Le VCP : la définition
Le nom dit ce qu'on regarde : l'amplitude des replis se contracte. Le résumé du livre Trade Like a Stock Market Wizard publié par Elearnmarkets, un site de formation aux marchés, le rapporte ainsi : l'action passe, de la gauche vers la droite de sa base, d'une volatilité plus forte à une volatilité plus faible, avec des zones où le volume se contracte lui aussi. La figure sert à fixer un point d'entrée précis, que ce résumé appelle la ligne de moindre résistance.
Le guide du VCP du centre d'apprentissage de TrendSpider, éditeur d'un logiciel de graphiques, le décrit de la même façon : une base de consolidation faite de plusieurs replis, chacun plus petit que le précédent, un volume qui baisse à mesure que l'amplitude se réduit, puis une cassure. Il attribue le nom de la figure à Mark Minervini.
D'où viennent ces critères. Mark Minervini a présenté le VCP dans ses livres : Trade Like a Stock Market Wizard, paru chez McGraw-Hill en 2013 d'après sa fiche sur Google Books, puis Think and Trade Like a Champion, que cite TrendSpider. Ces livres ne sont pas en libre accès. Les critères de cette leçon viennent donc de deux sources secondaires, qui résument ou commentent ses livres : aucune phrase ni aucun chiffre ne lui est attribué directement ici. Pages consultées en octobre 2026.
Ce que la figure raconte. Selon le résumé d'Elearnmarkets, quand une action recule, des acheteurs entrés près du sommet se retrouvent en perte, et beaucoup seraient contents de revenir simplement à leur prix d'achat ; d'autres, entrés plus bas, prennent leurs gains quand le cours approche de l'ancien sommet. Ces ventes forment une offre en attente au-dessus du prix, et c'est elle qui provoque les replis du côté droit de la base. Des replis de plus en plus petits se lisent alors comme une offre qui s'épuise. C'est une lecture, pas une mesure : le graphique ne dit pas qui vend, ni pourquoi.
Reconnaître un VCP : les critères, et ce qui change d'une source à l'autre
Une tendance haussière avant. Le VCP ne se cherche pas n'importe où. TrendSpider écrit que l'action doit d'abord remplir le « Trend Template » de Minervini, et le détaille ainsi : un cours au-dessus de ses moyennes mobiles simples à 50, 150 et 200 jours, la moyenne à 50 jours au-dessus des deux autres, celle à 150 jours au-dessus de celle à 200 jours, une moyenne à 200 jours plus haute qu'il y a 30 jours, un cours au moins 30 % au-dessus de son plus bas de 52 semaines et à moins de 25 % de son plus haut de 52 semaines, et une force relative supérieure à 70. Ces seuils sont ceux que la page rapporte.
Des contractions de plus en plus petites. C'est le cœur de la figure : chaque repli doit être moins profond que le précédent. TrendSpider donne un exemple, 20 %, 10 %, 5 %, sans en faire un seuil. Aucune des deux sources ne dit de combien un repli doit être plus petit que celui d'avant.
Le nombre de contractions. Les deux sources ne donnent pas le même. Le résumé d'Elearnmarkets parle de deux à quatre contractions en général ; TrendSpider, de deux à six replis. Une base à cinq replis entre donc dans la description de l'une et sort du cas général de l'autre.
Le volume qui se tarit. Les deux sources demandent que le volume baisse pendant que l'amplitude se réduit, et TrendSpider y lit une pression vendeuse qui faiblit. Aucune ne donne de seuil chiffré, ni pour la baisse du volume dans la base, ni pour sa hausse à la cassure : « fort volume » y reste un adjectif.
Le point pivot. Pour le résumé d'Elearnmarkets, un point pivot correct marque la fin de la consolidation et le seuil de la hausse suivante : c'est un niveau de prix qui appelle une action, aussi nommé point d'achat optimal. TrendSpider place l'entrée au franchissement de la résistance du pivot sur fort volume, et le stop sous le creux de la dernière contraction. Le résumé ajoute une règle de suivi : une fois le pivot franchi, le cours devrait tenir sa moyenne mobile à 20 jours et ne pas clôturer dessous.
Le résumé d'Elearnmarkets rapporte un dernier filtre : préférer les actions qui corrigent le moins, et éviter, dans la plupart des cas, celles qui reculent de plus de deux à trois fois la baisse du marché. Choisis une définition, écris-la, et tiens-la : nombre de contractions admis, façon de mesurer un repli, seuil de volume. Sans cela, deux relevés du même graphique ne comptent pas les mêmes figures.
VCP, tasse avec anse, triangle et drapeau : une propriété plus qu'un dessin
Le résumé d'Elearnmarkets écrit qu'une contraction de la volatilité est un trait commun à presque toutes les figures de prix constructives. Le VCP se lit donc moins comme un dessin de plus que comme une propriété qu'on retrouve dans des figures déjà connues.
VCP et tasse avec anse. La tasse avec anse est une grande baisse arrondie suivie d'une petite consolidation près du haut : deux replis, le second plus petit que le premier. Ses critères sont de forme et de durée, un creux en U, une anse dans la moitié haute, et sa leçon donne des chiffres mesurés. Dans les sources lues, le VCP ne fixe ni forme ni durée : il compte les replis et compare leur profondeur.
VCP et triangle. La leçon sur la figure en triangle définit le triangle comme une contraction d'amplitude entre deux droites qui convergent. Un triangle ascendant, à sommet plat et à creux qui montent, ressemble à un VCP dont les sommets butent sur le même niveau. La différence est dans ce qu'on exige : le triangle demande au moins deux contacts sur chaque droite ; le VCP demande une tendance haussière avant et un volume qui baisse.
VCP et drapeau. Le drapeau est une courte pause après un mouvement vif, décrite dans l'article sur le patron en drapeau. Il ne compte pas de contractions successives. Les deux figures partagent l'idée d'une pause dans une tendance, pas leur définition.
Mesurer la contraction. Dans les sources lues, la profondeur d'un repli se donne en pourcentage. Rien n'empêche de suivre aussi l'amplitude moyenne des bougies avec l'ATR, qui baisse quand les bougies raccourcissent. C'est un repère en plus, pas un critère de la figure telle que ces sources la décrivent.
Un exemple chiffré : trois contractions, de 25 % à 6 %
Les prix sont inventés. Une action en tendance haussière monte à 100, puis consolide. Premier repli : de 100 à 75, soit (100 − 75) ÷ 100 = 25 %. Elle revient à 100, puis recule à 88 : (100 − 88) ÷ 100 = 12 %. Elle revient encore à 100, puis recule à 94 : (100 − 94) ÷ 100 = 6 %. Chaque repli fait à peu près la moitié du précédent : 12 ÷ 25 = 0,48, puis 6 ÷ 12 = 0,5. Trois contractions, de plus en plus petites : le critère de forme est rempli. C'est la première figure de cette leçon.
Le volume. Le volume moyen par séance passe de 1 200 000 titres pendant le premier repli à 800 000 pendant le deuxième, puis à 400 000 pendant le troisième, soit le tiers du départ. Le jour où le cours passe au-dessus de 100, il s'échange 1 600 000 titres, quatre fois la moyenne du dernier repli. Ces volumes sont inventés eux aussi : aucune des sources lues ne donne de seuil.
Le pivot, l'entrée et le stop. Le point pivot est le sommet de la dernière contraction, 100. L'entrée se fait au franchissement, à 101 dans l'exemple. Avec le repère de TrendSpider, le stop va sous le creux de la dernière contraction, donc sous 94 : à 93. Le risque est de 101 − 93 = 8 par action, soit environ 7,9 % du prix d'entrée. L'article où placer son stop-loss explique pourquoi le stop se pose là où la lecture est démentie, et pas à une distance choisie d'avance.
La taille de position. Avec un risque fixé à 200 par trade, 8 de stop donnent 200 ÷ 8 = 25 actions, soit une position de 25 × 101 = 2 525. Si le stop est touché, la perte est de 25 × 8 = 200, soit −1R, hors frais et glissement. Gagner 2R demande un cours à 101 + 16 = 117, et 3R un cours à 125. C'est ici que la contraction compte : un stop sous le creux du premier repli, à 74, serait à 27 du prix d'entrée, soit 26,7 %, et le même risque de 200 n'achèterait que 7 actions. Plus le dernier repli est petit, plus le stop est proche, et plus la position peut être grande pour un risque identique.
Deux suites possibles. À gauche de la figure ci-dessous, le cours tient au-dessus du pivot et atteint 117. À droite, il franchit 100, monte à 102,5, puis repasse sous le pivot et touche le stop à 93 : c'est une fausse cassure, et elle coûte 1R. L'exemple ne dit pas laquelle des deux suites est la plus fréquente, parce qu'aucune mesure publiée ne le dit pour le VCP.
Ce que la recherche publiée dit, et ne dit pas
Aucune étude sous ce nom. Une recherche menée en octobre 2026 sur le nom de la figure n'a fait remonter aucune étude publiée dans une revue scientifique : les résultats sont des guides de sites de logiciels, d'indicateurs et de formation. Les pourcentages de réussite qui circulent n'ont donc, à notre connaissance, aucune population publiée qu'on puisse vérifier : ni marché, ni période, ni règle de détection. Cette leçon n'en reprend aucun.
Ce qui existe de proche : des figures écrites en règles. L'étude de Lo, Mamaysky et Wang parue en 2000 dans le Journal of Finance part du constat que la présence d'une figure sur un graphique est souvent dans l'œil de celui qui regarde. Pour y répondre, elle écrit dix figures classiques sous forme de règles appliquées par un algorithme, sur les rendements journaliers d'actions américaines du NYSE, de l'AMEX et du Nasdaq, de 1962 à 1996. Le triangle y est défini comme une suite de cinq extrêmes dont les sommets baissent et les creux montent, ce qui est une contraction d'amplitude. Les auteurs concluent que certaines figures apportent une information supplémentaire, surtout sur les actions du Nasdaq, et précisent que cela n'implique pas nécessairement des profits de trading. L'étude ne teste ni le VCP, ni la règle des replis de plus en plus petits.
Ce qui existe de proche : acheter près du plus haut. Le filtre de tendance rapporté plus haut demande un cours proche de son plus haut de 52 semaines. Thomas George et Chuan-Yang Hwang ont mesuré cette proximité dans « The 52-Week High and Momentum Investing », paru en 2004 dans le Journal of Finance, sur toutes les actions de la base CRSP, de juillet 1963 à décembre 2001. Les 30 % d'actions les plus proches de leur plus haut de 52 semaines ont rapporté en moyenne 1,51 % par mois, contre 1,06 % pour les 30 % les plus éloignées, dans des portefeuilles tenus six mois : un écart de 0,45 point par mois. C'est une moyenne sur des portefeuilles de très nombreuses actions, sans stop ni figure. Elle porte sur une condition du filtre de tendance, pas sur la contraction ni sur la cassure du pivot.
Les résultats de Mark Minervini. Un communiqué diffusé en janvier 2022 par sa société, Minervini Private Access, indique qu'il a remporté, dans le championnat américain d'investissement de 2021, la division actions des comptes d'un million de dollars et plus avec un rendement annuel de 334,8 %, dans une compétition qui réunissait 338 traders, et qu'il avait terminé premier de l'édition 1997 avec 155 %. Le site de l'organisateur du championnat le cite parmi ses anciens participants. Ce sont les résultats d'un homme, sur l'ensemble de ses trades, avec sa sélection de titres, sa gestion du risque et ses sorties. Le communiqué ne mentionne pas le VCP et ne dit pas quelle part de ces trades en étaient : ces chiffres ne mesurent pas la figure.
Les limites du VCP
Une figure reconnue après coup. Sur un graphique terminé, les trois contractions se voient d'un coup d'œil, et les exemples qu'on montre sont ceux dont la cassure a réussi. En direct, tu ne sais pas si le repli en cours est le dernier, ni si la base va s'élargir au lieu de se resserrer.
Un comptage subjectif. Où commence une contraction, quel creux compte, à partir de quel écart un repli est « plus petit » : les sources lues ne le fixent pas, et elles ne s'accordent pas sur le nombre de contractions. Un détecteur automatique applique une de ces définitions, celle de son éditeur.
Les fausses cassures. Un cours qui franchit le pivot peut repasser dessous, comme dans la partie droite de l'exemple. Aucune mesure publiée ne donne la fréquence de ce cas pour le VCP. L'article sur la cassure et le retest détaille ce que devient un niveau une fois franchi. Le stop sous le dernier creux borne la perte, il ne la rend pas rare.
Un cadre précis : des actions, en tendance haussière, en données journalières. Tout ce que les sources rapportent est écrit pour des actions : moyennes mobiles à 50, 150 et 200 jours, plus haut de 52 semaines, force relative face au reste du marché. Rien dans ces sources ne l'établit sur le forex, sur les cryptos ou sur un graphique en cinq minutes. Et la figure, telle qu'elle y est décrite, ne se trade qu'à l'achat.
Dans ton journal. Aucune de ces lectures n'est un ordre d'achat : ce sont des conventions, à tester sur ton marché et à ton unité de temps avec la méthode de l'article backtester une stratégie sans se mentir. Tradoshi ne détecte pas les figures de prix : le VCP se repère sur ton graphique, avec la définition que tu as écrite. Le journal sert à l'étape d'après : tu étiquettes chaque trade pris sur cette lecture, par exemple « VCP, 3 contractions, cassure sur volume », et le tableau de bord se filtre par étiquette pour voir ce qu'elle t'a donné, à toi.
Questions fréquentes
Que veut dire VCP en trading ?
VCP est le sigle de volatility contraction pattern, figure de contraction de la volatilité. Le nom est attribué au trader américain Mark Minervini. Il désigne une consolidation, dans une tendance haussière, faite de replis de plus en plus petits avec un volume qui baisse, avant le franchissement d'un point pivot.
Combien de contractions faut-il pour un VCP ?
Les sources lues ne s'accordent pas : deux à quatre en général pour le résumé du livre publié par Elearnmarkets, deux à six pour le guide de TrendSpider. Aucune ne dit de combien chaque repli doit être plus petit que le précédent. C'est à toi de fixer la règle avant de compter.
Où placer le stop sur un VCP ?
Le guide de TrendSpider le place sous le creux de la dernière contraction. Dans l'exemple de cette leçon, l'entrée est à 101 et le stop à 93 : 8 de risque par action, environ 7,9 %. Plus la dernière contraction est petite, plus ce stop est proche du prix d'entrée.
Le VCP est-il une figure fiable ?
Aucune étude publiée ne mesure, à notre connaissance, le VCP sous ce nom : il n'existe donc pas de taux de réussite vérifiable. Les résultats de Mark Minervini au championnat américain d'investissement sont ceux d'un trader sur l'ensemble de ses trades, pas une mesure de la figure. La seule réponse qui vaille pour toi est celle de tes propres trades étiquetés.
Le VCP fonctionne-t-il sur le forex ou les cryptos ?
Rien ne l'établit dans les sources lues : les critères rapportés sont écrits pour des actions en tendance haussière, avec des moyennes mobiles en jours et un plus haut de 52 semaines. Tu peux dessiner des replis qui se resserrent sur n'importe quel graphique, mais c'est une hypothèse à tester, pas un résultat.
Ce qu'il faut retenir
- Un VCP, c'est une consolidation dans une tendance haussière : des replis de plus en plus petits, un volume qui se tarit, puis un point pivot à franchir.
- Le nom vient de Mark Minervini. Ses livres ne sont pas en libre accès : les critères cités ici viennent de sources secondaires, qui ne s'accordent pas sur le nombre de contractions, deux à quatre ou deux à six.
- Exemple : replis de 25 %, 12 % et 6 % sous un sommet à 100. Entrée à 101, stop à 93 : 8 de risque par action, 25 actions pour 200 de risque.
- Aucune étude publiée ne mesure le VCP sous ce nom, à notre connaissance. Les résultats de Minervini en championnat sont ceux d'un homme, pas la preuve de la figure.
- Fige ta définition avant de compter, étiquette tes trades, et lis ce qu'ils donnent dans ton journal.
Pour aller plus loin
Ces articles du blog creusent les notions de cette leçon, un sujet par article.