Le MFE, pour maximum favorable excursion, est le gain latent le plus élevé qu'un trade a atteint avant d'être clôturé. C'est la seule statistique qui décrit ce qui s'est passé pendant le trade, là où toutes les autres ne connaissent que son résultat final.
Ce qu'un trade traverse avant de se fermer
Sommaire
Un relevé de trades ne garde que deux prix : celui de l'entrée et celui de la sortie. Tout ce qui s'est passé entre les deux a disparu. Le MFE restitue une partie de ce chemin : le point le plus favorable que le prix a atteint pendant que la position était ouverte.
L'intérêt est de pouvoir juger une sortie, ce qu'aucune autre statistique ne permet. Un trade clôturé à +40 pips n'a pas la même histoire selon qu'il est monté à +45 ou à +200 : dans le premier cas la sortie était excellente, dans le second le marché offrait cinq fois plus. Le résultat final est identique, la décision ne l'est pas.
C'est aussi une mesure qui a un coût technique, et c'est pour ça qu'elle est rare. La calculer demande l'historique des prix entre l'ouverture et la clôture de chaque trade, donnée qu'aucun relevé de courtier ne fournit. Il faut aller la chercher ailleurs, trade par trade, ce qui explique que la plupart des journaux ne l'affichent pas.
MFE d'un trade = |prix le plus favorable atteint − prix d'entrée| — MFE moyen = moyenne sur tous les trades
Le MFE est toujours positif ou nul : c'est une distance, pas un résultat. Un trade perdant a lui aussi un MFE, souvent proche de zéro.
Il se mesure entre l'ouverture et la clôture, jamais après. Ce que le prix a fait une fois que tu étais sorti ne te concerne plus.
Sa finesse dépend des bougies utilisées. Un MFE calculé sur des bougies horaires rate les pointes intra-heure, donc il est systématiquement sous-estimé par rapport à un calcul à la minute.
| Gain encaissé rapporté au MFE | Ce que ça décrit |
|---|---|
| plus de 80 % | Sorties très proches du meilleur moment. Rare, et souvent le signe de cibles modestes. |
| 50 à 80 % | Zone normale. Tu captes l'essentiel du mouvement que tu as attrapé. |
| 30 à 50 % | Sorties précoces récurrentes, ou cibles systématiquement trop proches. |
| moins de 30 % | Le marché offrait trois fois ce que tu as pris. Le problème est la sortie, pas l'entrée. |
| MFE proche du gain sur les perdants | Normal : un trade qui n'est jamais parti en ta faveur a un MFE presque nul. |
La première ligne surprend, et elle est importante : capter 90 % du MFE n'est pas un bon résultat. Ça veut presque toujours dire que tes cibles sont si proches que le prix n'a pas eu le temps d'aller plus loin. Un excellent ratio peut donc décrire un trader qui coupe systématiquement trop tôt, et la seule façon de trancher est de regarder aussi la taille absolue des gains.
Le second point est que le MFE ne se lit pas sur les perdants de la même manière. Un trade qui part immédiatement contre toi a un MFE proche de zéro, ce qui est mécanique et ne dit rien. La mesure n'a de sens que sur les gagnants, ou sur les trades qui ont au moins été positifs à un moment.
Le marché offrait en moyenne 312 € par trade gagnant et tu en as pris 138. L'écart n'est pas une perte, puisque ce gain n'a jamais été acquis, mais il chiffre une marge de progression qui n'apparaît dans aucune autre statistique. Le même journal sans MFE aurait simplement affiché « gain moyen : 138 € », ce qui ne dit rien de la sortie.
C'est l'apport principal, et il est décisif parce que les deux problèmes ne se corrigent pas du tout pareil. Un MFE moyen élevé avec un gain moyen faible dit que tes entrées trouvent le mouvement et que tes sorties le rendent : il n'y a rien à changer dans la sélection des trades.
À l'inverse, un MFE moyen faible dit que le marché n'a jamais beaucoup avancé en ta faveur, et là c'est bien l'entrée qui est en cause. Sans MFE, ces deux situations produisent le même gain moyen et se confondent complètement.
Si le MFE moyen de tes gagnants est de 312 € et que tu sors à 138 €, une cible fixée plus loin est défendable par un chiffre. Ce n'est pas une garantie, puisque déplacer la cible change aussi le nombre de trades qui l'atteignent, mais c'est un point de départ mesuré.
La vérification se fait ensuite en conditions réelles : on déplace la cible, on laisse passer une trentaine de trades, et on compare. Le MFE indique la direction, il ne remplace pas l'essai.
Le premier défaut est le biais rétrospectif, et il est puissant. Le MFE montre ce que le marché a offert, et l'esprit le lit comme ce qu'on aurait dû prendre. Or ce point n'était identifiable qu'après coup : au moment où le prix y était, rien ne disait que c'était le sommet. Confondre les deux transforme une statistique utile en machine à regrets.
Le deuxième est la finesse des données. Un MFE calculé sur des bougies horaires manque les pointes de quelques minutes, donc il sous-estime ; un MFE calculé au tick les capture toutes, y compris des pointes sur lesquelles aucun ordre n'aurait été rempli. Deux outils honnêtes donnent deux chiffres différents pour le même trade, et aucun n'écrit sa résolution.
Le troisième est de le lire seul. Un écart entre MFE et gain encaissé peut venir d'une sortie trop précoce, mais aussi d'une cible parfaitement raisonnable que le marché a dépassée une fois sur dix. Sans l'autre moitié du calcul, le nombre de fois où la cible plus lointaine n'aurait pas été touchée, on optimise sur une seule branche.
L'erreur classique. Lire le MFE comme ce qu'on aurait dû prendre. Le meilleur point d'un trade n'était pas repérable au moment où le prix y était : rien ne le distinguait d'un simple palier. Le MFE mesure une offre du marché, il ne décrit pas une décision qui était disponible.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| MFE | meilleur point atteint − entrée | Ce que le marché offrait au mieux | Juger le moment d'une sortie |
| MAE | pire point atteint − entrée | Ce que le trade a traversé contre toi | Juger le placement d'un stop |
| Efficacité de sortie | gain encaissé ÷ somme des MFE | La part du mouvement captée, en % | Résumer tout ça en un seul nombre |
| Gain moyen | moyenne des trades gagnants | Le résultat, sans le chemin | Dire ce qu'un gagnant rapporte |
Un trade parti immédiatement contre toi a un MFE proche de zéro, ce qui est mécanique et fait baisser la moyenne sans rien apprendre. La question « est-ce que je sors trop tôt » ne concerne que les trades qui sont allés en ta faveur, et c'est sur eux seuls que la comparaison a du sens.
Un MFE calculé sur des bougies horaires sous-estime systématiquement, et un MFE au tick capture des pointes irréalistes. Savoir sur quoi ton outil travaille change l'interprétation du même chiffre, et presque aucun ne l'écrit.
Le MFE dit ce que le marché offrait, pas ce que tu aurais obtenu. Déplacer la cible change aussi le nombre de trades qui l'atteignent, et l'effet net peut être négatif. Trente trades avec la nouvelle cible tranchent, le MFE seul ne tranche pas.
MFE veut dire maximum favorable excursion. C'est le gain latent le plus élevé qu'un trade a atteint entre son ouverture et sa clôture, indépendamment du résultat final. Un trade clôturé à +40 pips qui était monté à +200 a un MFE de 200.
Le MFE est le meilleur point atteint en ta faveur, le MAE le pire point atteint contre toi. C'est la même mesure dans deux directions, et elle se calcule exactement pareil. Ce qui change est la décision qu'elle éclaire : le MFE parle de ta sortie, le MAE du placement de ton stop.
En prenant la distance entre ton prix d'entrée et le prix le plus favorable atteint pendant que la position était ouverte. Ça suppose de disposer de l'historique des prix sur cette période, ce qu'aucun relevé de courtier ne contient : il faut le télécharger à part, trade par trade.
Pas à lui seul. Il faut le comparer au gain réellement encaissé : si le marché offrait 312 € en moyenne et que tu en prends 138, l'écart est réel. Mais déplacer ta cible plus loin change aussi le nombre de trades qui l'atteignent, et l'effet net peut être négatif. Le MFE indique une direction, il ne remplace pas un essai sur une trentaine de trades.
Parce qu'il n'est pas dans les données du courtier. Un relevé contient le prix d'entrée et le prix de sortie, jamais le chemin entre les deux. Afficher le MFE oblige à récupérer l'historique des prix pour chaque trade, à le stocker et à le recalculer : c'est un travail entier, pour une colonne de plus.
Dans Tradoshi, les excursions ne viennent pas de ton courtier, et il faut le dire parce que ça explique tout le reste : aucun relevé ne contient le chemin d'un trade. L'app recalcule le MFE à partir de bougies historiques téléchargées, trade par trade, avec une barre de progression et un cache pour ne pas recommencer. Certains trades n'ont pas de données disponibles : ils sont écartés du calcul plutôt que comptés à zéro.
Une fois calculé, le MFE moyen (meilleur moment) devient un indicateur de l'écran Rapports comme les autres, donc croisable avec n'importe quelle dimension : par symbole, par jour de la semaine, par heure d'entrée, par étiquette. C'est ce croisement qui répond vraiment à la question, parce qu'on sort rarement trop tôt partout de la même façon.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.