Le DOM, pour depth of market, est le carnet d'ordres affiché verticalement : à chaque niveau de prix, la quantité en attente à l'achat d'un côté et à la vente de l'autre. C'est la seule fenêtre sur ce que le marché affiche avoir l'intention de faire, par opposition à ce qu'il a fait.
Les ordres en attente de chaque côté
Sommaire
Le DOM est une échelle de prix verticale. À droite de chaque prix, le nombre de contrats que des vendeurs acceptent de céder à ce niveau ; à gauche, le nombre que des acheteurs acceptent de payer. On appelle ça la profondeur du marché parce qu'on voit non seulement le meilleur prix disponible, mais aussi ce qui attend derrière.
L'intérêt est évident et le piège l'est moins. Ce que montre le DOM n'a pas encore eu lieu. Un mur de 500 contrats à un prix ne veut pas dire que 500 contrats vont s'échanger là : il veut dire que quelqu'un affiche cette quantité en ce moment, et qu'il peut la retirer avant que le prix n'arrive.
C'est un outil de marché à carnet central, donc principalement les futures, où tous les ordres passent par la même chambre. Sur le Forex, il n'y a pas de carnet unique et chaque courtier affiche le sien, ce qui ne décrit pas le marché mais son propre flux. Notre leçon sur le flux d'ordres replace l'outil dans son contexte.
DOM = pour chaque prix, la quantité en attente à l'achat et la quantité en attente à la vente, à l'instant t
Le spread est l'écart entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur. C'est la ligne où les deux colonnes se rejoignent.
La profondeur affichée est tronquée par la plateforme, souvent à dix niveaux de chaque côté. Ce qui est au-delà existe et ne se voit pas.
Le DOM n'a pas de mémoire. Il décrit un instant, et il a déjà changé quand on finit de le lire. C'est le seul outil de cette famille dont la valeur s'évapore en une seconde.
| Ce qu'on voit au carnet | Ce que ça veut dire, et ne veut pas dire |
|---|---|
| Une grosse quantité à un prix | Quelqu'un affiche une intention. Ça ne dit pas qu'elle sera tenue. |
| Cette quantité disparaît à l'approche | Cas très fréquent. L'ordre était affiché sans intention d'être exécuté. |
| Elle est absorbée sans que le prix bouge | Là il s'est passé quelque chose de réel : des transactions ont eu lieu. |
| Le carnet se vide des deux côtés | Personne n'accepte de coter. Les prix deviennent erratiques, souvent avant une annonce. |
| Le spread s'élargit | Le coût d'entrée augmente. Une lecture juste ne sert à rien si l'exécution l'efface. |
Les deux premières lignes du tableau contiennent tout le problème du DOM. Un gros ordre affiché et un gros ordre retiré ont exactement la même apparence jusqu'à la dernière seconde, et la différence entre les deux est la différence entre une information et un leurre. C'est pour ça qu'un carnet ne se lit jamais seul : il faut voir ce qui s'est exécuté pour savoir si ce qui était affiché comptait.
La conséquence pratique est que le DOM est un outil d'exécution plus que de décision. Il sert à savoir si le prix auquel on veut entrer est réellement disponible, et à quel coût, une fois que la décision d'entrer a été prise ailleurs. Le confondre avec un outil d'analyse est la façon la plus rapide de perdre de l'argent avec lui.
C'est l'usage le plus solide, et le moins spectaculaire. Avant d'envoyer un ordre au marché, le carnet dit combien de contrats sont disponibles au meilleur prix et à quel niveau on tombe si la taille dépasse. Pour une position importante, c'est la différence entre le prix espéré et le prix obtenu.
C'est aussi le seul usage qui ne dépend pas de la sincérité des ordres affichés : la question n'est pas de savoir ce que les autres ont l'intention de faire, mais ce qui est disponible maintenant.
Un carnet qui se dégarnit des deux côtés est un signal d'exécution, pas d'analyse : il annonce que les prix vont sauter, souvent à l'approche d'une annonce. Ça ne dit pas dans quel sens, et ce n'est pas ce qu'on lui demande.
Savoir que la liquidité a disparu est une raison suffisante de ne pas entrer, ou de réduire la taille. C'est un usage défensif, et c'est celui qui rapporte le plus à un trader qui n'est pas un scalpeur professionnel.
Le défaut central est que le DOM montre des intentions révocables. Un ordre peut être affiché précisément pour être vu, puis retiré avant d'être touché. Cette pratique porte un nom, elle est interdite sur les marchés réglementés, et elle continue d'exister. Lire un carnet comme un fait, c'est lire comme vraie une déclaration que son auteur peut retirer sans frais.
Le deuxième est que rien n'est enregistré. Le carnet d'il y a trente secondes n'existe plus nulle part dans une plateforme ordinaire. On ne peut donc pas revenir vérifier si sa lecture était juste, ce qui met le DOM dans une catégorie à part : c'est le seul outil de cette page dont on ne peut pas faire de statistique sans matériel spécialisé.
Le troisième concerne le Forex, comme pour le profil de volume. Il n'existe pas de carnet central : ce que ton courtier affiche est son propre carnet, parfois une reconstitution. Le lire comme la profondeur du marché est une erreur de nature, et elle est d'autant plus facile à commettre que l'affichage est identique.
L'erreur classique. Prendre un gros ordre affiché pour une barrière. C'est l'information la plus visible du carnet et la moins fiable, puisqu'elle peut être retirée sans frais et sans trace. La seule chose qui compte est de savoir si cet ordre a été absorbé, et ça ne se voit pas au DOM, ça se voit dans ce qui s'est exécuté.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| DOM | Le carnet d'ordres affiché verticalement | Les ordres en ATTENTE, à un instant donné | Vérifier la disponibilité avant d'exécuter |
| Footprint | Chaque bougie ouverte en deux colonnes | Ce qui s'est RÉELLEMENT exécuté, par niveau | Lire l'agressivité, après coup |
| Profil de volume | Les volumes rangés par prix sur une période | Où le marché a le plus traité | Placer des cibles, repérer les zones creuses |
| Time and sales | La liste des transactions, une par ligne | Chaque exécution, dans l'ordre | Suivre le rythme du flux en direct |
C'est l'usage où le carnet ne peut pas te tromper : ce qui est disponible maintenant est un fait, même si les intentions affichées n'en sont pas un. Regarder le DOM au moment d'envoyer l'ordre, et non au moment de décider du trade, met l'outil exactement là où il est fiable.
Un mur au carnet est l'information la plus visible et la moins fiable qui soit, puisqu'il peut être retiré sans frais. La seule chose qui vaille est de voir si ce mur est absorbé : là, des transactions ont eu lieu, et c'est le footprint qui le montre, pas le DOM.
Une lecture de carnet mène à des trades courts et nombreux, où commission et spread pèsent plus que la lecture elle-même. Un style à dix trades par jour paie ses frais dix fois : c'est souvent là que part le résultat, pas dans la qualité de l'analyse.
DOM veut dire depth of market, la profondeur de marché. C'est le carnet d'ordres affiché verticalement : à chaque niveau de prix, la quantité en attente à l'achat et la quantité en attente à la vente, à l'instant présent.
Non. Il montre ce que des participants affichent avoir l'intention de faire, et ces ordres peuvent être retirés avant d'être exécutés. C'est la distinction essentielle : le carnet montre une promesse, pas un fait, et une promesse s'annule sans frais.
C'est un trader qui prend ses décisions d'exécution à partir du carnet d'ordres, presque toujours sur les futures et sur des durées très courtes. Ce style produit beaucoup de trades, donc beaucoup de frais, et c'est le plus souvent la structure de coûts, pas la qualité de la lecture, qui décide de son résultat.
Pas au sens strict. Le Forex n'a pas de carnet central : ce que ton courtier affiche est son propre carnet, et parfois une reconstitution à partir de ses fournisseurs de liquidité. L'affichage est identique à celui des futures, et l'information n'a pas la même nature.
Le DOM montre les ordres en attente, donc ce qui n'a pas encore eu lieu et peut être annulé. Le footprint montre ce qui s'est réellement exécuté, niveau par niveau, donc des transactions qui ne peuvent plus être défaites. C'est toute la différence entre ce qui est montré et ce qui est fait.
Tradoshi n'affiche pas de carnet d'ordres, et il ne le fera pas : un journal enregistre ce qui s'est exécuté, et le DOM est par nature ce qui ne s'est pas encore exécuté. Ce qu'il apporte à un trader de carnet est ailleurs, et c'est précisément ce que ce style néglige le plus.
Chaque trade importé porte sa commission et son swap, et le P&L affiché est net de ces deux montants. Sur un style qui prend dix trades par jour, l'écart entre le brut et le net est ce qui décide de la rentabilité, bien avant la qualité de la lecture. L'écran Rapports donne le profit factor sur ce net, et l'écran Trésorerie permet d'estimer le barème quand un courtier ne renvoie aucune commission.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.