Le taux de trades avec émotion taguée est la part de tes positions auxquelles tu as associé un état, avant ou pendant le trade. C'est la matière première de toute analyse psychologique d'un journal, et sans elle il n'y en a simplement aucune.
Sur 100 trades
Sommaire
Taguer une émotion consiste à associer à un trade un état déclaré : calme, pressé, en colère, hésitant, confiant. Le taux mesure simplement sur quelle part de tes trades cette information existe, et c'est un préalable plutôt qu'un résultat.
Son intérêt est entièrement dans ce qu'il rend possible. Une fois l'état enregistré, il devient une dimension comme une autre, et le P&L par état répond à une question que rien d'autre n'atteint : est-ce que tes trades pris dans un certain état perdent plus souvent ? La réponse est souvent nette, et elle est toujours personnelle.
La contrainte est la même que pour la note d'exécution : l'état se note avant de connaître le résultat. Une émotion attribuée après coup décrit le souvenir du résultat, pas l'état d'esprit du moment, et le croisement devient alors une corrélation fabriquée.
Trades avec émotion taguée = trades portant un état ÷ nombre total de trades × 100
La liste d'états doit être courte et stable. Vingt nuances produisent vingt groupes de trois trades, sur lesquels rien ne se mesure.
L'état porte sur le moment du trade, pas sur la journée. Un même jour peut contenir un trade calme et un trade de revanche.
Un taux bas n'est pas une information sur ton état, c'est une absence d'information. Les trades non tagués ne sont ni calmes ni agités, ils sont inconnus.
| Taux de trades tagués | Ce qu'on peut en tirer |
|---|---|
| moins de 25 % | Rien de solide. L'échantillon est petit et il n'a pas été choisi au hasard. |
| 25 à 60 % | Des pistes. À croiser avec le résultat en sachant que les trades marquants sont surreprésentés. |
| 60 à 90 % | Exploitable. Les groupes deviennent assez gros pour qu'un écart de P&L veuille dire quelque chose. |
| plus de 90 % | La saisie est devenue un réflexe. C'est là que cette donnée commence à valoir son coût. |
| 100 % avec un seul état | Le tag est posé mécaniquement sans être choisi. Autant ne rien noter. |
La première ligne dit une chose désagréable et vraie : un petit échantillon de trades tagués n'est pas un petit échantillon au hasard. On note son état quand le trade sort de l'ordinaire, donc les trades tagués contiennent une surreprésentation d'émotions fortes et de résultats marquants. Le croisement en devient biaisé avant même d'être calculé.
La dernière ligne décrit l'écueil inverse. Un tag posé par réflexe sur chaque trade, toujours le même, remplit la statistique sans rien contenir. La donnée utile n'est pas la présence d'un état mais un état choisi, et ces deux situations donnent exactement le même pourcentage.
Le signal est net sur les trades tagués : ceux pris dans la précipitation perdent. Mais 24 % de couverture veut dire que ce constat repose sur neuf trades, et que 76 trades n'ont pas été renseignés. C'est une piste, pas une conclusion, et le vrai chantier est le taux avant d'être l'émotion.
C'est l'usage entier de cette donnée. Croise le P&L avec l'état déclaré : si un état ressort systématiquement négatif sur un échantillon correct, tu viens d'identifier une condition d'entrée à ajouter à ton plan, formulée en état plutôt qu'en prix.
La réponse est toujours personnelle. L'état qui coûte n'est pas le même d'un trader à l'autre, et il n'est presque jamais celui qu'on aurait deviné avant de mesurer.
Beaucoup de traders savent qu'ils tradent mal après une perte, ou en fin de journée, et les émotions en trading se racontent bien plus facilement qu'elles ne se mesurent. Ce tag transforme cette intuition en chiffre, et le chiffre contredit l'intuition assez souvent pour que la vérification vaille la peine.
C'est aussi la seule façon de distinguer un vrai problème d'un souvenir marquant. Deux trades de colère dont on se souvient parfaitement ne font pas une tendance.
Le premier défaut est le biais de sélection, et il est structurel. On tague quand le trade sort de l'ordinaire, donc l'échantillon tagué n'est pas représentatif de l'activité. Tant que le taux est bas, tous les croisements portent sur une population choisie par l'humeur du moment.
Le deuxième est le tag posé après coup, exactement comme pour la note d'exécution. Une émotion attribuée en relisant un trade perdant sera presque toujours négative, et le croisement avec le P&L montrera alors une corrélation parfaite qui ne prouve que l'ordre de saisie.
Le troisième est la liste trop longue. Quinze états produisent quinze groupes minuscules, et aucun écart n'y est interprétable. Trois ou quatre états, stables dans le temps, valent bien mieux qu'une nomenclature fine qu'on remplit une fois sur deux.
L'erreur classique. Croire qu'un trade non tagué est un trade serein. Un taux de 24 % ne veut pas dire que 76 % de tes trades étaient calmes, il veut dire qu'on ne sait rien de 76 % de tes trades. C'est une absence d'information, et la lire comme une information est la façon la plus simple de tirer une conclusion inverse de la réalité.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Émotion taguée | trades avec état ÷ total | La présence de l'information, pas l'état | Rendre possible le croisement état / résultat |
| Note d'exécution | moyenne des notes données | La qualité du geste, déclarée | Séparer la malchance de l'erreur |
| Plan respecté | trades conformes ÷ total | La conformité, en oui ou non | Chiffrer ce que coûte l'indiscipline |
| Trades avec stop | trades avec stop ÷ total | Une règle vérifiable, pas déclarée | Mesurer la protection de base |
Une liste courte se remplit, une liste fine se contourne. Trois ou quatre états stables produisent des groupes assez gros pour qu'un écart de P&L veuille dire quelque chose, et c'est tout ce qu'on demande à cette donnée.
Une émotion attribuée après coup décrit le souvenir du résultat. Le croisement montre alors une corrélation parfaite qui ne prouve que l'ordre dans lequel les deux ont été saisis, exactement comme pour la note d'exécution.
Sous 60 %, les croisements portent sur un échantillon choisi par l'humeur. Monter la couverture vaut mieux que raffiner l'interprétation, et c'est le seul ordre dans lequel cette donnée finit par servir.
C'est un état déclaré associé à un trade : calme, pressé, en colère, hésitant. Le taux de trades tagués mesure simplement sur quelle part de ton activité cette information existe, et il conditionne toute analyse psychologique de ton journal.
À croiser un état avec un résultat. Si un état ressort systématiquement négatif sur un échantillon correct, tu as identifié une condition d'entrée à ajouter à ton plan, formulée en état plutôt qu'en prix. La réponse est toujours personnelle et rarement celle qu'on aurait devinée.
Avant ou pendant le trade, jamais après la clôture. Une émotion attribuée en relisant un trade perdant sera presque toujours négative, et le croisement montrera alors une corrélation parfaite qui ne prouve que l'ordre dans lequel les deux ont été saisis.
Trois ou quatre, stables dans le temps. Quinze nuances produisent quinze groupes de trois trades sur lesquels aucun écart n'est interprétable, et une liste longue se remplit moins souvent. La finesse coûte ici bien plus qu'elle ne rapporte.
Non, c'est un trade dont on ne sait rien. C'est la confusion la plus courante sur cette mesure : un taux de 24 % ne dit pas que 76 % de tes trades étaient sereins, il dit que 76 % ne sont pas renseignés. Lire une absence d'information comme une information mène à la conclusion inverse de la réalité.
Dans Tradoshi, l'état s'associe au trade de deux façons : à l'écrit dans l'écran Trade Review, ou par le check-in émotionnel, qui accepte la voix aussi bien que l'écrit et dont l'IA analyse ce que tu dis. C'est une donnée que tu fournis, et rien ne la devine à partir du résultat.
Elle sert dans l'écran Rapports, où État émotionnel est une dimension : n'importe quel indicateur peut être rangé par état, et le P&L net par état est exactement le croisement décrit plus haut. L'indicateur Trades avec émotion taguée, lui, dit sur quelle part de ton activité ce croisement repose, et c'est le chiffre à regarder en premier.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.