Investissement

Fiscalité de l'assurance vie en 2026 : rachats, abattement et taux

Benjamin Roure L'HermittePar Benjamin Roure L'Hermitte·12 min de lecture·
Un petit arbre dans un pot en bois sur un bureau baigné de soleil, un carnet vierge à côté : l'épargne qui grandit à l'abri pendant des années.

Une assurance vie n'est imposée que sur ses gains, et seulement quand tu retires de l'argent. Après huit ans, chaque année, les gains retirés profitent d'un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple ; au-delà, ils sont imposés à 7,5 % tant que les versements ne dépassent pas 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Avant huit ans, le total est de 30 %. En 2026, l'assurance vie a échappé à la hausse des prélèvements sociaux qui touche les autres placements.

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La fiscalité de l'assurance vie a la réputation d'être compliquée, parce qu'elle dépend de trois choses à la fois : l'âge du contrat, la date des versements et le montant total versé. Elle se résume pourtant à une règle simple pour la plupart des épargnants : un contrat ouvert depuis plus de huit ans, alimenté depuis 2017 et sous 150 000 € de versements, ne paie presque rien d'impôt sur le revenu tant que les gains retirés restent sous l'abattement.

Ce guide reprend les taux de 2026, le cas particulier des prélèvements sociaux, le calcul de l'impôt sur un retrait partiel avec un exemple chiffré, le prélèvement à la source et la déclaration, le choix du barème, les cas d'exonération, puis ce qui se passe au décès. Les règles citées sont celles publiées par service-public.fr, avec leur date.

En brefLes gains d'une assurance vie sont imposés au retrait. Avant huit ans : 12,8 % d'impôt plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %. Après huit ans : abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements (12,8 % au-delà), plus 17,2 %. Sur un retrait partiel, seule la part de gains est taxée. Au décès, les sommes versées avant 70 ans profitent d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Le principe : seuls les gains sont imposés, au retrait

Tant que l'argent reste dans le contrat, l'impôt sur le revenu ne s'applique pas : les gains s'accumulent sans être taxés chaque année, ce qui laisse les intérêts produire eux-mêmes des intérêts. L'impôt n'intervient qu'au retrait, que les assureurs appellent rachat, partiel ou total, ou au dénouement du contrat. Et il ne porte que sur les gains : les sommes que tu as versées ressortent sans impôt, puisqu'elles l'ont déjà été.

Une exception à ce principe concerne les prélèvements sociaux sur le fonds euros, prélevés chaque année au moment où les intérêts sont inscrits au contrat, et non au retrait. Ils sont détaillés plus bas.

Les taux d'imposition de l'assurance vie en 2026

Pour les versements faits depuis le 27 septembre 2017, ce qui couvre la plupart des contrats alimentés aujourd'hui, les taux dépendent de l'âge du contrat, compté depuis son ouverture, d'après service-public.fr.

Âge du contratImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTotal
Moins de 8 ans12,8 % (ou barème sur option)17,2 %30 %
8 ans ou plus, versements jusqu'à 150 000 €Abattement de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 %17,2 %24,7 % au-delà de l'abattement
8 ans ou plus, fraction au-delà de 150 000 € de versementsAbattement, puis 12,8 %17,2 %30 %

Ces 30 % avant huit ans sont désormais inférieurs à l'impôt sur un compte-titres : depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique y atteint 31,4 %, parce que les prélèvements sociaux y sont passés à 18,6 %. L'assurance vie, elle, garde 17,2 %.

L'abattement de 4 600 € ou 9 200 €

Après huit ans, les gains retirés chaque année ne sont soumis à l'impôt sur le revenu qu'au-delà de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement vaut pour l'ensemble des contrats d'un même foyer, pas par contrat, et il se renouvelle chaque année. Il ne concerne que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des gains.

Le seuil de 150 000 €

Le taux de 7,5 % s'applique tant que le total des versements non encore remboursés, sur tous les contrats du contribuable, ne dépasse pas 150 000 €. Si ce total est dépassé, la part des gains qui correspond aux versements au-delà de 150 000 € est imposée à 12,8 %. Le seuil se juge en versements, pas en valeur du contrat : un contrat de 200 000 € alimenté par 120 000 € de versements reste entièrement à 7,5 %.

Les prélèvements sociaux : 17,2 %, et le cas du fonds euros

Les gains de l'assurance vie supportent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, selon service-public.fr, y compris en 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé ce taux à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, mais l'assurance vie en a été écartée. Seuls les contrats de rente-survie et d'épargne handicap passent à 18,6 %.

Le moment du prélèvement dépend du support. Sur le fonds euros, les prélèvements sociaux sont retenus chaque année, quand l'assureur inscrit les intérêts au contrat : au retrait, il n'en reste plus à payer sur ces intérêts-là. Sur les unités de compte, ils sont prélevés au retrait, sur la part de gains retirée. C'est pourquoi un relevé de fonds euros affiche des intérêts déjà nets de prélèvements sociaux.

Calculer l'impôt d'un rachat partiel

Un retrait partiel n'est jamais constitué que de gains. Il contient une part de versements et une part de gains, dans la même proportion que le contrat entier. La part imposable se calcule ainsi : montant retiré × gains du contrat ÷ valeur totale du contrat. Les gains du contrat sont sa valeur moins les versements qui n'ont pas encore été remboursés.

Un exemple chiffré

Ton contrat, ouvert en 2015 et alimenté depuis 2018, vaut 80 000 € pour 60 000 € de versements : il contient 20 000 € de gains, soit un quart de sa valeur. Tu retires 20 000 € en 2026, sur des unités de compte. La part de gains de ce retrait est de 20 000 × 20 000 ÷ 80 000 = 5 000 € ; les 15 000 € restants sont des versements, qui ressortent sans impôt.

Le contrat a plus de huit ans et tu vis seul : l'abattement de 4 600 € s'applique, il reste 400 € imposables à 7,5 %, soit 30 € d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux portent sur les 5 000 € : 860 €. Total : 890 €. Le même retrait sur un contrat de moins de huit ans coûterait 1 500 € (30 % de 5 000 €), et les mêmes 5 000 € de gains sur un compte-titres en 2026, 1 570 € (31,4 %).

Prélèvement à la source et déclaration

Au moment du retrait, l'assureur retient un acompte d'impôt, le prélèvement forfaitaire non libératoire : 12,8 % sur les gains d'un contrat de moins de huit ans, 7,5 % sur ceux d'un contrat plus ancien, en plus des prélèvements sociaux dus. Ce n'est qu'un acompte : l'impôt définitif est calculé l'année suivante sur la déclaration de revenus, qui applique l'abattement et le seuil de 150 000 €, et l'excédent éventuel est restitué.

Les foyers modestes peuvent demander à ne pas subir cet acompte : la dispense est possible si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple. La demande se fait auprès de l'assureur au plus tard le 30 novembre de l'année qui précède le retrait. Pour déclarer, l'assureur envoie chaque année un imprimé fiscal unique (IFU) qui récapitule les montants à reporter : un montant pré-rempli inexact se corrige.

Barème progressif ou prélèvement forfaitaire ?

Sur la déclaration, tu peux remplacer le taux forfaitaire par le barème progressif de l'impôt sur le revenu. C'est intéressant si ta tranche marginale est de 0 % ou de 11 %, surtout pour un contrat de moins de huit ans, où le forfait est de 12,8 %. Attention : l'option est globale, elle s'applique à l'ensemble de tes revenus du capital de l'année (intérêts, dividendes, plus-values), et pas seulement à l'assurance vie. Elle se décide donc en regardant l'ensemble.

Les cas où les gains ne sont pas imposés

Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, quel que soit l'âge du contrat, si le retrait fait suite à l'un de ces événements touchant le souscripteur, son conjoint ou son partenaire de Pacs : licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, ou cessation d'une activité non salariée après une liquidation judiciaire. Le retrait doit intervenir avant la fin de l'année qui suit l'événement. Les ruptures conventionnelles et les fins de CDD ne comptent pas comme un licenciement, et les prélèvements sociaux restent dus.

Les versements d'avant 2017 et les vieux contrats

Les gains issus de versements faits avant le 27 septembre 2017 suivent l'ancien régime : après huit ans, même abattement de 4 600 € ou 9 200 €, puis un prélèvement libératoire de 7,5 % sur option ou le barème ; avant huit ans, un prélèvement libératoire sur option ou le barème. Les contrats très anciens, souscrits avant 1983 ou entre 1983 et septembre 1997, gardent des exonérations partielles pour les versements de l'époque. Un contrat qui mélange plusieurs périodes de versements est imposé tranche par tranche : l'IFU de l'assureur fait la répartition.

Et au décès ?

Au décès, l'assurance vie ne suit pas les règles des droits de succession classiques. Les sommes versées avant les 70 ans de l'assuré profitent d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire ; au-delà, elles sont taxées à 20 % jusqu'à 700 000 € par bénéficiaire, puis à 31,25 %. Les versements faits après 70 ans profitent d'un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires, et les gains qu'ils ont produits sont exonérés. Le conjoint et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés. Le choix des bénéficiaires, dans la clause, est donc aussi important que celui des supports.

Bien utiliser la fiscalité de l'assurance vie

  1. Ouvrir un contrat tôt, même avec un petit versement : c'est la date d'ouverture qui fait courir les huit ans, pour tous les versements futurs.
  2. Utiliser l'abattement chaque année après huit ans : retirer, puis reverser si besoin, des gains sous 4 600 € ou 9 200 € remet le compteur des gains à zéro sans impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus, et un retrait suivi d'un versement peut avoir des frais.
  3. Garder la trace de ses versements : la part imposable d'un retrait en dépend, et c'est elle qui décide du seuil de 150 000 €.
  4. Regarder les frais avant l'avantage fiscal : 1 % de frais de gestion par an coûte plus, sur vingt ans, que la différence d'impôt entre deux enveloppes.

Le guide où placer son argent en 2026 compare l'assurance vie au PEA et au compte-titres, et le calculateur d'intérêts composés montre l'effet des frais sur la durée. Le suivi de portefeuille de Tradoshi accepte ton assurance vie en saisie déclarée, à côté de tes autres comptes, avec ton prix de revient.

Ce guide est pédagogique et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement personnalisé. Les règles citées sont celles en vigueur en novembre 2026 ; une situation particulière (non-résidence, contrat ancien, montants élevés) mérite l'avis d'un professionnel.

Questions fréquentes

Comment est imposée une assurance vie en 2026 ?

Seuls les gains sont imposés, au moment d'un retrait. Avant huit ans : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %. Après huit ans : abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements et 12,8 % au-delà, plus 17,2 %.

Les prélèvements sociaux de l'assurance vie passent-ils à 18,6 % en 2026 ?

Non. La hausse à 18,6 % touche la plupart des revenus du capital, mais l'assurance vie reste à 17,2 %, selon service-public.fr. Seuls les contrats de rente-survie et d'épargne handicap passent à 18,6 %.

Comment calculer l'impôt sur un rachat partiel ?

La part imposable est égale au montant retiré multiplié par les gains du contrat, divisé par sa valeur totale. Sur un contrat de 80 000 € contenant 20 000 € de gains, un retrait de 20 000 € contient 5 000 € de gains.

À quoi sert l'abattement de 4 600 € ?

Après huit ans, il exonère d'impôt sur le revenu les gains retirés chaque année jusqu'à 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple, tous contrats confondus. Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des gains.

Faut-il attendre huit ans pour retirer de l'argent ?

Non, l'argent reste disponible à tout moment. Avant huit ans, les gains retirés sont simplement imposés à 30 % au total, sans abattement. Les versements, eux, ressortent toujours sans impôt.

Peut-on éviter le prélèvement à la source sur un rachat ?

Oui, si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple), en demandant la dispense à l'assureur avant le 30 novembre de l'année précédant le retrait.

Comment est taxée l'assurance vie au décès ?

Les sommes versées avant 70 ans profitent d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis sont taxées à 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Après 70 ans, l'abattement est de 30 500 € pour tous les bénéficiaires, et les gains sont exonérés. Le conjoint et le partenaire de Pacs ne paient rien.

Quels retraits sont exonérés d'impôt ?

Ceux qui suivent un licenciement, une mise à la retraite anticipée, une invalidité de 2e ou 3e catégorie ou une liquidation judiciaire du souscripteur ou de son conjoint, s'ils interviennent avant la fin de l'année suivante. Les prélèvements sociaux restent dus.

Sources

  1. service-public.fr, service-public.gouv.fr

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