Le gain laissé sur la table est la somme, trade par trade, de ce que le marché offrait à son meilleur moment moins ce que tu as encaissé. C'est l'efficacité de sortie exprimée en euros plutôt qu'en pourcentage, et c'est la version qui dit si le sujet mérite du travail.
Les niveaux d'un trade
Sommaire
Le gain laissé sur la table additionne, pour chaque trade, l'écart entre son meilleur moment et son résultat. Un trade qui offrait 400 € et qui en a rapporté 150 a laissé 250 € ; un trade sorti au sommet exact n'a rien laissé.
Sa raison d'être est l'échelle. Une efficacité de sortie de 44 % est identique pour un trader qui laisse 800 € par an et pour un autre qui en laisse 80 000, alors que le premier a mieux à faire et le second devrait s'y mettre immédiatement. Le pourcentage désigne un levier, le montant dit s'il faut le tirer.
Il faut dire clairement ce que ce chiffre n'est pas : ce n'est pas une perte. L'argent laissé sur la table n'a jamais été sur ton compte, il était offert à un instant que rien ne signalait. Le lire comme un manque à gagner est la meilleure façon de dérégler une méthode qui fonctionnait.
Gain laissé = Σ max(0 ; MFE du trade − gain encaissé)
Le max(0 ; …) n'est pas une précaution de style : sans lui, un trade sorti au sommet donnerait une valeur négative qui compenserait un autre trade, et le total ne décrirait plus rien.
C'est précisément ce qui le rend toujours positif, donc toujours inquiétant en apparence. Un trader parfait laisserait encore de l'argent sur la table à chaque trade dont le sommet était après sa cible.
Le chiffre grandit mécaniquement avec le nombre de trades. Il ne se compare entre deux périodes qu'à activité comparable, ou rapporté au gain total.
| Gain laissé rapporté au gain encaissé | Ce que ça décrit |
|---|---|
| moins de 30 % | Sorties serrées. Le levier existe mais il est petit, et d'autres chantiers rapportent plus. |
| 30 à 80 % | Ordinaire. Une partie du mouvement repart régulièrement sans toi. |
| 80 à 150 % | Le marché offrait autant que ce que tu as pris. La sortie est le premier chantier. |
| plus de 200 % | Sorties très précoces, ou un seul trade énorme qui écrase le total. Vérifier lequel. |
La dernière ligne contient le contrôle à faire avant toute conclusion. Ce total est une somme, donc un seul trade dont le MFE était énorme peut représenter la moitié du chiffre du trimestre. Retirer le plus gros contributeur et regarder ce qui reste est le même réflexe que retirer son plus gros gagnant d'un profit factor, et il évite de refaire une méthode à cause d'un cas isolé.
Le reste du tableau se lit en proportion du gain, jamais en valeur absolue. Un trader qui gagne 100 000 € et en laisse 30 000 n'a pas le même problème qu'un trader qui gagne 3 000 € et en laisse 30 000, alors que le second montant est identique.
Le marché offrait 13 920 € de plus que ce qui a été pris, soit plus que le gain lui-même. Ce montant n'est pas une perte, et il ne sera jamais entièrement récupérable : une partie de ces sommets était intouchable sans une chance parfaite. Mais l'ordre de grandeur dit que travailler la sortie vaut plus, ici, que chercher des trades supplémentaires.
C'est l'usage pour lequel ce chiffre existe. L'efficacité de sortie dit qu'un levier existe, le gain laissé dit combien il pèse. Entre travailler une sortie qui laisse 900 € par an et chercher dix trades de plus par mois, le montant tranche en une seconde.
C'est un arbitrage de temps, pas de méthode. Beaucoup de traders passent des mois sur un levier réel mais minuscule pendant qu'un autre, plus gros, attend sans être regardé.
Réparti par configuration, ce montant désigne presque toujours un ou deux setups responsables de l'essentiel. Ce sont souvent ceux qui produisent les mouvements les plus longs, donc ceux où une cible fixe est la plus coûteuse.
Cette répartition est plus utile que le total, parce qu'elle mène à une action précise : changer la sortie sur un setup, pas sur toute la méthode.
Le défaut central est le biais structurel. Comme les valeurs négatives sont ramenées à zéro, ce total ne peut que grandir, et un trader parfaitement discipliné affichera quand même un chiffre impressionnant. Le lire comme un reproche est un contresens sur la construction même de la mesure.
Le deuxième est de le prendre pour de l'argent récupérable. Une partie de ces sommets était une pointe de quelques secondes sur laquelle aucun ordre n'aurait été rempli, et une autre partie ne se serait produite que si tu n'étais pas sorti, ce qui aurait changé ta gestion du trade suivant. Ce n'est pas une réserve à aller chercher.
Le troisième est l'effet de taille. Un chiffre en euros grandit avec le nombre de trades et avec la taille de position, donc il ne se compare pas d'un trimestre à l'autre si l'activité a changé. C'est le rapport au gain encaissé qui se compare, pas le montant brut.
L'erreur classique. Le lire comme un manque à gagner. Cet argent n'a jamais été sur ton compte, et une partie de ces sommets était une pointe de quelques secondes qu'aucun ordre n'aurait attrapée. Traiter ce chiffre comme une perte pousse à tenir des positions au-delà de ce que la méthode prévoyait, ce qui coûte bien plus que ce qu'il prétend récupérer.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Gain laissé sur la table | Σ max(0 ; MFE − gain) | L'écart, en euros | Savoir si le levier vaut le travail |
| Efficacité de sortie | Σ gains ÷ Σ MFE | Le même écart, en % | Suivre l'habitude dans le temps |
| MFE | meilleur point − entrée | Ce qui était offert, par trade | Comprendre un cas particulier |
| Gain moyen | moyenne des gagnants | Le résultat, sans le chemin | Dire ce qu'un gagnant rapporte |
13 920 € ne veut rien dire seul. Rapporté à 11 040 € de gains, ça veut dire que le marché offrait plus que ce qui a été pris, et là le chiffre parle. Le montant brut ne se compare ni à un autre trader ni à ton propre trimestre précédent.
C'est une somme, donc un trade exceptionnel peut en représenter la moitié. Le même contrôle que sur le profit factor : sans lui, que reste-t-il ? Si le total s'effondre, il n'y avait pas de problème de sortie, il y avait un trade hors norme.
Le total désigne rarement une action. La répartition, presque toujours : un ou deux setups portent l'essentiel, et ce sont ceux-là dont il faut changer la sortie, pas la méthode entière.
C'est la somme, sur chaque trade, de ce que le marché offrait à son meilleur moment moins ce que tu as réellement encaissé. Un trade qui offrait 400 € et qui en a rapporté 150 a laissé 250 € sur la table.
Parce que les écarts négatifs sont ramenés à zéro : un trade sorti au sommet exact laisse zéro, jamais une valeur négative qui compenserait un autre trade. C'est voulu, sinon le total ne décrirait plus rien, mais ça veut dire qu'il grossit toujours, même chez un excellent trader.
Non, et c'est la confusion la plus coûteuse sur ce terme. Cet argent n'a jamais été sur ton compte : il était offert à un instant que rien ne signalait comme le sommet. Une partie de ces pointes n'aurait rempli aucun ordre. Le lire comme une perte pousse à tenir des positions plus longtemps que prévu, ce qui coûte davantage.
En le rapportant à ton gain encaissé sur la même période. Laisser 30 % de ce que tu as pris est ordinaire ; en laisser plus de 100 % veut dire que le marché offrait davantage que ce que tu as gardé, et là la sortie devient le premier chantier. Le montant brut ne se compare à rien.
Oui, complètement, parce que c'est une somme. Un trade dont le MFE était énorme peut représenter la moitié du chiffre d'un trimestre. Le contrôle est le même que sur le profit factor : retire le plus gros contributeur et regarde ce qui reste avant de conclure quoi que ce soit sur tes sorties.
Gain laissé sur la table est un indicateur de l'écran Rapports, dans le même groupe que le MFE et l'efficacité de sortie. Comme eux, il n'existe que pour les trades dont Tradoshi a pu télécharger les bougies historiques, puisqu'il se calcule à partir du MFE.
Les deux contrôles décrits plus haut se font dans cet écran sans rien calculer à la main. La dimension Étiquette répartit le montant par setup et désigne celui qui porte l'essentiel. Et l'indicateur Plus gros gain, affiché à côté, dit tout de suite si un trade exceptionnel explique le total à lui seul.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.