Le drawdown maximum est la plus forte baisse qu'a subie ta courbe de capital entre un sommet et le creux qui l'a suivi. C'est la mesure qui répond à la seule question que le P&L ne pose jamais : combien as-tu perdu, au pire moment, avant de repartir ?
Du sommet au creux
Sommaire
Le drawdown est l'écart entre un sommet de ta courbe de capital et le point le plus bas atteint après ce sommet, avant qu'un nouveau sommet ne soit fait. Le drawdown maximum est simplement le plus grand de tous ceux qu'on trouve sur la période. La précision « après ce sommet » n'est pas un détail : c'est elle qui fait la mesure.
La différence avec une perte ordinaire tient à cette remise à zéro. Dès qu'un nouveau sommet est atteint, le compteur repart, parce qu'à ce moment-là tu n'es plus en retard sur toi-même. C'est pour ça qu'un compte peut finir l'année largement positif avec un drawdown maximum de 30 % : les deux chiffres décrivent des choses différentes.
Sa vraie fonction est psychologique et opérationnelle, plus que statistique. Un drawdown de 40 % ne se lit pas comme un nombre mais comme quatre mois à perdre, pendant lesquels il faut continuer d'exécuter la même méthode. C'est là que la plupart des systèmes rentables sont abandonnés, et c'est ce que ce chiffre sert à anticiper.
Drawdown maximum = max sur la période de (sommet − creux qui le suit) ÷ sommet
Le calcul se fait sur la courbe de capital, donc sur les résultats cumulés dans l'ordre. Changer l'ordre des mêmes trades change le drawdown, alors que le P&L final ne bouge pas.
Il existe en solde (trades clôturés) et en équité (positions ouvertes comprises). La seconde version est toujours plus sévère, et c'est celle que les prop firms regardent.
La durée du drawdown n'apparaît pas dans la formule, et c'est pourtant elle qui fait abandonner : deux baisses de 20 %, l'une en trois jours et l'autre en sept mois, donnent le même chiffre.
| Drawdown maximum | Ce que ça implique |
|---|---|
| moins de 10 % | Confortable. Compatible avec la plupart des règles de prop firm sans y penser. |
| 10 à 20 % | Normal pour du discrétionnaire. C'est déjà plusieurs semaines de doute à traverser. |
| 20 à 30 % | Élevé. Il faut +43 % pour revenir d'une baisse de 30 %, et la méthode est rarement tenue jusque-là. |
| plus de 30 % | Le système peut être rentable et rester invivable. C'est la zone où l'on change de méthode au pire moment. |
| plus de 50 % | Il faut doubler le capital restant pour revenir à l'équilibre. Presque toujours une erreur de taille de position. |
L'asymétrie du tableau est le point à retenir, et elle est arithmétique : une baisse de 30 % exige une hausse de 43 % pour revenir, et une baisse de 50 % en exige 100. Plus le drawdown est profond, plus le retour est disproportionné, et c'est pourquoi limiter la baisse compte davantage que maximiser la hausse. Cette asymétrie ne se voit pas dans un P&L annuel.
Le second point est que le chiffre ne dit rien de sa durée. Une baisse de 20 % traversée en trois jours ressemble à un accident ; la même étalée sur sept mois est une remise en question quotidienne. C'est la seconde qui fait abandonner les méthodes, et la formule les confond complètement.
Le drawdown maximum est de 15,5 %, et il se calcule depuis le sommet à 11 600 €, pas depuis le capital de départ. C'est le point que tout le monde rate : mesuré depuis 10 000 €, le creux à 9 800 € ne ferait que 2 %, et ce chiffre ne décrirait rien de ce qui a été vécu.
Le drawdown maximum d'un historique donne l'ordre de grandeur de ce qu'il faut être prêt à encaisser. Diviser par deux la taille de position divise à peu près par deux le drawdown attendu, et c'est le seul levier qui agit directement dessus sans toucher à la méthode.
C'est aussi le calcul à faire avant un challenge prop firm. Si le drawdown historique de ta méthode dépasse la limite du challenge, l'échec n'est pas une question de discipline, c'est une question d'arithmétique.
Deux systèmes au même rendement annuel et aux drawdowns de 8 % et 35 % ne demandent pas la même personne. Le second est parfaitement rentable sur le papier et sera abandonné au troisième mois de baisse, ce qui le rend nul en pratique.
Regarder ce chiffre avant de choisir une méthode évite de découvrir en cours de route qu'on ne peut pas la suivre, et cette découverte se fait toujours au pire moment.
Le premier défaut est de mesurer la baisse depuis le capital de départ au lieu du sommet. C'est l'erreur la plus fréquente et elle minimise systématiquement le chiffre, parfois d'un facteur cinq comme dans l'exemple ci-dessus. Un compte qui a monté puis rechuté a vécu une baisse qui ne se voit pas si on la mesure depuis le début.
Le deuxième est la durée absente de la formule. Le drawdown maximum est un chiffre de profondeur, et ce qui fait abandonner une méthode est la longueur. Les deux se mesurent, un seul est affiché partout, et c'est pourquoi un drawdown de 15 % vécu sur six mois surprend toujours ceux qui n'avaient regardé que le pourcentage.
Le troisième est de le lire sans le nombre de trades. Un drawdown maximum mesuré sur quarante trades ne dit presque rien : le pire n'est probablement pas encore arrivé, et le chiffre affiché est un minimum optimiste plutôt qu'une estimation. Sur un historique court, c'est une borne inférieure, pas une prévision.
L'erreur classique. Mesurer la baisse depuis le capital de départ. Dans l'exemple de cette page, le creux à 9 800 € donne 15,5 % mesuré depuis le sommet et seulement 2 % mesuré depuis les 10 000 € initiaux. Le second chiffre est rassurant et ne décrit rien de ce que le trader a réellement traversé.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Drawdown maximum | (sommet − creux suivant) ÷ sommet | La pire baisse vécue, en % | Dimensionner ses positions, choisir une méthode |
| Recovery factor | P&L net ÷ drawdown maximum | Ce que rapporte chaque unité de creux subie | Comparer deux systèmes à risque égal |
| Drawdown trailing | Limite qui suit ton plus haut | La règle propre aux prop firms | Survivre à un challenge, pas juger un système |
| Ratio de Sharpe | moyenne ÷ écart-type des résultats | La régularité, pas la profondeur | Juger la stabilité d'une performance |
C'est le seul levier qui agit directement et proportionnellement. Diviser la taille par deux divise à peu près le drawdown par deux, sans toucher à une seule règle d'entrée. Beaucoup de traders refont leur stratégie alors que leur problème tenait entièrement au dimensionnement.
Ajoute à côté du pourcentage le nombre de jours passés sous le sommet. C'est ce chiffre-là qui prédit l'abandon, et il ne figure dans presque aucun outil. Le relever une fois par trimestre suffit à savoir si ta méthode est tenable, et pas seulement rentable.
Un drawdown est rarement réparti uniformément entre tes setups. Regarde le drawdown de chacun séparément : il arrive qu'une configuration à peine rentable soit responsable de l'essentiel du creux, et l'arrêter améliore la courbe bien plus que d'optimiser celle qui marche déjà.
C'est la plus forte baisse de ta courbe de capital entre un sommet et le creux qui l'a suivi, exprimée en euros et en pourcentage. Le point essentiel est qu'elle se mesure depuis le sommet, jamais depuis ton capital de départ, et qu'un nouveau sommet remet le compteur à zéro.
En dessous de 10 % c'est confortable, entre 10 et 20 % c'est normal pour du trading discrétionnaire, et au-delà de 30 % un système peut être rentable tout en restant invivable. La raison est arithmétique : revenir d'une baisse de 30 % demande une hausse de 43 %, et rares sont les traders qui tiennent la même méthode jusque-là.
En réduisant la taille de position, avant tout. C'est le seul levier qui agit presque proportionnellement et qui ne demande de changer aucune règle d'entrée. Le second levier est d'arrêter la configuration qui creuse le plus, qui n'est pas toujours celle qui rapporte le moins.
Le drawdown maximum est une mesure de ton historique : il décrit ce que ton système a fait subir. Le drawdown trailing est une règle de prop firm : une limite de perte qui suit ton plus haut, donc qui monte quand tu gagnes. Un compte en positif peut être disqualifié par la seconde sans que la première n'ait rien d'alarmant.
Non. Sur quarante ou cinquante trades, il donne le pire de ce qui est arrivé jusqu'ici, ce qui n'est pas la même chose que le pire de ce qui peut arriver. Il faut le lire comme une borne inférieure : la vraie question est de savoir si tu tiendrais le double, parce que c'est ce qui finira par se produire.
Tradoshi calcule le drawdown maximum depuis chaque sommet de ta courbe de capital, et non depuis ton solde de départ, ce qui est exactement la distinction qui fait tout l'écart dans l'exemple ci-dessus. Il s'affiche en euros et en pourcentage dans l'écran Rapports, à côté du profit factor et du R moyen, et il se recalcule à chaque synchronisation avec ton courtier.
L'écran Prop firm traite l'autre question, celle des règles de financement, qui n'est pas la même : un drawdown statique se mesure depuis ton solde de départ, un drawdown trailing suit ton plus haut. Le terme correspondant du glossaire explique pourquoi un compte en positif peut être disqualifié par le second.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.