Le pire MAE d'un gagnant est le creux le plus profond qu'un de tes trades gagnants a traversé avant de repasser positif. C'est une valeur extrême et non une moyenne, et c'est ce qui la rend utile : elle désigne le trade qui est passé le plus près de la catastrophe et qui compte pourtant comme une victoire.
Les niveaux d'un trade
Sommaire
Toutes les statistiques d'un journal traitent un trade gagnant comme une réussite. Le pire MAE d'un gagnant est la seule qui vienne nuancer : parmi ces victoires, laquelle a failli ne pas en être ? Elle isole le trade qui est descendu le plus bas avant de repartir.
La mesure décrit donc de la chance, et il faut l'appeler par son nom. Un trade entré à contretemps, descendu à un cheveu du stop, puis remonté jusqu'à la cible, apparaît dans le journal exactement comme un trade parfaitement synchronisé. Le résultat est identique, la qualité de la décision ne l'est pas, et aucune autre statistique ne fait cette différence.
C'est aussi une valeur extrême assumée, et c'est son intérêt face au MAE moyen. Pour décider où poser un stop, la moyenne des creux est trompeuse puisque la moitié des trades ont fait pire. C'est le pire cas qui fixe la borne au-delà de laquelle un stop cesse d'être tenable.
Pire MAE d'un gagnant = max des MAE, parmi les trades dont le résultat est positif
Elle s'exprime le plus souvent en R, parce que la frontière de −1 R donne immédiatement son sens à la valeur : c'est le stop lui-même.
Elle ne concerne que les gagnants. Le pire MAE d'un perdant vaut −1 R par construction et n'apprend rien.
Une valeur au-delà de −1 R est arithmétiquement impossible si le stop a fonctionné. Ce gagnant-là est donc un trade où le stop a été déplacé, et il a bien fini.
| Pire MAE d'un gagnant | Ce que ça dit |
|---|---|
| moins de −0,5 R | Confortable. Aucun de tes gagnants n'a frôlé le stop, et ce stop est peut-être large pour rien. |
| −0,5 à −0,8 R | Normal. La marge existe mais elle n'est pas généreuse. |
| −0,8 à −1 R | Un gagnant a frôlé le stop d'un cheveu. Le resserrer l'aurait tué. |
| au-delà de −1 R | Impossible si le stop a fonctionné. Ce gagnant récompense une règle enfreinte. |
La dernière ligne est la plus instructive, et elle est désagréable. Un gagnant au-delà de −1 R est un trade où le stop a été déplacé et où ça a marché. C'est la pire combinaison possible pour apprendre : l'indiscipline a été récompensée, et le journal l'enregistre comme un succès. Repérer ces trades est la seule façon de les empêcher de servir de modèle.
La première ligne est l'information inverse et elle est utile aussi. Si ton pire gagnant n'est descendu qu'à −0,4 R, aucun de tes bons trades n'a eu besoin des 60 % restants de ton stop. Le resserrer réduirait ton risque par trade sans couper un seul gagnant de la période observée, ce qui est le cas le plus rare et le plus rentable.
Ce gagnant à +3 R est descendu à −1,27 R, c'est-à-dire au-delà de son propre stop. Il n'aurait jamais dû exister : le stop aurait dû le fermer à −1 R. Il figure pourtant parmi les meilleurs trades du trimestre, et c'est exactement le genre de trade qui enseigne la mauvaise leçon, parce qu'il récompense une règle enfreinte.
Le MAE moyen des gagnants indique une tendance, le pire MAE indique une limite. Un stop posé juste au-delà de cette valeur extrême n'aurait coupé aucun gagnant de la période observée, ce qui est exactement l'information cherchée avant de resserrer.
La réserve à garder est celle de l'échantillon : le pire cas d'un trimestre n'est pas le pire cas possible. Un stop calé pile sur cette valeur sera franchi dès qu'un trade un peu plus profond se présentera.
Un gagnant au-delà de −1 R est un stop enfreint qui a bien fini. Ces trades faussent l'apprentissage plus qu'aucune statistique ne peut le compenser, parce qu'ils enseignent qu'attendre finit par payer.
Les isoler et les relire est un exercice court et inconfortable. C'est aussi le seul qui empêche une exception de devenir une habitude, et ce genre d'habitude coûte plus cher que n'importe quel réglage de méthode.
Le premier défaut est de tirer une leçon de méthode d'un cas de chance. Un gagnant descendu à −0,95 R n'a pas été mieux analysé qu'un autre : il a eu de la chance. Beaucoup de traders concluent l'inverse, que leur patience a payé, et cette conclusion-là finit par coûter très cher.
Le deuxième est l'échantillon. Une valeur extrême sur trente trades est presque sûrement dépassée sur cent. Poser un stop juste au-delà du pire cas observé donne une fausse sécurité, parce que ce pire cas était le pire d'une période courte et non de la méthode.
Le troisième est que ce chiffre ne dit pas combien. Un pire MAE de −0,9 R peut correspondre à un seul trade isolé ou à quinze trades presque aussi profonds, et la décision de stop n'est pas du tout la même. Il se lit à côté du décompte, pas à sa place.
L'erreur classique. Conclure que la patience a payé. Un gagnant descendu au-delà de son stop n'a pas validé une méthode, il a échappé à une règle et bien fini. C'est la séquence exacte qui transforme une exception en habitude, et cette habitude-là coûte plus cher que n'importe quel mauvais réglage.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Pire MAE d'un gagnant | max des MAE, parmi les gagnants | La marge la plus étroite d'une victoire | Fixer la borne basse d'un stop |
| MAE moyen | moyenne des MAE | La tendance des creux | Situer un ordre de grandeur |
| MAE en R | MAE ÷ risque pris | Le creux avec −1 R comme frontière | Compter les stops qui n'ont pas fonctionné |
| Plus grosse perte | le pire résultat réalisé | Une perte encaissée, pas un creux | Repérer un trade hors norme |
Une valeur extrême désigne un trade précis. Ouvre-le : à quoi ressemblait l'entrée, le stop a-t-il été déplacé, y avait-il une annonce. Cinq minutes sur ce trade valent mieux que trois heures sur la moyenne du groupe.
Le pire cas observé est le pire d'un échantillon, pas le pire possible. Un stop calé pile dessus sera franchi au premier trade un peu plus profond. Garde une marge, ou accepte de perdre ce genre de trade.
Un extrême isolé ne demande pas la même décision que quinze trades presque aussi profonds. C'est le décompte qui tranche un resserrement, l'extrême ne donne que la borne.
C'est le creux le plus profond traversé par l'un de tes trades gagnants avant qu'il ne repasse positif. C'est une valeur extrême prise parmi les seuls trades qui ont fini en gain, pas une moyenne.
Parce que pour décider d'un stop, c'est l'extrême qui compte. Un stop posé au MAE moyen des gagnants en coupe environ la moitié, puisque la moitié a fait pire. Le pire cas donne la borne au-delà de laquelle aucun gagnant de la période n'aurait été touché.
Que ce trade gagnant a dépassé son propre stop, ce qui est impossible si le stop a fonctionné. C'est donc un trade où le stop a été déplacé ou retiré, et qui a quand même fini en gain. C'est la combinaison la plus dangereuse pour l'apprentissage, parce qu'elle récompense une règle enfreinte.
Avec prudence. Le pire cas observé est le pire d'un échantillon, pas le pire possible : sur cent trades au lieu de trente, il sera presque sûrement dépassé. Un stop calé pile dessus sera franchi au premier trade un peu plus profond, et il faut soit garder une marge, soit accepter de perdre ces trades.
Oui, et c'est précisément son utilité. Un trade descendu à un cheveu du stop avant de repartir n'a pas été mieux analysé qu'un autre : il est passé près. Toutes les autres statistiques l'enregistrent comme une victoire ordinaire, et celle-ci est la seule à faire la différence.
Pire MAE d'un gagnant est un indicateur de l'écran Rapports, calculé sur les trades dont Tradoshi a pu télécharger les bougies historiques. Il se lit à côté du MAE moyen en R, et c'est ce voisinage qui compte : l'un donne la tendance, l'autre la borne.
La lecture décrite plus haut se complète dans l'écran Trade Review. Une fois le trade extrême identifié, son débrief et son champ plan respecté disent ce que la statistique ne dira jamais : si le stop a été déplacé, et pourquoi. C'est là que ce terme cesse d'être un chiffre et devient une correction.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.