Le MAE moyen en R est le MAE de chaque trade divisé par le risque qu'il engageait. Son intérêt tient à une frontière que le MAE en euros n'a pas : −1 R est l'endroit exact où le stop aurait dû partir, et tout ce qui va au-delà décrit un stop qui n'a pas fait son travail.
Sur 100 trades
Sommaire
Exprimer le MAE en unités de risque fait apparaître un repère que la version en euros n'a pas : −1 R. Comme un trade stoppé vaut exactement −1 R par définition, un MAE qui atteint cette valeur veut dire que le prix est descendu jusqu'au stop, ni plus ni moins.
Ce repère transforme la mesure en contrôle. Un MAE de −1,4 R est arithmétiquement impossible si le stop a fonctionné : le trade aurait été fermé à −1 R. Chaque occurrence est donc un trade où le stop a été déplacé, retiré, ou franchi par un gap d'ouverture.
Sur les trades gagnants, la lecture change. Un MAE de −0,9 R décrit un trade qui a frôlé le stop avant de repartir, c'est-à-dire un gagnant qui a failli être une perte. Compter ces trades-là dit à quel point une performance doit à des marges étroites.
MAE en R = MAE du trade ÷ |entrée − stop| — la valeur −1 R correspond exactement au stop
Un trade stoppé proprement a un MAE d'exactement −1 R. Ces trades n'apprennent rien et tirent toute moyenne vers cette valeur.
Un gap d'ouverture peut produire un MAE au-delà de −1 R sans aucune faute de discipline. C'est le seul cas légitime, et il se vérifie sur la date.
La moyenne de cette mesure est peu utile : elle mélange des stoppés à −1 R et des gagnants à −0,3 R. Ce qui compte est le décompte au-delà de la frontière.
| Trades au-delà de −1 R | Ce que ça dit |
|---|---|
| aucun | Les stops partent. C'est le cas attendu, et il est moins fréquent qu'on ne croit. |
| quelques-uns, tous sur des gaps | Rien à corriger. Un gap d'ouverture franchit un stop sans qu'aucune règle n'ait été enfreinte. |
| quelques-uns sans gap | Des stops déplacés. Peu nombreux, mais chacun coûte plusieurs fois une perte normale. |
| plus de 10 % | Le stop n'est pas une règle chez toi, c'est une intention. C'est le premier chantier, avant tout réglage. |
La deuxième ligne est la seule excuse recevable, et elle se vérifie. Un gap d'ouverture franchit un stop sans que personne n'ait rien fait de mal, et ça arrive surtout en début de semaine ou après une annonce. La date du trade suffit à trancher, et cette vérification prend une minute par occurrence.
Le reste du tableau se lit comme un chantier de discipline, pas de réglage. Un trade passé à −2,1 R au lieu de −1 R coûte deux fois une perte normale, et il n'y a aucun gain de méthode qui compense un tel écart. C'est pourquoi ce décompte passe avant l'optimisation du placement du stop.
Quinze trades sur cent sont passés sous un stop qui aurait dû les fermer, sans qu'un gap l'explique. À −2,1 R de perte moyenne, ces quinze trades coûtent 31,5 R, soit l'équivalent de trente-et-un trades stoppés normalement. Aucune optimisation de méthode ne rattrape ça.
C'est l'usage central, et il ne demande aucune interprétation. Filtre les trades dont le MAE dépasse −1 R, retire ceux qui tombent sur un gap, et compte ce qui reste. Chacun est un stop déplacé ou absent.
L'intérêt est que ce contrôle ne repose pas sur la mémoire. Personne ne se souvient d'avoir repoussé un stop trois semaines plus tôt, et l'arithmétique, elle, s'en souvient.
Sur les trades gagnants, un MAE proche de −1 R décrit un trade qui est passé à un cheveu de la perte. Beaucoup de ces trades signifient qu'une performance tient à des marges très étroites, et qu'une légère dégradation des conditions la ferait basculer.
C'est une lecture de fragilité plutôt que de résultat, et elle n'apparaît nulle part ailleurs : ces trades comptent comme des victoires dans toutes les autres statistiques.
Le premier défaut est de regarder la moyenne. Elle mélange des trades stoppés à exactement −1 R et des gagnants à −0,2 R, et le résultat se situe quelque part au milieu sans décrire ni les uns ni les autres. La lecture utile est un décompte, pas une moyenne, et presque aucun outil ne le propose ainsi.
Le deuxième est d'oublier les gaps. Un stop franchi par un gap d'ouverture produit exactement la même signature qu'un stop déplacé, et l'accusation est injuste. La vérification est simple mais elle doit être faite, sinon ce contrôle produit de la culpabilité au lieu d'une correction.
Le troisième est la résolution des bougies, héritée du MAE. Un MAE calculé sur des bougies larges peut afficher −0,95 R là où le prix est réellement descendu à −1,05 R pendant trente secondes. Ce contrôle sous-estime donc le nombre de stops qui auraient dû partir.
L'erreur classique. Lire la moyenne de cette mesure. Elle additionne des trades stoppés à exactement −1 R et des gagnants passés par −0,2 R, et elle tombe quelque part au milieu sans décrire aucun des deux groupes. La seule lecture qui produit quelque chose est le décompte des trades au-delà de la frontière.
| Indicateur | Formule | Ce qu'il mesure | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| MAE moyen en R | MAE ÷ risque pris | Le creux, avec −1 R comme frontière | Compter les stops qui n'ont pas fonctionné |
| MAE | pire point − entrée | Le même creux, en euros | Décider où poser un stop |
| Trades avec stop | trades avec stop ÷ total | Combien de trades en avaient un | Savoir si la règle existe |
| Pire MAE d'un gagnant | le plus profond des gagnants | Le trade passé le plus près | Repérer de la chance |
La moyenne de cette mesure ne décrit personne. Filtre les trades au-delà de −1 R, c'est une liste, pas un nombre, et chaque ligne est une occurrence à regarder. C'est le seul usage qui produit quelque chose.
Un gap d'ouverture franchit un stop sans faute. Vérifie la date de chaque occurrence : début de semaine, annonce, ouverture après un week-end. Ce qui reste après ce tri est le vrai chiffre, et il est toujours plus petit qu'on ne le craignait.
Optimiser l'endroit où poser un stop n'a aucun sens tant que les stops posés ne partent pas. Un trade à −2,1 R coûte deux pertes normales, et aucune amélioration de placement ne rattrape ça.
C'est le pire moment de chaque trade divisé par le risque que ce trade engageait. Un MAE de −0,6 R veut dire que le prix est descendu aux six dixièmes de la distance à ton stop avant de se retourner.
Que le stop n'a pas fonctionné. −1 R correspond exactement au stop : si le prix est allé plus loin, c'est que le stop a été déplacé, retiré, ou franchi par un gap d'ouverture. Seul le dernier cas est légitime, et il se vérifie sur la date du trade.
Le décompte, presque toujours. La moyenne mélange des trades stoppés à exactement −1 R avec des gagnants passés par −0,2 R, et le résultat ne décrit ni les uns ni les autres. Ce qui informe est le nombre de trades au-delà de la frontière.
Non. Un gap d'ouverture franchit un stop sans qu'aucune règle n'ait été enfreinte : il n'y avait pas de prix entre les deux. Ces occurrences se repèrent à la date du trade, souvent un début de semaine ou une ouverture après annonce, et elles doivent être écartées avant de tirer la moindre conclusion.
Que ce trade est passé très près de la perte avant de partir. Beaucoup de gagnants dans ce cas signifient qu'une performance tient à des marges très étroites, et qu'une légère dégradation des conditions la ferait basculer. Ces trades comptent pourtant comme des victoires dans toutes les autres statistiques.
Le MAE moyen en R est un indicateur de l'écran Rapports, calculé dès qu'un trade a un stop connu et des bougies historiques disponibles. Mais c'est le croisement qui sert, pas la moyenne : la dimension Risque pris range les trades par tranche de risque, et la dimension Symbole montre sur quel marché les stops sautent.
Pour la lecture de fragilité décrite plus haut, l'indicateur Pire MAE d'un gagnant, dans le même groupe, donne directement la valeur extrême. Et le décompte des stops qui n'ont pas fonctionné se recoupe avec Trades avec stop loss, qui dit combien de trades avaient une règle à faire respecter.
Pour aller au fond du sujet : lire le guide complet. Tous les termes sont réunis dans le glossaire.