La forme, et ses critères chiffrés
Une tasse avec anse se lit en deux temps. D'abord une baisse puis une remontée qui dessinent un creux arrondi, la tasse. Ensuite une petite consolidation près du haut, l'anse, avant la sortie par le haut.
Les critères publiés sont précis, et ce sont eux qui font la différence entre la figure classée 3e et un dessin approximatif.
La tasse doit être en U, pas en V, et ses deux bords doivent se situer à peu près au même prix. Un creux pointu n'est pas une tasse : il décrit un retournement brutal, pas un arrondi lent, et les chiffres de cette leçon ne le concernent pas.
La durée va de 7 à 65 semaines, variations admises. C'est une figure de fond, pas une figure d'intraday. Si tu crois en voir une sur cinq minutes, tu regardes autre chose.
L'anse dure au moins une semaine, sans maximum, et elle se forme dans la moitié haute de la tasse. Une consolidation qui redescend dans la moitié basse invalide la figure : le marché n'a pas tenu son gain.
Tasse avec anse et VCP. L'anse est un repli plus petit que la tasse, formé près du haut : c'est une contraction. La leçon sur le VCP, la figure de contraction de la volatilité décrite par Mark Minervini, étend cette idée à une suite de replis de plus en plus petits, avec un exemple chiffré.
Les chiffres
Les relevés de Thomas Bulkowski pour la tasse avec anse portent sur 913 cas parfaits, son terme, en marché haussier. Source : thepatternsite.com, consulté en octobre 2026.
Rang de performance : 3 sur 39. C'est le podium.
Taux d'échec : 5 %. Bulkowski compte comme échec une figure confirmée qui ne monte pas d'au moins 5 %, ce qui n'est pas un taux de trades perdants. Sur la même mesure, le triangle symétrique est à 25 % en cassure haussière et à 37 % en cassure baissière, d'après sa page du triangle : une figure sur vingt d'un côté, une sur quatre de l'autre.
Hausse moyenne : 54 %, mesurée de l'ouverture du lendemain de la cassure au plus haut atteint avant un repli d'au moins 20 %. Objectif atteint : 61 % des cas, l'objectif étant la hauteur de la tasse ajoutée au prix de cassure.
Retour sur le prix de cassure : 62 %. Dans les trente jours qui suivent la cassure, le prix revient sur le niveau cassé près de deux fois sur trois, au même taux que le triangle symétrique. Bulkowski note que ces retours pèsent sur la performance.
Deux limites avant d'emporter ces pourcentages ailleurs. Ils ont été relevés sur des actions, en marché haussier, et ils mesurent ce que le prix a fait, pas le résultat de trades pris avec un stop. Et sa page ne donne aucun équivalent pour le forex, les indices, les cryptos ou l'intraday : traite ces chiffres comme non établis sur ces marchés.
Comment la trader : entrée, stop et objectif
L'entrée que donne Bulkowski est la clôture au-dessus du bord droit de la tasse. Quand une droite descendante relie les sommets de l'anse, une clôture au-dessus de cette droite donne un signal plus précoce. Le stop se place sous le creux de l'anse, et se remonte à mesure que le prix monte.
L'objectif part de la hauteur de la tasse, du bord droit au point le plus bas. Bulkowski multiplie cette hauteur par les 61 % d'objectifs atteints avant de l'ajouter au prix de cassure, ce qui donne une cible plus prudente. Avec des prix inventés et ronds : un bord droit à 50,00, un creux de tasse à 40,00, un creux d'anse à 47,00. La hauteur vaut 10,00, l'objectif complet 60,00, l'objectif prudent 56,10. Pour une entrée à 50,40 et un stop à 47,00, le risque est de 3,40 par action : l'objectif prudent paie 1,7 fois ce risque, l'objectif complet 2,8 fois.
Le piège tient dans deux chiffres : 5 % d'échec et 62 % de retours. Tu entres à la cassure, le prix redescend sur le niveau cassé, un stop posé juste dessous saute, et la hausse se fait sans toi. Ce n'est pas de la malchance : c'est ce que le prix fait près de deux fois sur trois. Le stop sous le creux de l'anse est plus loin, ce qui coûte de la taille de position, mais un simple retour sur le niveau cassé ne l'atteint pas.
Attendre le retour pour entrer donne un meilleur prix quand il a lieu, mais laisse partir les 38 % de cassures qui ne reviennent pas dans les trente jours, et Bulkowski note que les retours pèsent sur la performance : l'entrée patiente sélectionne les mouvements les plus faibles. Autre réserve tirée de sa page : sur 300 tasses relevées de 1990 à mars 2024, 47 % ont nettement reculé dans les deux mois qui ont suivi la cassure. C'est une raison de plus de remonter le stop à mesure que le prix monte, comme il le conseille.
Ce qu'elle donne dans ton journal
Cette figure pose une question de journal différente des autres, et c'est la plus intéressante de la catégorie : combien de tasses as-tu vraiment tradées, et combien as-tu vues après coup ?
Une figure qui met sept à soixante-cinq semaines à se former se repère bien mieux en regardant le passé qu'en attendant devant l'écran. Si ton journal ne contient aucune entrée sur tasse alors que tu en reconnais sur tous les graphiques que tu revois, le problème n'est pas la figure, c'est que tu ne la traites pas en direct.
La seconde mesure est l'excursion adverse maximale de tes entrées sur tasse. Étant donné les 62 % de retours, elle devrait être grande sur beaucoup de tes gagnants. Si tes perdants ont une excursion adverse à peine plus grande que tes gagnants, ton stop est placé dans la zone de bruit de la figure et il faut l'éloigner, quitte à réduire la position.
Tradoshi pose cette mesure sur chaque trade importé, et l'étiquette permet d'isoler la population.
Questions fréquentes
La tasse avec anse est-elle une figure haussière ?
Oui. Elle se confirme par une clôture au-dessus du bord droit de la tasse, et les relevés de Thomas Bulkowski ne portent que sur cette sortie par le haut. Sa version baissière est la tasse avec anse inversée, qu'il traite sur une page à part : 18 % d'échec, 17 % de baisse moyenne et le 6e rang sur 36, sur 556 cas parfaits.
Combien de temps met une tasse avec anse à se former ?
De 7 à 65 semaines pour la tasse, avec une anse d'au moins une semaine et sans durée maximale, écarts admis. Elle se lit donc en graphique journalier ou hebdomadaire. Bulkowski relève aussi que les anses plus courtes que la médiane de 22 jours sont suivies de meilleures performances après la cassure.
Où placer l'objectif d'une tasse avec anse ?
La hauteur de la tasse, du bord droit au point le plus bas, ajoutée au prix de cassure. Cet objectif complet est atteint dans 61 % des cas relevés. Bulkowski propose une cible plus prudente : multiplier la hauteur par ces 61 % avant de l'ajouter.
La tasse peut-elle être en V ?
Ses critères demandent un U, écarts admis. Un V décrit un autre comportement de marché, et les chiffres cités ici ne s'y appliquent pas. Même chose si l'anse redescend dans la moitié basse de la tasse : elle doit se former dans la moitié haute.
La tasse avec anse fonctionne-t-elle sur le forex ou les cryptos ?
Rien ne l'établit dans ces relevés : ils portent sur des actions, en marché haussier, sur une figure de sept semaines au moins. Tu peux en dessiner une sur n'importe quel graphique, mais les 5 % d'échec et les 54 % de hausse moyenne ne s'y transportent pas. La seule réponse qui vaille pour ton marché est celle de ton journal, sur tes propres tasses étiquetées.
Ce qu'il faut retenir
- Une tasse en U et non en V, de 7 à 65 semaines, avec une anse d'au moins une semaine formée dans la moitié haute. Ce sont des critères, pas des préférences.
- Classée 3e sur 39 avec 5 % d'échec et 54 % de hausse moyenne : le meilleur classement de tout ce dossier.
- Mais 62 % de retours sur le prix de cassure dans les trente jours, et ces retours pèsent sur la performance : la figure passe souvent par un moment où elle a l'air de rater.
- Entrée à la clôture au-dessus du bord droit, stop sous le creux de l'anse : un stop serré juste sous la ligne saute sur un simple retour.
- Dans ton journal, compte d'abord combien de tasses tu as tradées en direct plutôt que reconnues après coup.
Pour aller plus loin
Ces articles du blog creusent les notions de cette leçon, un sujet par article.