Le recovery factor est ton gain net divisé par ton drawdown maximum. Il répond à la question que le gain seul ne pose jamais : ce résultat, tu l'as obtenu au prix de quel creux ?
Du sommet au creux
Sommaire
Un gain annuel ne se juge pas seul, et le recovery factor est la façon la plus simple de le dire en un nombre. Il divise ce que tu as gagné par la pire baisse que tu as traversée pour y arriver. Gagner 20 % avec 5 % de creux et gagner 20 % avec 40 % de creux ne sont pas la même performance, et ce rapport les sépare immédiatement.
Son intérêt est d'utiliser un risque constaté plutôt qu'un risque déclaré. Le pourcentage de capital risqué décrit une intention ; le drawdown maximum décrit ce qui est réellement arrivé. Le recovery factor se construit donc sur la seule mesure de risque que le trader ne peut pas embellir.
C'est aussi un chiffre sans unité, donc comparable entre comptes et entre méthodes, ce qui en fait un des rares indicateurs qu'un financeur regarde en premier. Un système à recovery factor élevé se finance : il rend beaucoup pour peu de creux.
Recovery factor = P&L net ÷ drawdown maximum
Les deux termes se prennent sur la même période. Un gain annuel divisé par un drawdown mensuel produit un chiffre flatteur qui ne veut rien dire.
Le drawdown au dénominateur est celui mesuré depuis un sommet, pas depuis le capital de départ. Ce point décide du résultat plus que le numérateur.
Sur une période perdante, le rapport est négatif et n'a plus de sens. Le recovery factor ne se lit que sur une période dont le P&L est positif.
| Recovery factor | Ce que ça décrit |
|---|---|
| moins de 1 | Le pire creux dépasse le gain de la période. Rentable, mais très difficile à tenir. |
| 1 à 2 | Courant. Le gain et le creux sont du même ordre de grandeur. |
| 2 à 3 | Bon. Le système rend nettement plus que ce qu'il fait traverser. |
| 3 à 5 | Très bon, et c'est l'ordre de grandeur que regarde un financeur. |
| plus de 5 | Rare sur un historique long. Vérifier que la période n'est pas trop courte pour contenir un vrai creux. |
La dernière ligne est le contrôle à faire d'abord. Un recovery factor très élevé vient presque toujours d'un drawdown trop petit parce que la période est trop courte : sur trois mois calmes, le dénominateur n'a pas eu le temps d'être mis à l'épreuve. Le chiffre est juste et la conclusion fausse, et c'est le même défaut que sur le profit factor.
Le second point est l'angle mort du temps. Ce rapport ne distingue pas un creux de 1 800 € traversé en trois semaines d'un creux identique étalé sur huit mois. Le premier est un accident, le second est une année entière à douter, et c'est le second qui fait abandonner une méthode parfaitement rentable.
Un recovery factor de 1,17. Le compte a gagné à peine plus que ce qu'il a perdu dans sa pire séquence, ce qui décrit une année rentable et éprouvante. Le même gain avec un creux de 600 € donnerait 3,5, et ce serait une tout autre année vécue pour exactement le même résultat final.
C'est l'usage pour lequel ce rapport existe. Deux méthodes au même rendement annuel ne se comparent pas tant qu'on ne sait pas ce qu'elles ont fait traverser. Le recovery factor met les deux sur la même échelle en une division.
C'est aussi la comparaison qu'un financeur fait en premier, avant même de regarder le rendement. Un système qui rend 15 % avec un creux de 3 % intéresse davantage qu'un système qui rend 40 % avec un creux de 35 %.
Réduire le risque par trade réduit le gain et le drawdown à peu près dans la même proportion, donc le recovery factor ne bouge presque pas. C'est précisément ce qui le rend utile : il isole la qualité du système du dimensionnement.
S'il bouge nettement après un changement de taille, c'est que quelque chose d'autre a changé en même temps, et ça vaut la peine de chercher quoi.
Le premier défaut est la période trop courte. Un drawdown maximum n'est fiable que sur un historique long ; sur trois mois, il décrit ce qui est arrivé, pas ce qui peut arriver. Un recovery factor de 8 sur un trimestre calme deviendra 2 dès la première vraie mauvaise passe, sans que le système ait changé.
Le deuxième est l'absence du temps. Le rapport traite un creux court et un creux long exactement pareil, alors que la durée est ce qui décide de l'abandon. Deux systèmes au même recovery factor peuvent être l'un tenable et l'autre invivable.
Le troisième est le dénominateur mal calculé. Si le drawdown est mesuré depuis le capital de départ au lieu du sommet, il est fortement sous-estimé, et le recovery factor gonfle d'autant. C'est la même erreur que sur le drawdown lui-même, et elle se propage ici en silence.
L'erreur classique. Se réjouir d'un recovery factor élevé sur une période courte. Le dénominateur est un drawdown maximum, et un drawdown maximum n'a de sens que sur un long historique : sur un trimestre calme, il n'a simplement pas encore été mis à l'épreuve. Le chiffre est juste, et il décrit une période, pas un système.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Recovery factor | P&L net ÷ drawdown maximum | Le gain rapporté au pire creux subi | Comparer deux systèmes à risque inégal |
| Drawdown maximum | (sommet − creux) ÷ sommet | Le creux seul, sans le gain | Dimensionner ses positions |
| Ratio de Sharpe | moyenne ÷ écart-type | La régularité, pas la profondeur | Juger la stabilité d'une performance |
| Profit factor | Σ gains ÷ |Σ pertes| | Le rapport entre deux totaux | Juger un système trade par trade |
Un recovery factor élevé sur trois mois décrit un trimestre calme, pas un bon système. Le dénominateur n'a pas encore été mis à l'épreuve, et il le sera. Ce contrôle prend une seconde et évite de conclure sur un échantillon qui n'avait rien traversé.
Un recovery factor inférieur à 1 veut dire que ton pire creux dépasse ton gain annuel. Réduire le risque par trade réduit les deux, donc ne change presque pas le rapport, mais rend la période vivable, ce qui est la condition pour qu'elle se répète.
C'est l'information que ce chiffre ne contient pas et que rien d'autre ne donne. Un creux de six mois et un creux de trois semaines donnent le même recovery factor et deux expériences sans rapport. Une ligne par trimestre suffit.
C'est ton P&L net divisé par ton drawdown maximum sur la même période. Il dit combien tu gagnes pour chaque unité de pire creux traversée, et il sépare immédiatement deux traders qui affichent le même gain annuel avec des trajectoires très différentes.
Entre 2 et 3 est bon, entre 3 et 5 est très bon et correspond à ce qu'un financeur regarde. En dessous de 1, ton pire creux dépasse ton gain de la période : c'est rentable et très difficile à tenir. Au-delà de 5, vérifie d'abord que la période est assez longue pour contenir un vrai creux.
Les deux divisent un gain par un risque, mais pas le même. Le recovery factor prend la pire baisse, le Sharpe prend la dispersion des résultats. Un système très régulier qui subit une seule chute brutale aura un bon Sharpe et un mauvais recovery factor, et les deux chiffres auront raison.
Presque pas, et c'est précisément son intérêt. Réduire le risque par trade réduit le gain et le drawdown dans à peu près la même proportion, donc leur rapport reste stable. C'est ce qui permet de l'utiliser pour juger la qualité d'un système indépendamment de son dimensionnement.
Le temps. Un creux de 1 800 € traversé en trois semaines et le même étalé sur huit mois donnent exactement le même recovery factor, alors que le premier est un accident et le second une année entière à douter. C'est la durée qui fait abandonner une méthode rentable, et elle n'est dans aucun de ces rapports.
Le recovery factor est un indicateur de l'écran Rapports, calculé à partir du P&L net et du drawdown maximum mesuré depuis chaque sommet de ta courbe de capital. Ce dernier point compte : mesuré depuis le solde de départ, le dénominateur serait fortement sous-estimé et le rapport gonflerait en silence.
Il se lit à côté du drawdown max et du ratio de Sharpe dans le même tableau, et c'est ce trio qui décrit une trajectoire : la profondeur, la régularité, et le gain rapporté à la profondeur. La durée du creux, elle, n'est dans aucun des trois, et c'est la seule chose à noter à la main.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.