Un graphique footprint ouvre chaque bougie et montre, à chaque niveau de prix qu'elle a traversé, ce qui a été vendu au prix acheteur d'un côté et acheté au prix vendeur de l'autre. C'est la trace de ce qui s'est réellement exécuté, là où le DOM ne montre que de l'attente.
Ce qui s'est exécuté des deux côtés
Sommaire
Une bougie ordinaire dit quatre choses : ouverture, haut, bas, clôture. Un footprint la remplit. À chaque prix traversé, il inscrit combien de contrats se sont échangés du côté acheteur et combien du côté vendeur, ce qui transforme une bougie en un petit tableau.
La distinction qui donne son sens à l'outil est celle de l'agressivité. Un ordre exécuté au prix vendeur vient de quelqu'un qui voulait acheter tout de suite et a accepté de payer le spread ; un ordre exécuté au prix acheteur vient de quelqu'un qui voulait vendre tout de suite. Le footprint sépare ces deux populations, ce qu'aucun volume total ne permet.
Ce que ça rend visible, c'est le cas où beaucoup d'exécutions ne déplacent pas le prix. Si 74 contrats s'achètent à un prix et que le prix ne monte pas, quelqu'un a vendu autant en face, calmement. C'est ce qu'on appelle l'absorption, et c'est la seule chose que le footprint montre qu'on ne peut vraiment pas déduire d'ailleurs. Notre leçon sur le flux d'ordres détaille la lecture.
Delta d'un niveau = acheté au prix vendeur − vendu au prix acheteur — Delta de la bougie = somme des deltas
Le delta est positif quand les acheteurs ont été les plus pressés, négatif dans le cas contraire. Il ne dit pas qui a raison, il dit qui a payé le spread.
Un delta positif sur une bougie qui baisse est le signal le plus cité : les acheteurs ont été agressifs et le prix a quand même reculé, donc quelqu'un a absorbé.
Le footprint exige des données à la transaction, avec le côté de chaque exécution. C'est standard sur les futures, rare et souvent payant ailleurs, et parfois seulement estimé.
| Ce que montre le footprint | Comment le lire |
|---|---|
| Delta positif, prix qui monte | Cas ordinaire. Les acheteurs pressés obtiennent ce qu'ils veulent, rien de particulier à en tirer. |
| Delta positif, prix qui baisse | Absorption. Quelqu'un a vendu calmement tout ce que les acheteurs pressés ont pris. |
| Un niveau très chargé, prix bloqué | Le cas le plus net du même phénomène, localisé à un prix précis. |
| Delta proche de zéro | Aucun camp n'a été plus pressé que l'autre. Le footprint ne dit rien ici, et c'est la majorité des bougies. |
| Delta extrême en fin de mouvement | Souvent les derniers arrivés. Lecture fréquente et fragile, à ne pas prendre seule. |
La quatrième ligne est celle qu'il faut retenir, et elle n'apparaît jamais dans les présentations de l'outil : sur la plupart des bougies, le footprint ne dit rien. Le delta est proche de zéro, les deux colonnes se ressemblent, et il n'y a aucune lecture à faire. L'outil est utile aux moments rares où un déséquilibre franc n'est pas suivi d'un mouvement, et le reste du temps il occupe de la place à l'écran.
Le second point est que l'absorption s'interprète toujours après coup. Sur le moment, un gros delta positif qui ne fait pas monter le prix peut être une absorption, ou simplement une bougie qui n'a pas fini. La lecture ne devient certaine qu'à la clôture, ce qui limite ce qu'on peut en faire en direct et explique pourquoi elle sert surtout à confirmer une décision déjà prise.
À 1,0960, 74 contrats ont été achetés agressivement et le prix n'est pas monté : quelqu'un a vendu 74 contrats en face sans se presser. C'est une absorption, et elle explique pourquoi la bougie finit en baisse malgré un delta positif. Aucun graphique en bougies ne contient cette information, et un volume total la masque entièrement.
C'est l'usage qui justifie l'outil. Un prix qui refuse de monter alors que les acheteurs y sont agressifs est un prix défendu par des transactions réelles, pas par une figure. Cette information n'existe nulle part ailleurs, ni sur un graphique en bougies, ni au carnet d'ordres.
Elle change surtout ce qu'on fait d'un niveau repéré autrement. Un order block ou un fair value gap confirmé par une absorption n'est plus une hypothèse sur le passé, c'est un endroit où quelqu'un vient d'agir.
Un delta extrême en fin de mouvement dit que les derniers entrants ont payé le spread pour rentrer tard. Ce n'est pas un signal de retournement, et le lire ainsi coûte cher, mais c'est une raison suffisante de ne pas ajouter à une position au pire moment.
C'est l'usage défensif du footprint, et comme pour le carnet d'ordres, c'est celui qui rapporte le plus à qui n'est pas un scalpeur professionnel.
Le premier défaut est la rareté des cas lisibles, et personne ne la mentionne. Une séance entière de footprint contient une poignée de bougies qui disent quelque chose et des centaines qui ne disent rien. Un outil dense en information à l'écran donne l'impression du contraire, et cette impression pousse à lire des figures là où il n'y a que du bruit.
Le deuxième est la qualité des données. Le footprint exige de connaître le côté de chaque exécution. Sur les futures, c'est fourni ; ailleurs, beaucoup de plateformes l'estiment à partir du dernier prix connu, ce qui produit des colonnes vraisemblables et fausses. Une lecture fine faite sur des données estimées n'est pas une lecture fine.
Le troisième est que l'absorption se raconte parfaitement au passé. Une fois la bougie close et le mouvement fini, on retrouve toujours le niveau qui explique tout. En direct, le même dessin est ambigu, et c'est la même mécanique que pour l'inverse fair value gap : ce qui ne se valide qu'après ne peut pas se tester.
L'erreur classique. Lire une absorption après la clôture et croire qu'on l'aurait vue avant. Une fois le mouvement terminé, le niveau qui explique tout saute aux yeux ; en direct, le même dessin peut n'être qu'une bougie inachevée. Écrire sa lecture avant de connaître la suite est le seul moyen de savoir si on lit vraiment quelque chose.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Footprint | Chaque bougie ouverte en deux colonnes | Ce qui s'est RÉELLEMENT exécuté, par niveau | Vérifier qu'un niveau est défendu |
| DOM | Le carnet d'ordres affiché verticalement | Les ordres en ATTENTE, à un instant donné | Vérifier la disponibilité avant d'exécuter |
| Profil de volume | Les volumes rangés par prix sur une période | Où le marché a le plus traité | Placer des cibles, repérer les zones creuses |
| Delta cumulé | La somme des deltas au fil de la séance | Le déséquilibre d'agressivité dans la durée | Suivre une tendance de flux, pas un niveau |
Cherche dans la documentation de ta plateforme si le côté de chaque exécution est fourni par la bourse ou déduit du dernier prix. Sur les futures, il est fourni. Ailleurs, il est souvent déduit, et toute lecture fine faite sur ces colonnes est une lecture fine faite sur une estimation.
Le footprint est mauvais pour chercher et bon pour confirmer. Repère ton niveau avec ce que tu utilises d'habitude, puis ouvre le footprint uniquement là, au moment où le prix y arrive. Ça élimine d'un coup les centaines de bougies qui ne disent rien.
C'est le seul moyen de sortir du biais rétrospectif sur l'absorption. Écris ta lecture au moment où tu la fais, pas après la clôture, et compare-la au résultat une trentaine de fois. C'est fastidieux, et c'est la différence entre une compétence et une impression.
C'est un graphique où chaque bougie est ouverte et détaillée par niveau de prix : à chaque prix traversé, le nombre de contrats vendus au prix acheteur d'un côté et achetés au prix vendeur de l'autre. Une bougie devient ainsi un petit tableau au lieu d'une simple forme.
Commence par le delta, la différence entre les deux colonnes. Le cas qui compte est un delta franchement positif sur une bougie qui baisse, ou l'inverse : des acheteurs pressés se sont fait exécuter et le prix n'a pas monté, donc quelqu'un a vendu en face sans se presser. C'est l'absorption. Sur la majorité des bougies, le delta est proche de zéro et il n'y a rien à lire.
Le volume classique donne un total par bougie, sans dire à quel prix ni dans quel sens. Le footprint répartit ce même total par niveau de prix et sépare ce qui a été exécuté au prix acheteur de ce qui l'a été au prix vendeur. C'est la même donnée, détaillée là où l'autre l'agrège.
Souvent, oui. Le footprint exige de connaître le côté de chaque exécution, ce qui suppose un flux à la transaction. Sur les futures, c'est fourni par la bourse. Ailleurs, beaucoup de plateformes l'estiment à partir du dernier prix, et une lecture fine sur des données estimées n'a pas la fiabilité qu'on lui prête.
Pas seul, et c'est l'usage qui coûte le plus cher. Il est bon pour confirmer qu'un niveau repéré autrement est réellement défendu, et mauvais pour chercher un niveau, parce que la grande majorité des bougies ne contient aucune information exploitable. Repère d'abord, ouvre le footprint ensuite.
Un journal ne rejoue pas un footprint : Tradoshi enregistre tes exécutions, pas celles du marché entier, et son backtesting rejoue le marché bougie par bougie et non transaction par transaction. C'est une limite qu'il vaut mieux connaître avant d'espérer y tester une méthode de flux d'ordres.
Ce qu'il apporte à cette lecture est ailleurs, et c'est le troisième conseil ci-dessus rendu praticable. Chaque trade porte un champ de débrief libre et un champ plan respecté, remplis dans l'écran Trade Review : écris-y ce que tu as lu au moment où tu l'as lu. Trente trades plus tard, le bloc Performance par étiquette de l'écran Journal compare les trades où tu avais vu une absorption aux autres, et l'impression devient un chiffre.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.