La définition, et la confirmation sans laquelle rien n'existe
Un double creux est fait de deux creux à un niveau comparable, séparés par une remontée. Le prix descend, rebondit, redescend au même endroit, et rebondit à nouveau. Dans les critères de Bulkowski, la figure vient après une baisse, et la remontée entre les deux creux mesure au moins 10 %, écarts admis.
Le point que la plupart des présentations oublient : la figure n'est confirmée que lorsque le prix clôture au-dessus du sommet situé entre les deux creux. Avant cette clôture, il n'y a pas de double creux, il y a deux creux. La nuance n'est pas académique, elle est la différence entre une figure et une espérance.
C'est aussi ce qui rend la figure honnête à trader : la confirmation est un niveau précis, connu à l'avance, que tout le monde peut voir au même endroit. Contrairement au triangle, il n'y a rien à dessiner et donc rien à interpréter.
La version haussière est le double creux, la version baissière le double sommet. Elles fonctionnent en miroir.
Les quatre formes, et celle qui gagne
Les relevés séparent les creux selon leur forme, et c'est la distinction la plus utile de cette leçon. Un creux étroit et pointu est appelé Adam. Un creux large et arrondi est appelé Eve.
Quatre combinaisons en découlent : Adam et Adam, Adam et Eve, Eve et Adam, Eve et Eve.
C'est la combinaison Eve et Eve qui performe le mieux : une hausse moyenne de 50 %, contre 43 % pour Adam et Eve, 42 % pour Eve et Adam et 39 % pour Adam et Adam, et le 5e rang sur 39 figures, quand les trois autres sortent 17e, 20e et 26e. Sur la version baissière, le double sommet Eve et Eve porte aussi le plus faible taux d'échec des quatre, mais d'un cheveu : 20 %, contre 21 à 25 %.
Autrement dit, deux creux larges et arrondis valent mieux que deux pointes. La double pointe est bien plus spectaculaire à l'écran, mais c'est la forme arrondie que Bulkowski décrit comme le double creux classique. Une lecture possible, que ses relevés ne mesurent pas : un creux arrondi raconte une absorption longue, une pointe un pic de panique suivi d'un rebond mécanique.
Taux d'échec : 12 % pour Adam et Eve, Eve et Adam et Eve et Eve, 16 % pour Adam et Adam. Bulkowski compte comme échec une figure confirmée qui ne monte pas d'au moins 5 %, ce qui n'est pas un taux de trades perdants. C'est plus du double des 5 % de la tasse avec anse.
Ces chiffres viennent des quatre pages que Thomas Bulkowski consacre à chaque forme, Adam et Adam (1 154 cas parfaits, son terme), Adam et Eve (1 020), Eve et Adam (759) et Eve et Eve (952), consultées en octobre 2026. Deux limites avant d'emporter ces pourcentages ailleurs. Ils ont été relevés sur des actions, en graphique journalier et en marché haussier, et la hausse moyenne va de l'ouverture du lendemain de la cassure au plus haut atteint avant un repli d'au moins 20 % : elle mesure ce que le prix a fait, pas le résultat de trades pris avec un stop. Et ses pages ne donnent aucun équivalent pour le forex, les indices, les cryptos ou l'intraday : traite ces chiffres comme non établis sur ces marchés.
Si tu as lu 4 ou 5 % ailleurs, le chiffre est aussi de lui : son article d'ensemble sur les quatre types, qui renvoie à la deuxième édition de son livre et s'illustre d'une figure datée de 2010, affiche encore ces taux d'échec, avec des hausses moyennes de 35 à 40 %. Les pages par forme renvoient à la troisième édition et ont été mises à jour en 2025 : ce sont leurs chiffres que cette leçon retient.
Comment le trader
L'entrée est à la confirmation, c'est-à-dire à la clôture au-dessus du sommet intermédiaire, jamais sur le second creux. Entrer sur le second creux revient à parier que la figure va se former, et Bulkowski chiffre ce pari : dans 48 % des cas, le prix continue de baisser sans jamais confirmer. C'est un autre trade, et il n'a pas ces chiffres.
Deux fois sur trois, cette entrée est secouée : le prix revient sur le niveau de cassure dans les trente jours dans 65 à 67 % des cas selon la forme, et Bulkowski note que ces retours pèsent sur la performance.
Le stop se pose sous le plus bas des deux creux. Et voici la contrainte pratique : plus la figure est haute, plus ce stop est loin du point d'entrée, donc plus la position doit être petite. Une belle figure large est une figure chère, comme le marteau à longue mèche.
L'objectif est la hauteur de la figure, du plus bas des deux creux au sommet intermédiaire, reportée depuis le point de cassure. Il est atteint dans 73 % des cas pour Adam et Adam, 72 % pour Eve et Adam, 69 % pour Adam et Eve et 65 % pour Eve et Eve : la forme la mieux classée est aussi celle qui atteint le moins souvent son objectif. Bulkowski propose une cible plus prudente, la hauteur multipliée par ce pourcentage avant d'être reportée.
Un filtre simple qui découle des formes : si tu dois choisir entre deux doubles creux, prends celui dont les deux creux sont larges et arrondis plutôt que pointus.
Ce qu'il donne dans ton journal
La mesure propre à cette figure est évidente et presque personne ne la fait : étiquette la forme de tes deux creux, arrondis ou pointus, au moment de la prise de position. Trois trades par catégorie ne diront rien, trente commenceront à parler.
Si l'écart annoncé se retrouve chez toi, tu viens de transformer une figure correcte en critère de sélection, et c'est gratuit : ça ne demande ni indicateur ni outil, juste une étiquette au moment du trade.
La seconde mesure est celle du moment de l'entrée. Note si tu es entré à la confirmation ou avant. Si tes entrées anticipées affichent un taux de réussite nettement plus faible, tu as la réponse à une question que beaucoup de traders se posent sans jamais la mesurer.
Tradoshi permet de croiser deux étiquettes dans le filtre du journal, donc forme et moment d'entrée se lisent ensemble.
Questions fréquentes
Les deux creux doivent-ils être exactement au même prix ? Non, à un niveau comparable. Bulkowski relève un écart de 1 % en moyenne pour Adam et Adam, et le plus souvent de 0 à 4 % pour Eve et Adam et de 0 à 6 % pour Eve et Eve. Son critère est visuel : les deux creux doivent paraître toucher le même prix.
Quand la figure est-elle confirmée ? À la clôture au-dessus du sommet situé entre les deux creux. Avant, il n'y a pas de figure.
Adam ou Eve, comment trancher ? Étroit et pointu pour Adam, souvent une seule pointe d'un jour ; large et arrondi pour Eve, qui s'élargit en remontant. Le tri n'est pas toujours net : Bulkowski a lui-même reclassé en 2025 l'un de ses exemples. Eve et Eve est la combinaison qui performe le mieux.
Et le triple creux ? C'est la même logique avec un creux de plus, confirmée par une clôture au-dessus du plus haut sommet entre les creux. Bulkowski le dit assez rare et lui consacre une page : 13 % d'échec, 46 % de hausse moyenne et le 12e rang sur 39, sur plus de 2 500 cas parfaits, des chiffres voisins de ceux du double creux.
Faut-il un écart de temps minimum entre les deux creux ? Bulkowski ne fixe pas de minimum, il décrit ce qu'il observe : des creux séparés de plusieurs semaines. La médiane est de 16 jours pour Adam et Adam et de 23 jours pour Eve et Adam, la moyenne de près de deux mois pour Adam et Eve, et pour Eve et Eve l'écart tombe le plus souvent entre deux et sept semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Deux creux à niveau comparable, et aucune figure tant que le prix n'a pas clôturé au-dessus du sommet qui les sépare. Avant, ce sont deux creux.
- Taux d'échec de 12 à 16 % selon la forme dans les relevés de Thomas Bulkowski, plus du double des 5 % de la tasse avec anse. Mesuré sur des actions, en marché haussier.
- Quatre combinaisons de forme, et c'est Eve et Eve, deux creux larges et arrondis, qui performe le mieux. La double pointe spectaculaire est la moins bonne.
- Le stop va sous le plus bas des deux creux, donc une figure haute impose une position plus petite.
- Dans ton journal, étiquette la forme des creux et le moment de ton entrée. Les deux se mesurent sans aucun outil.
Pour aller plus loin
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