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Ratio de Sharpe

Le ratio de Sharpe rapporte la moyenne de tes résultats à leur irrégularité, mesurée par l'écart-type. Il ne dit pas combien tu gagnes, il dit à quel point tu le gagnes régulièrement, et c'est une question que ni le P&L ni le profit factor ne posent.

La moyenne, et l'écart à la moyenne

moyenne 1,12 % bande d'un écart-type 1,12 ÷ 1,99 = 0,56 moyenne ÷ écart-type : c'est toute la formule
Les mêmes barres, plus serrées autour de la ligne bleue, donneraient un ratio plus élevé sans gagner un euro de plus. C'est la régularité qui est mesurée ici, pas la performance.

Les points clés

  • La formule : moyenne des résultats ÷ écart-type des résultats, sur une même période de référence.
  • Ce qu'il mesure : la régularité, pas la performance. Deux systèmes au même rendement peuvent avoir des Sharpe opposés.
  • La convention des journaux : calculé sur les résultats journaliers et non annualisé, comme chez FTMO et MetaStats.
  • Son biais connu : il pénalise les bonnes surprises autant que les mauvaises, parce qu'il ne regarde qu'un écart.
  • Sa fragilité : sur moins de soixante jours de trading, le chiffre ne veut rien dire.

1. Qu'est-ce que Ratio de Sharpe ?

Le ratio de Sharpe vient de la gestion de portefeuille, où il sert à comparer des fonds. L'idée est qu'un rendement ne se juge pas seul : obtenir 12 % par an tranquillement et obtenir 12 % par an en passant par des chutes brutales ne sont pas la même performance, même si le chiffre final est identique.

Il se calcule en divisant la moyenne de tes résultats par leur écart-type, c'est-à-dire par la mesure de leur dispersion autour de cette moyenne. Plus tes résultats se ressemblent d'une période à l'autre, plus l'écart-type est petit, et plus le ratio monte. À gain égal, la régularité paie.

Dans les journaux de trading, il est presque toujours calculé sur les résultats journaliers et laissé non annualisé, ce qui est la convention de FTMO et de MetaStats. La version académique soustrait en plus un taux sans risque et multiplie par la racine du nombre de périodes ; les deux versions portent le même nom et ne donnent pas le même nombre, ce qui interdit de comparer un Sharpe d'un outil à l'autre sans vérifier la définition.

2. La formule de calcul

La formule de base

Ratio de Sharpe = moyenne des résultats ÷ écart-type des résultats

La période de référence doit être la même pour les deux termes : des résultats journaliers donnent un Sharpe journalier, des résultats mensuels un Sharpe mensuel. Ce ne sont pas les mêmes nombres.

La version annualisée multiplie le résultat par la racine carrée du nombre de périodes dans l'année, soit environ 15,9 pour des jours de bourse. C'est ce qui explique qu'un même compte affiche 0,12 ici et 1,9 ailleurs.

La version académique soustrait un taux sans risque au numérateur. Les journaux de trading ne le font pas, et la différence devient importante quand les taux montent.

Interpréter le résultat

Ratio de Sharpe annualiséCe que ça décrit
moins de 0La moyenne des résultats est négative. Le reste du calcul n'a plus d'objet.
0 à 1Résultats irréguliers. La plupart des traders discrétionnaires sont ici.
1 à 2Régularité solide. C'est déjà le domaine des systèmes bien tenus.
2 à 3Très régulier, rare, et généralement obtenu sur beaucoup de trades courts.
plus de 3Presque toujours un historique trop court, ou un calcul qui n'est pas celui qu'on croit.

Avant de lire ce tableau, il faut savoir quelle version du calcul est affichée. Les seuils ci-dessus valent pour un Sharpe annualisé, celui de la littérature financière. Un journal de trading qui affiche un Sharpe journalier non annualisé donnera 0,09 là où le même compte vaut 1,4 annualisé, et comparer les deux n'a aucun sens. C'est la première chose à vérifier, avant même de regarder la valeur.

Le second point est que ce ratio pénalise la volatilité dans les deux sens. Un très bon mois écarte tes résultats de leur moyenne exactement comme un mauvais, donc il fait baisser le chiffre. C'est logique pour un gérant de fonds qui vend de la prévisibilité, et c'est discutable pour un trader dont le métier est précisément de capter les mouvements exceptionnels.

Un exemple de calcul

  • Douze mois de résultats, en pourcentage du capital.
  • +2,1 · −0,8 · +3,4 · +1,2 · −1,9 · +4,0 · +0,6 · +2,8 · −0,4 · +1,5 · +3,1 · −2,2.
  • Moyenne = +1,12 % par mois.
  • Écart-type = 1,99 point.
  • Sharpe mensuel = 1,12 ÷ 1,99.

Le ratio vaut 0,56 sur ces douze mois. Le point à voir est celui-ci : le mois à +4,0 % fait baisser le ratio, parce qu'il s'écarte de la moyenne autant qu'un mauvais mois. Le ratio de Sharpe ne distingue pas les surprises agréables des autres, et c'est son défaut le plus connu.

3. À quoi ça sert

Comparer deux méthodes au même rendement

C'est l'usage pour lequel le ratio a été inventé, et il reste le bon. Quand deux systèmes rapportent la même chose sur l'année, celui qui a le Sharpe le plus élevé y est arrivé plus calmement, donc il est plus facile à tenir et plus facile à financer.

Cette comparaison n'a de sens que si les deux chiffres sortent de la même définition et de la même période de référence. Un Sharpe lu sur un rapport de prop firm et un Sharpe lu dans un journal ne se comparent presque jamais directement.

Repérer une régularité qui vient d'un seul coup

Un Sharpe médiocre malgré un bon rendement signale que le résultat tient à peu de périodes. C'est la même information que le contrôle qui consiste à retirer son plus gros gagnant du profit factor, obtenue autrement, et elle vaut la peine d'être vue avant de tirer des conclusions.

L'usage défensif est le plus utile pour un trader particulier : le ratio sert moins à se féliciter qu'à repérer qu'une performance repose sur trop peu de choses.

4. Pourquoi le calcul générique trompe

Le défaut le plus discuté est la symétrie de la volatilité. L'écart-type traite un mois à +4 % et un mois à −4 % exactement de la même façon, parce qu'il ne mesure qu'une distance à la moyenne. Un trader qui capte un gros mouvement voit donc son ratio baisser pour avoir bien travaillé, et c'est pour répondre à ça qu'existent d'autres ratios qui ne comptent que les écarts négatifs.

Le deuxième est la confusion entre les versions. Journalier ou annualisé, avec ou sans taux sans risque, calculé sur les trades ou sur les jours : un même compte peut afficher 0,09, 0,56 ou 1,4 selon la convention. Presque aucun outil n'écrit laquelle il applique, et comparer deux chiffres sans le savoir ne compare rien du tout.

Le troisième est l'échantillon. Sous une soixantaine de jours de trading, l'écart-type est lui-même très instable, donc le ratio l'est aussi. Un Sharpe calculé sur six semaines change de moitié avec deux journées inhabituelles, ce qui en fait un chiffre à ne pas regarder plutôt qu'un chiffre à interpréter avec prudence.

5. Avantages et limites

Les avantages

  1. Il mesure une chose que rien d'autre ne mesure dans un journal : la régularité, indépendamment du montant gagné.
  2. Il est universel. Venu de la gestion de portefeuille, il permet de situer un compte de trading face à n'importe quel autre placement.
  3. Il repère les performances qui tiennent à peu de périodes, ce qui en fait un bon contrôle de robustesse, à côté du profit factor.

Les limites

  1. Il pénalise les bons mois. Un gain exceptionnel augmente l'écart-type et fait baisser le ratio, ce qui est contre-intuitif pour un trader.
  2. Les versions ne se comparent pas. Journalier, annualisé, avec ou sans taux sans risque : même nom, trois nombres différents.
  3. Il exige un long historique. Sous soixante jours, l'écart-type lui-même est instable et le ratio ne veut rien dire.

L'erreur classique. Comparer un ratio de Sharpe à un autre sans vérifier la convention. Un même compte affiche 0,09 en journalier non annualisé et 1,4 en annualisé, et presque aucun outil n'écrit lequel des deux il montre. Le chiffre le plus flatteur est souvent simplement celui qui a été multiplié par la racine du nombre de jours.

6. Comparaison avec les indicateurs voisins

IndicateurFormuleCe qu'il mesureQuand l'utiliser
Ratio de Sharpemoyenne ÷ écart-type des résultatsLa régularité, dans les deux sensComparer deux méthodes à rendement égal
Drawdown maximum(sommet − creux) ÷ sommetLa pire baisse vécueDimensionner ses positions
Recovery factorP&L net ÷ drawdown maximumLe gain par unité de creux subieComparer deux systèmes à risque égal
Profit factorΣ gains ÷ |Σ pertes|Ce que tu gagnes pour 1 € perduJuger un système entier, ou un setup

Les différences qui comptent

  1. Le Sharpe mesure la dispersion, le drawdown mesure la profondeur. Un système peut être très régulier et connaître une seule chute brutale : le premier chiffre sera bon, le second mauvais, et les deux auront raison.
  2. Le Sharpe est le seul des quatre à punir les bonnes surprises. Profit factor, recovery factor et drawdown se moquent de savoir si tes gains sont réguliers ; c'est précisément le vide que le Sharpe vient combler, avec le biais que ça implique.
  3. Aucun des quatre ne parle de fréquence. Un excellent Sharpe sur dix jours de trading par an ne produit aucun revenu, et il faudra toujours multiplier par le nombre d'occasions pour savoir ce que ça vaut.

7. Comment l'améliorer

1. Vérifie d'abord quelle version tu regardes

Journalier ou annualisé, avec ou sans taux sans risque : tant que tu ne sais pas, le chiffre ne se compare à rien et les seuils publiés ne s'appliquent pas. C'est la seule étape à faire avant toutes les autres, et elle prend le temps de lire une note de bas de page.

2. Réduis la taille sur les configurations les plus volatiles

Le ratio monte quand la dispersion baisse. Prendre des positions plus petites sur les setups aux résultats les plus dispersés resserre la courbe sans rien enlever à la méthode, et c'est le levier le plus direct sur ce chiffre précis.

3. Ne le regarde pas avant soixante jours

Sous cet ordre de grandeur, l'écart-type bouge tellement que le ratio n'informe pas : il bruite. Beaucoup de traders ajustent leur méthode sur un Sharpe calculé en six semaines, c'est-à-dire sur un nombre qui n'avait pas encore de sens.

8. Questions fréquentes

Qu'est-ce que le ratio de Sharpe ?

C'est la moyenne de tes résultats divisée par leur écart-type. Il mesure la régularité d'une performance plutôt que son montant : à gain égal, le système dont les résultats se ressemblent le plus d'une période à l'autre obtient le ratio le plus élevé.

Qu'est-ce qu'un bon ratio de Sharpe ?

Sur une base annualisée, entre 1 et 2 décrit une régularité solide, et au-delà de 3 il faut se méfier d'un historique trop court. Attention : ces seuils ne valent que pour la version annualisée. Un journal qui affiche un Sharpe journalier non annualisé donnera des valeurs quinze fois plus petites pour exactement la même performance.

Comment calculer le ratio de Sharpe ?

Prends la série de tes résultats sur une période fixe, journalière ou mensuelle, calcule leur moyenne, calcule leur écart-type, et divise la première par le second. Pour annualiser, multiplie par la racine carrée du nombre de périodes dans l'année, soit environ 15,9 pour des jours de bourse.

Pourquoi un très bon mois fait-il baisser mon ratio ?

Parce que l'écart-type mesure une distance à la moyenne sans se soucier du sens. Un mois à +4 % s'écarte de ta moyenne autant qu'un mois à −4 %, donc il augmente la dispersion et fait baisser le ratio. C'est le reproche le plus courant fait à cette mesure, et il est fondé pour un trader dont le métier est de capter les mouvements exceptionnels.

À partir de combien de données le ratio est-il fiable ?

Une soixantaine de jours de trading est un minimum, et c'est encore peu. En dessous, l'écart-type est lui-même très instable : deux journées inhabituelles peuvent faire varier le ratio de moitié. Sur un historique court, il vaut mieux ne pas le regarder que le regarder avec prudence.

9. Dans Tradoshi

Tradoshi calcule le ratio de Sharpe sur tes résultats journaliers et ne l'annualise pas, ce qui est la convention retenue par FTMO et MetaStats. C'est important à savoir avant de comparer : les seuils habituels de la littérature financière, ceux qui parlent de 1 ou de 2, décrivent un Sharpe annualisé et ne s'appliquent donc pas directement au chiffre affiché.

Il apparaît dans l'écran Rapports, à côté du drawdown maximum et du recovery factor, et c'est le voisinage qui compte : le Sharpe décrit la dispersion, le drawdown décrit la profondeur, et lire l'un sans l'autre laisse toujours la moitié de l'histoire de côté.

10. En résumé

  1. Le ratio de Sharpe est la moyenne de tes résultats divisée par leur écart-type. Il mesure la régularité, jamais le montant gagné.
  2. Il punit les bons mois autant que les mauvais, parce qu'un écart à la moyenne est un écart, quel que soit son sens.
  3. Les versions journalière et annualisée portent le même nom et donnent des nombres sans rapport. Savoir laquelle est affichée passe avant toute interprétation.

Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.

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