Un profil de volume range les volumes échangés par niveau de prix et non par unité de temps. Là où un graphique classique répond à « combien a-t-on traité entre 9 h et 10 h », le profil répond à « combien a-t-on traité entre 1,0955 et 1,0960 », ce qui n'est pas la même question.
Les volumes rangés par niveau de prix
Sommaire
Un profil de volume prend toutes les transactions d'une période et les empile par prix. Le résultat est un histogramme horizontal posé à côté du graphique : plus la barre est longue, plus le marché a échangé à ce prix-là. C'est une information qu'un graphique en bougies ne contient nulle part, puisqu'il range tout par temps.
Le prix qui porte la plus longue barre s'appelle le point de contrôle, souvent abrégé POC. C'est là que le plus de positions se sont constituées, donc là où le plus de monde a quelque chose à défendre ou à corriger. Le raisonnement s'arrête là, et il suffit : un prix où beaucoup de monde a traité est un prix que beaucoup de monde regarde.
L'inverse est aussi lisible. Les niveaux presque vides, appelés low volume nodes, sont des prix que le marché a franchis sans s'arrêter. Quand il y revient, il a tendance à les traverser vite, faute de quoi que ce soit pour le retenir. Notre leçon sur le flux d'ordres et le profil de volume traite la méthode complète.
Profil = pour chaque niveau de prix, la somme des volumes qui s'y sont échangés sur la période
La période est un choix, et elle change tout : profil de la séance, de la semaine, ou d'un mouvement précis ne donnent pas les mêmes niveaux.
La finesse des paliers est un second réglage. Trop fine, la lecture devient du bruit ; trop grossière, le point de contrôle se déplace.
Sur le Forex, il n'existe pas de volume central : chaque courtier publie le sien, calculé sur ses propres clients. Deux profils du même jour chez deux courtiers ne sont pas comparables, et c'est une limite de nature, pas de réglage.
| Ce que montre le profil | Comment ça se lit |
|---|---|
| Un pic net, le point de contrôle | Beaucoup de positions au même prix. Le niveau le plus regardé de la période. |
| Un niveau presque vide | Le marché y est passé sans traiter. Il a tendance à le retraverser vite. |
| Un profil en cloche | Séance équilibrée, les prix extrêmes ont été refusés. Marché en range. |
| Une forme en P | Le volume s'est concentré en haut. Souvent une hausse qui s'est arrêtée et consolide. |
| Une forme en b | Le volume s'est concentré en bas. Le symétrique du P, après une baisse. |
Les formes en P et en b sont la partie la plus citée et la plus mal employée. Elles décrivent où le volume s'est concentré, en haut ou en bas de la séance, et rien de plus. Un profil en P n'annonce pas une baisse : il dit qu'un mouvement haussier s'est arrêté et que des positions se sont accumulées près du sommet. Ce qui arrive ensuite ne se lit pas dans la forme.
La lecture réellement utile est plus terre-à-terre : le point de contrôle et les niveaux creux donnent des prix, et des prix se comparent à ce que fait le marché après. Une forme se raconte, un niveau se vérifie, et seul le second se met dans un journal.
Le point de contrôle de la séance est 1,0960, et il concentre presque la moitié de l'activité. À l'autre bout, 1,0920 n'a presque rien vu passer : c'est un niveau que le prix a de bonnes chances de traverser sans s'arrêter s'il y revient. Ces deux informations viennent du même calcul, et aucun graphique en bougies ne les contient.
C'est l'apport principal du profil, et il est réel : le point de contrôle et les zones creuses n'apparaissent sur aucun graphique en bougies. Ce sont des niveaux supplémentaires, obtenus sans indicateur ni réglage, à partir de données que la plateforme possède déjà.
Leur qualité tient à leur origine. Un niveau de profil ne vient pas d'une formule appliquée au prix, il vient de ce qui s'est réellement échangé. C'est ce qui le distingue de la plupart des indicateurs, qui recalculent le prix par le prix.
Un niveau creux au-dessus du prix actuel est un endroit que le marché traverse vite, donc un mauvais endroit où viser une sortie. Un point de contrôle, au contraire, est un endroit où le prix ralentit souvent. Le profil sert donc surtout à placer des cibles réalistes, et cet usage se mesure très bien.
C'est aussi l'usage le plus honnête vis-à-vis des limites de l'outil : viser un niveau n'exige pas de croire qu'il tiendra, seulement qu'il sera atteint.
Le défaut le plus sérieux concerne le Forex, et il est structurel. Il n'y a pas de marché central, donc pas de volume de marché : ce que ton profil affiche est le volume de ton courtier, parfois même un simple nombre de ticks. Deux traders chez deux courtiers voient deux profils différents du même jour, et aucun des deux ne décrit ce que le marché a fait. Sur les futures, où le volume est central, le problème n'existe pas.
Le deuxième est la période choisie, presque toujours laissée par défaut. Un profil de séance, un profil hebdomadaire et le profil d'un mouvement donnent trois points de contrôle différents, et chacun a l'air convaincant seul. Sans règle écrite sur la période, on regarde celui qui confirme.
Le troisième est le discours sur les formes. Un profil en P raconte bien, se reconnaît vite et ne prédit rien. Les niveaux, eux, se vérifient. Une méthode fondée sur les formes ne produit pas de statistique parce qu'elle ne produit pas de prix : il n'y a rien à comparer après coup.
L'erreur classique. Lire un profil Forex comme un profil de futures. Sur un marché sans chambre centrale, le volume affiché n'est pas celui du marché mais celui de ton courtier, et deux traders chez deux courtiers voient deux profils différents du même jour. Les conclusions tirées d'un tel profil ne se transposent nulle part.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Profil de volume | Les volumes rangés par prix sur une période | Où le marché a le plus traité | Placer des cibles, repérer les zones creuses |
| DOM | Le carnet d'ordres affiché verticalement | Les ordres en ATTENTE, à un instant donné | Voir une intention affichée, pas un fait |
| Footprint | Chaque bougie ouverte en deux colonnes | Ce qui s'est RÉELLEMENT exécuté, par niveau | Lire l'agressivité à l'intérieur d'une bougie |
| Volume classique | Le volume total sous chaque bougie | Combien a été traité par unité de TEMPS | Repérer une bougie anormalement active |
Ouvre les réglages de ton profil et vérifie si la source est un volume réel ou un nombre de ticks. Ça ne rend pas l'outil inutile, mais ça change ce qu'on peut en dire : un profil de ticks décrit l'activité de ton courtier, pas celle du marché, et il ne se compare à rien d'extérieur. Sur les futures, la question ne se pose pas.
Profil de séance, profil hebdomadaire, profil d'un mouvement : choisis, écris-le, applique-le. Le point de contrôle se déplace d'un profil à l'autre, donc trois profils affichés en même temps garantissent qu'un niveau confirmera toujours ce qu'on pensait déjà.
C'est l'usage le plus facile à mesurer et le plus rapide à valider. Note la cible visée et compare-la à ce que le trade a réellement rapporté : si tes sorties au point de contrôle sont plus souvent atteintes que tes sorties arbitraires, tu viens de vérifier quelque chose au lieu de le croire.
C'est un histogramme qui range les volumes échangés par niveau de prix au lieu de les ranger par unité de temps. Il montre à quels prix le marché a le plus traité pendant une période, information qu'un graphique en bougies ne contient nulle part.
C'est le prix qui porte le plus gros volume de la période, autrement dit la plus longue barre du profil. C'est là que le plus de positions se sont constituées, donc le niveau le plus surveillé, et il sert le plus souvent de cible plutôt que d'entrée.
Les niveaux qu'il fournit sont réels et ne se trouvent pas ailleurs, ce qui est déjà une valeur. Mais une stratégie de profil de volume ne se juge pas dans l'abstrait : elle dépend du marché, de la période choisie et surtout de la source du volume. Sur les futures, où le volume est central, le raisonnement tient ; sur le Forex, le profil décrit ton courtier et rien d'autre.
Un profil en P a son volume concentré en haut : un mouvement haussier s'est arrêté et des positions se sont accumulées près du sommet. Un profil en b est son symétrique, après une baisse. Ces formes décrivent où le volume s'est posé, elles n'annoncent pas la suite, et c'est l'erreur la plus fréquente à leur sujet.
Pas de la même façon. Le Forex n'a pas de marché central, donc pas de volume de marché : ce que tu vois est le volume de ton courtier, et parfois un simple comptage de ticks. L'outil reste utilisable pour situer l'activité de ton propre flux, mais les niveaux ne se comparent à ceux de personne d'autre, contrairement aux futures.
Tradoshi n'affiche pas de profil de volume, et il faut le dire clairement plutôt que de le laisser croire : c'est un journal, il enregistre ce qui a été exécuté sur ton compte, pas la répartition des volumes du marché. Ce qu'il fait, c'est répondre à la question d'après, celle de savoir si tes niveaux de profil te rapportent quelque chose.
L'outil pour ça est le MFE, le gain latent maximum atteint avant la clôture, affiché dans l'écran Rapports. Si tu vises le point de contrôle comme cible, le MFE dit si le prix y arrivait vraiment ou si tu es sorti avant, et l'écart entre le MFE moyen et le gain moyen encaissé chiffre exactement ce que tu laisses au marché. Étiquette ces trades et le bloc Performance par étiquette de l'écran Journal les isole du reste.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.