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La Banque d'Angleterre relève son taux à 4 %, une première depuis 2023

La Banque d'Angleterre a relevé son taux directeur de 25 points de base, à 4 %, le 5 novembre 2026, pour la première fois depuis août 2023. Face à une inflation qu'elle voit monter vers 5 % en 2027, elle refuse de s'engager sur la suite, alors que les marchés anticipent déjà d'autres hausses.

La rédaction Tradoshi, sous la direction de Benjamin Roure L'HermittePublié le ·Mis à jour le
Illustration : banque centrale à colonnes, cadran dont l'aiguille monte d'un cran, baril de pétrole, flamme de gaz, écran de graphique et carte de la Grande-Bretagne

Le 5 novembre 2026 à 13 h, heure de Paris (12 h GMT, heure de Londres), la Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé un relèvement de son taux directeur, le Bank Rate, de 25 points de base, à 4 %. Selon le communiqué de la BoE, son Comité de politique monétaire (MPC) s'est prononcé lors de sa réunion close le 4 novembre par 8 voix contre 1, le seul membre minoritaire ayant plaidé pour une hausse d'un demi-point, à 4,25 %.

Une hausse votée à 8 voix contre 1

Le taux passe ainsi de 3,75 % à 4 %. Selon Reuters, Investing.com et Seeking Alpha, il s'agit de la première hausse décidée par l'institution depuis août 2023, soit plus de trois ans. D'après Reuters, FXStreet et ActionForex, la voix dissidente est celle de Catherine Mann, membre externe du comité, favorable à un relèvement de 50 points de base.

Le mouvement avait été préparé. Lors de la réunion précédente, le 17 septembre 2026, la BoE avait laissé son taux à 3,75 % par 6 voix contre 3, les trois membres minoritaires réclamant déjà une hausse, selon FXStreet et Vantage Markets. Le camp favorable à un resserrement est donc devenu majoritaire en l'espace d'une réunion.

L'énergie au cœur du diagnostic de la BoE

Selon le communiqué de la BoE, l'inflation britannique mesurée par l'indice des prix à la consommation (CPI) est montée à 3,5 % en septembre, contre 3,1 % en août selon MoneyWeek et Invezz. La Banque anticipe un pic autour de 5 % vers le milieu de l'année prochaine, avant un repli. Ses services projettent environ 4,5 % au premier trimestre 2027 et environ 5 % au deuxième trimestre 2027, soit plus du double de l'objectif.

Les minutes publiées par la BoE détaillent la poussée des prix de l'énergie. Sur les 15 jours ouvrés britanniques jusqu'au 27 octobre, le contrat Brent du premier mois s'est établi en moyenne à 108 dollars le baril, et le gaz naturel britannique à 216 pence par therm. Ces niveaux sont supérieurs respectivement de 38 % et de 81 % à ceux retenus au moment du rapport de juillet.

Pour justifier sa décision, la BoE invoque des pressions inflationnistes déjà à l'œuvre, tout en relevant que les effets indirects sur les autres prix et sur les salaires restent limités. Elle précise aussi que l'activité a été plus soutenue que prévu ces derniers mois. Les minutes indiquent enfin que les mesures du budget du 28 octobre devraient retrancher environ un quart de point à l'inflation d'ici le deuxième trimestre 2027.

Un guidage ouvert et un comité partagé sur la suite

Le communiqué de la BoE écarte toute trajectoire préétablie. Le MPC décidera réunion par réunion, en surveillant les salaires, les prix et la marge de capacités inutilisées de l'économie, avec un objectif d'inflation de 2 % à moyen terme inchangé. La prochaine décision est programmée le 17 décembre 2026, selon la BoE.

Les déclarations des responsables, rapportées par la presse, laissent la porte ouverte à de nouveaux relèvements. Selon Reuters, MoneyWeek, ActionForex et Bloomberg, le gouverneur Andrew Bailey a estimé que cette hausse n'ouvrait pas nécessairement une longue série, mais qu'elle ne serait probablement pas la dernière si le conflit au Moyen-Orient ne se réglait pas. En l'absence de nouvelles atténuant les risques d'inflation, il voit des arguments en faveur d'une nouvelle hausse. L'économiste en chef Huw Pill a, lui, jugé qu'un seul relèvement de 25 points de base ne suffirait probablement pas et a évoqué des hausses supplémentaires, selon Investing.com et Reuters.

Des marchés qui avaient déjà intégré la hausse

La décision était largement attendue, ce qui explique une réaction mesurée. Selon Investing.com, FXStreet et Bloomberg, la livre a d'abord reculé face au dollar avant d'effacer ce repli, pour rester quasi stable autour de 1,347 dollar. Le FTSE 100 progressait d'environ 0,6 % à 0,7 % après l'annonce, selon des relevés de séance de MoneyWeek et de Reuters. Les rendements des Gilts ont été décrits en légère hausse par Reuters et MoneyWeek, et quasi inchangés par Bloomberg.

Les anticipations de marché restent plus agressives que celles des économistes. Après la décision, les marchés tablaient encore sur environ trois hausses supplémentaires d'un quart de point au cours de 2027, selon Bloomberg et Reuters, davantage que ce qu'attendent la plupart des économistes. Les minutes de la BoE pointent le même décalage : dans l'enquête de la Banque auprès des acteurs de marché, la trajectoire médiane attendue du Bank Rate était de 4 % en novembre et de 4,25 % en février, un niveau inférieur à celui intégré dans la courbe des taux courts britanniques. Les minutes relèvent aussi que les taux hypothécaires de référence à deux ans ont pris près de 50 points de base depuis début septembre.

Ce que cela change pour les traders

Pour les traders exposés à la livre, la hausse en elle-même a peu surpris. L'attention se porterait désormais sur l'écart entre le pricing du marché, qui intègre environ trois hausses en 2027, et le discours d'un comité qui refuse de s'engager sur une trajectoire. Les prochaines publications d'inflation et de salaires pourraient réduire ou creuser cet écart, et faire bouger les paires en GBP, les Gilts et le FTSE 100. La décision du 17 décembre 2026 constitue le prochain rendez-vous à inscrire au calendrier économique.

La place prise par l'énergie dans le diagnostic de la BoE renforce le lien entre la livre et les cours du Brent et du gaz britannique. Les nouvelles géopolitiques liées au Moyen-Orient pourraient ainsi peser davantage sur les anticipations de taux britanniques, comme l'a laissé entendre Andrew Bailey.

Côté coûts, un Bank Rate plus élevé pourrait modifier les swaps overnight appliqués par les courtiers CFD aux positions en livre conservées d'une séance à l'autre. Les clients concernés ont intérêt à consulter les taux de swap affichés dans la spécification des symboles sur MetaTrader, cTrader ou leur plateforme habituelle.

Les traders de prop firm ont, de leur côté, intérêt à vérifier si le règlement de leur société de financement encadre l'ouverture de positions autour des annonces à fort impact, dont les décisions de banque centrale, avant d'intervenir sur le GBP ou le FTSE 100 pendant ces fenêtres.

Enfin, la remontée des taux hypothécaires relevée par la BoE pourrait peser sur les valeurs britanniques les plus sensibles à la demande intérieure, comme les banques, l'immobilier ou les composantes du FTSE 250.

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Cet article est publié à titre d'information. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente d'un instrument financier. Méthode de vérification et politique de correction : La rédaction.

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