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Spotware lance cAntifraud, réseau antifraude des courtiers et prop firms

Spotware Systems, l'éditeur chypriote de cTrader, a lancé le 4 novembre 2026 cAntifraud, un service payant de détection de fraude qui relie courtiers et prop firms dans un réseau d'alertes commun. Ouvert aussi aux firmes sous MT5, l'outil pourrait faire circuler d'une société à l'autre des signalements visant certains traders, sans que ceux-ci sachent si leur firme y participe.

La rédaction Tradoshi, sous la direction de Benjamin Roure L'HermittePublié le ·Mis à jour le
Illustration : bâtiments reliés par des lignes lumineuses où circule un signal d'alerte, avec un cadenas sur des documents vierges et une loupe.

Spotware Systems, la société chypriote qui édite la plateforme cTrader, a lancé le 4 novembre 2026 cAntifraud, un service de détection de fraude destiné aux courtiers et aux prop firms. Son principe repose sur la mise en commun : les sociétés participantes partagent leurs signaux de risque au sein d'un même réseau et, lorsqu'un membre repère une menace potentielle, le système en avertit immédiatement les autres. Le communiqué de l'éditeur, publié en contenu sponsorisé par FinanceFeeds, a été repris par Finance Magnates et FX News Group.

Un même réseau pour les courtiers et les prop firms

La particularité du dispositif tient à son périmètre : courtiers et prop firms appartiennent au même réseau. L'analyse démarre dès l'ouverture du compte, y compris pendant les contrôles KYC initiaux, puis se poursuit pendant toute l'activité de trading. Selon Spotware, elle porte sur le moment des exécutions, les liens entre comptes et les signes d'activité coordonnée. « L'abus de trading ne s'arrête pas aux limites d'une seule firme », a déclaré Pavel Demin, directeur général de cAntifraud chez Spotware.

Le service n'est pas réservé à l'écosystème cTrader. Il se connecte à MetaTrader 5 et à d'autres plateformes, ainsi qu'à des bridges de liquidité et à des CRM, par l'intermédiaire d'une API universelle. Il peut fonctionner seul ou avec cBridge, le bridge de liquidité à prix fixe de Spotware. Le prix de base est fixé à 999 dollars par mois, ramené à 250 dollars par mois pour les firmes qui adhèrent avant le 31 décembre 2026, avec un tarif bloqué pendant douze mois à compter de l'adhésion. L'offre comprend aussi des outils d'évaluation financière, dont une estimation de l'exposition aux paiements (payout exposure) et une note de risque attribuée à chaque trader.

De l'arbitrage de latence au « challenge farming »

Côté courtiers, l'outil cible l'abus de commissions versées aux apporteurs d'affaires (IB), l'arbitrage de latence, les multi-comptes, la couverture entre courtiers et l'exploitation des bonus. Le communiqué et le site du produit citent également l'abus de copy trading, le trading coordonné et l'exploitation de la protection contre le solde négatif.

Côté prop firms, cAntifraud vise le « challenge farming », la couverture réalisée hors de la firme et les violations des règles de trading, ainsi que les multi-comptes et l'arbitrage de latence. La page consacrée aux prop firms met en avant un contrôle automatisé des règles du challenge pendant le trading, sans attendre la revue manuelle effectuée avant le paiement.

Spotware affirme que son service maintient la fraude sous 0,08 % du volume d'activité et peut signaler une activité suspecte en 15 minutes. Ces chiffres émanent de l'éditeur : ni la méthode de calcul, ni la période observée, ni la définition du volume retenu n'ont été publiées.

Des garanties annoncées, des questions ouvertes

Selon Spotware, les données échangées sont chiffrées et anonymisées, et chaque société ne voit que ses propres données, sans accès aux informations clients des autres membres. L'éditeur présente le service comme entièrement conforme au RGPD. Il précise que cAntifraud ne bloque pas automatiquement les traders et ne décide pas de l'approbation d'un paiement : l'outil fournit des éléments, et ce sont les équipes de risque des firmes qui tranchent. Spotware ajoute qu'un trading rentable et légitime ne constitue pas en soi un motif d'action, l'outil visant les signes d'abus.

Plusieurs points n'ont pas été précisés. Les membres du réseau ne sont pas nommés et sa taille n'a pas été communiquée. Le communiqué ne détaille ni la nature des données personnelles échangées, ni leur durée de conservation, ni la base légale retenue au titre du RGPD, ni la manière dont des comptes peuvent être reliés d'une firme à l'autre alors que les données sont présentées comme anonymisées. Il ne décrit pas non plus de procédure permettant à un trader signalé d'en être informé ou de contester le signalement.

Ce que cela change pour les traders

cAntifraud est vendu aux entreprises : un trader n'y adhère pas lui-même, c'est sa firme qui choisit d'en faire partie, sans être tenue de l'annoncer. En l'absence de liste publique des membres, un client ne peut pas savoir si son courtier ou sa prop firm participe au réseau. Les utilisateurs de MT5 seraient concernés au même titre que ceux de cTrader, puisque l'API permet à des firmes utilisant d'autres plateformes de s'y raccorder.

Le fonctionnement en réseau implique qu'un comportement signalé chez une firme pourrait attirer l'attention des équipes de risque d'autres sociétés membres, la décision finale (refus de paiement, clôture de compte) restant à chacune d'elles. Comme l'analyse peut commencer dès l'inscription et le KYC, cette vigilance s'exercerait avant même la première position. Pour les traders de prop firms, la surveillance des règles pendant le trading pourrait faire apparaître une violation avant la demande de paiement, plutôt qu'au moment de la revue du payout.

Les pratiques visées (couverture entre comptes ou entre firmes, multi-comptes, arbitrage de latence, copy trading abusif, trading coordonné, challenge farming, abus de bonus ou de la protection contre le solde négatif) gagneraient à être rapprochées des conditions générales de chaque firme. Les clients concernés ont intérêt à consulter la politique de confidentialité de leur courtier ou de leur prop firm pour vérifier si elle mentionne un partage de données avec des prestataires antifraude. Dans l'Union européenne, les droits prévus par le RGPD permettent aux traders d'interroger leur firme sur le traitement de leurs données.

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Cet article est publié à titre d'information. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente d'un instrument financier. Méthode de vérification et politique de correction : La rédaction.

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