, +0,05 pour la lecture haussière et −0,05 pour la lecture baissière. Ces valeurs sont un exemple donné par les sources, pas le résultat d'une mesure.

La confirmation d'une tendance. TradingView décrit l'usage le plus courant : dans une tendance haussière, un CMF qui reste au-dessus de zéro peut indiquer que la hausse se poursuit, et l'inverse dans une tendance baissière. Le CMF ne trouve donc pas la tendance, il l'accompagne : le sens se lit d'abord sur le prix, par exemple avec le MACD ou la structure du graphique.

Aucune de ces lectures n'est un ordre d'achat ou de vente. Ce sont des conventions, à tester sur ton marché, ton unité de temps et ta longueur de fenêtre, avec la méthode de l'article backtester une stratégie sans se mentir.

Les limites du Chaikin Money Flow

Il ne voit pas les écarts. C'est la limite que les deux sources écrivent. Le multiplicateur ne regarde que la place de la clôture dans l'amplitude de la bougie, jamais la variation d'une clôture à l'autre. Après un gap, écrit ChartSchool, le CMF peut se déconnecter du prix ; TradingView dit que l'écart n'est tout simplement pas pris en compte. La sixième bougie de l'exemple le montre : cinq points de hausse, et un CMF qui passe de +0,16 à −0,29.

Il bouge quand une bougie sort de la fenêtre. Le CMF est une somme glissante : chaque nouvelle bougie en chasse une ancienne. Si la bougie qui sort portait un gros volume, l'indicateur saute sans que rien de nouveau ne se soit produit sur le marché. Avant de lire un mouvement brusque, regarde ce qui vient de quitter la fenêtre.

Il vaut ce que vaut le volume. Volume de ticks sur le forex au comptant, volume d'une seule plateforme sur beaucoup de cryptomonnaies, volume partiel hors séance : le CMF ne peut pas être plus fiable que le chiffre qu'on lui donne.

Près de zéro, les croisements se multiplient. TradingView l'écrit, et les seuils à ±0,05 n'en retirent qu'une partie. La même page conclut que le CMF fonctionne bien quand il est associé à d'autres indicateurs. Aucune des deux pages lues ne publie de mesure de ses signaux : ni taux de réussite, ni comparaison de réglages. Si tu l'utilises, note dans ton journal ce que le CMF disait à l'entrée, et laisse tes propres trades dire s'il t'apporte quelque chose.

Questions fréquentes

C'est quoi le CMF en trading ?

CMF est le sigle de Chaikin Money Flow, un indicateur de volume créé par l'analyste Marc Chaikin. Il additionne, sur 20 ou 21 bougies, le volume des bougies pondéré par la place de leur clôture entre le plus bas et le plus haut, puis divise par le volume total. Il oscille entre −1 et +1 autour de zéro.

Comment se calcule le Chaikin Money Flow ?

Multiplicateur = [(clôture − plus bas) − (plus haut − clôture)] ÷ (plus haut − plus bas). Volume de flux monétaire = multiplicateur × volume. CMF = somme des volumes de flux monétaire sur la fenêtre ÷ somme des volumes sur la même fenêtre.

Quelle période choisir pour le CMF ?

ChartSchool parle de 20 ou 21 jours en général et l'outil de StockCharts règle 20 par défaut ; l'aide de TradingView écrit sa formule sur 21 périodes. Aucune des deux sources ne désigne une longueur comme meilleure qu'une autre : plus courte, elle réagit plus vite et croise zéro plus souvent.

Que veut dire un CMF positif ou négatif ?

Positif : sur la fenêtre, le volume s'est davantage échangé sur des bougies qui clôturent dans leur moitié haute, ce que les sources appellent pression acheteuse. Négatif : l'inverse, la pression vendeuse. Ce n'est pas un sens de tendance : après un écart d'ouverture, le CMF peut être négatif alors que le prix monte.

Le CMF fonctionne-t-il sur le forex ?

Il se calcule, mais sur un volume de ticks : le forex au comptant n'a pas de volume centralisé, et ta plateforme compte les changements de prix vus par ton courtier. Le résultat ne mesure donc pas des quantités échangées, et il peut différer d'un courtier à l'autre.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Chaikin Money Flow (CMF) est un indicateur de volume : il pondère le volume de chaque bougie par la place de sa clôture entre le plus bas et le plus haut.
  • Trois étapes : multiplicateur de −1 à +1, multiplié par le volume, puis somme sur 20 ou 21 bougies divisée par la somme des volumes.
  • Il oscille autour de zéro ; les sources proposent des seuils à +0,05 et −0,05 pour filtrer les croisements brefs, à titre d'exemple.
  • Il ne compare jamais deux clôtures : après un écart d'ouverture, il peut baisser pendant que le prix monte.
  • Il vaut ce que vaut le volume affiché, et aucune des sources lues ne publie de mesure de ses signaux.

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