SAR parabolique : définition, ce qu'il trace et ce qu'il ne dit pas
Le SAR répond à une question de gestion plus que d'analyse : si je suis le mouvement en cours, à quel prix est-ce que j'en sors ? L'aide de TradingView sur le Parabolic SAR le définit comme un outil de temps et de prix qui sert d'abord à repérer des points possibles d'arrêt et de retournement. Ses calculs dessinent une parabole placée sous le prix dans une tendance haussière et au-dessus dans une tendance baissière.
La ChartSchool de StockCharts rappelle que Wilder parlait d'un système, le « Parabolic Time/Price System », dont le SAR est l'indicateur. Elle le range parmi les indicateurs de suivi de tendance et le décrit comme un stop suiveur : il monte sans jamais redescendre tant que la hausse dure, et descend sans jamais remonter tant que la baisse dure. L'aide de MetaTrader 5 sur le Parabolic SAR le compare à une moyenne mobile qui accélérerait et qui peut changer de côté par rapport au prix.
Wilder l'a présenté dans New Concepts in Technical Trading Systems, le livre qui contient aussi le RSI, l'ATR et le mouvement directionnel, écrivent StockCharts et TradingView. La fiche de l'ouvrage sur Google Books indique l'éditeur, Trend Research, l'année, 1978, 141 pages, et un chapitre intitulé « The Parabolic System ». Ce que le SAR ne dit pas tient en une phrase de TradingView : fondé sur le temps et le prix, il indique la direction et la durée d'une tendance, pas sa force. Pages consultées en octobre 2026.
Le calcul du SAR parabolique : point extrême, facteur d'accélération, butée
Trois valeurs à suivre. Le SAR de la bougie précédente. Le point extrême, EP en anglais : le plus haut atteint depuis le début de la hausse en cours, ou le plus bas atteint depuis le début de la baisse. Et le facteur d'accélération, AF, un multiplicateur qui grandit à mesure que la tendance avance.
La formule. En hausse, StockCharts l'écrit : SAR = SAR précédent + AF précédent × (EP précédent − SAR précédent). En baisse, c'est la même distance retranchée : SAR = SAR précédent − AF précédent × (SAR précédent − EP précédent). TradingView résume les deux cas en une seule ligne, identique à la première. À chaque bougie, le SAR parcourt donc une fraction de l'écart qui le sépare du point extrême.
Le facteur d'accélération. Il part de 0,02 et augmente de 0,02 chaque fois que le point extrême marque un nouveau plus haut en hausse, ou un nouveau plus bas en baisse, sans jamais dépasser 0,20. Sans nouvel extrême, il garde sa dernière valeur. C'est lui qui donne la forme de parabole : le SAR part lentement, puis serre le prix de plus en plus près à mesure que la tendance se prolonge.
La butée. En hausse, le SAR ne peut jamais être au-dessus du plus bas des deux bougies précédentes : si le calcul le place plus haut, on retient le plus bas des deux. En baisse, il ne peut jamais être en dessous du plus haut des deux bougies précédentes. StockCharts et TradingView écrivent la même règle, et le code de l'indicateur Parabolic SAR publié par MetaQuotes, l'éditeur de MetaTrader, l'applique de la même façon.
Le retournement. Dès que le prix d'une bougie traverse le SAR, la tendance suivie change de sens. D'après TradingView, le SAR de cette bougie prend alors la valeur de l'ancien point extrême : le plus haut de la hausse qui vient de finir devient le premier SAR de la baisse. Le nouveau point extrême est l'extrême de la bougie de retournement, et le facteur d'accélération repart de 0,02. Le code de MetaQuotes fait exactement cela.
Le début de l'historique. TradingView écrit que le livre ne donne pas d'instruction claire pour la première valeur. Sa convention : pas de SAR sur la première bougie ; sur la deuxième, le sens vient de la comparaison des deux clôtures, et le SAR vaut le plus haut de la première bougie si le sens est baissier, son plus bas s'il est haussier. Le code de MetaQuotes, lui, démarre toujours en baisse. Les premiers points d'un graphique peuvent donc différer d'une plateforme à l'autre, jusqu'au premier retournement.
Un exemple refait à la main, sur douze bougies
Les prix sont inventés, les réglages sont ceux d'origine : 0,02 au départ, 0,02 de pas, 0,20 au maximum. Ces douze bougies sont les bougies 18 à 29 du schéma plus haut. Avant elles, le marché baissait, et son plus bas était 100,00. Les valeurs sont arrondies au centième.
Bougie 1 (plus haut 104,00, plus bas 101,00). Le prix traverse le SAR de la baisse : retournement. Le SAR prend l'ancien point extrême, 100,00. Nouveau point extrême : 104,00. Facteur d'accélération : 0,02.
Bougie 2 (106,00 et 103,00). SAR = 100,00 + 0,02 × (104,00 − 100,00) = 100,08. Nouveau plus haut : le point extrême passe à 106,00 et le facteur à 0,04. Bougie 3 (109,00 et 105,00). SAR = 100,08 + 0,04 × (106,00 − 100,08) = 100,32. Point extrême 109,00, facteur 0,06.
Bougie 4 (108,00 et 105,50). SAR = 100,32 + 0,06 × (109,00 − 100,32) = 100,84. Pas de nouveau plus haut : le point extrême reste 109,00 et le facteur reste 0,06. Bougie 5 (112,00 et 107,00). SAR = 100,84 + 0,06 × (109,00 − 100,84) = 101,33. Point extrême 112,00, facteur 0,08.
Bougie 6 (116,00 et 103,00), une bougie ample. SAR = 101,33 + 0,08 × (112,00 − 101,33) = 102,18. Son plus bas, 103,00, reste au-dessus : pas de retournement. Point extrême 116,00, facteur 0,10.
Bougie 7 (118,00 et 112,00). Le calcul donne 102,18 + 0,10 × (116,00 − 102,18) = 103,56. C'est au-dessus du plus bas de la bougie 6, 103,00 : la butée s'applique, et le SAR vaut 103,00. Point extrême 118,00, facteur 0,12. Bougie 8 (121,00 et 115,00). Le calcul donne 103,00 + 0,12 × (118,00 − 103,00) = 104,80. Les deux bougies précédentes ont pour plus bas 112,00 et 103,00 : la butée s'applique encore, SAR = 103,00. Point extrême 121,00, facteur 0,14.
Bougie 9 (120,00 et 114,00). SAR = 103,00 + 0,14 × (121,00 − 103,00) = 105,52. Pas de nouveau plus haut. Bougie 10 (117,00 et 108,00). SAR = 105,52 + 0,14 × (121,00 − 105,52) = 107,69. Le plus bas, 108,00, tient à 0,31 près.
Bougie 11 (111,00 et 105,00). Le calcul donne 107,69 + 0,14 × (121,00 − 107,69) = 109,55, ramené par la butée à 108,00, le plus bas de la bougie 10. Le prix descend à 105,00 et le traverse : retournement. Le SAR affiché passe au-dessus du prix, à l'ancien point extrême, 121,00. Nouveau point extrême : 105,00. Facteur : 0,02. Bougie 12 (108,00 et 102,00). SAR = 121,00 + 0,02 × (105,00 − 121,00) = 120,68, et la baisse est suivie à son tour.
Ce que l'exemple montre. Le SAR est monté de 100,00 à 107,69 pendant que le plus haut passait de 104,00 à 121,00 : il part loin derrière et ne rattrape le prix qu'à la fin. Quelqu'un qui aurait acheté quand le prix a traversé le SAR descendant, à 103,33 sur le schéma, et serait sorti au stop de 108,00, aurait gardé 4,67 points d'une hausse de 21 points entre le plus bas et le plus haut. C'est le prix d'une règle qui ne sort qu'après le sommet.
Les réglages du SAR, plateforme par plateforme
Le SAR se règle avec deux ou trois nombres : la valeur de départ du facteur d'accélération, son pas, et son maximum. Les valeurs par défaut sont partout les mêmes, 0,02 et 0,20, mais le nombre de champs change.
TradingView : trois champs, « Start » à 0,02, « Increment » à 0,02 et « Max Value » à 0,2, et un tracé en croix par défaut. Son aide précise qu'elle reprend l'algorithme d'origine décrit dans le livre de Wilder. StockCharts : 0,02 pour le pas et 0,20 pour le pas maximum, avec un champ facultatif pour donner au départ une valeur différente du pas. MetaTrader 5 : le code publié par MetaQuotes n'a que deux réglages, « Step » à 0,02 et « Maximum » à 0,2 ; la valeur de départ y est toujours égale au pas, et l'indicateur se trace en points.
Ce que change le pas. StockCharts l'explique : un pas plus petit éloigne le SAR du prix et rend un retournement moins probable ; un pas plus grand le rapproche et multiplie les retournements, au point de ne plus saisir la tendance s'il est trop élevé. Le maximum agit dans le même sens, avec moins de poids. Ses exemples comparent un pas de 0,01 et de 0,03 sur une même action, puis un maximum de 0,10 et de 0,20. Sa conclusion : il n'existe pas de règle d'or ni de réglage qui convienne à tous les titres.
Ce que l'aide de MetaTrader 5 écrit autrement. Sa formule utilise le prix maximal de la bougie précédente là où StockCharts, TradingView et le code de MetaQuotes lui-même utilisent le point extrême de la tendance, et elle dit que le facteur d'accélération double, alors que le code lui ajoute un pas. Les deux lectures ne donnent pas le même nombre dès qu'une bougie ne marque pas de nouveau plus haut : à la bougie 5 de l'exemple, la formule de l'aide prise à la lettre donnerait 101,27 au lieu de 101,33. C'est le code qui trace les points à l'écran.
Lire le SAR : retournement et stop suiveur
Le côté des points. Points sous les bougies : la tendance suivie est haussière. Points au-dessus : elle est baissière. Le passage d'un côté à l'autre est le seul événement que produit l'indicateur. TradingView le décrit comme le signe d'un retournement possible du prix, et note que beaucoup de traders s'en servent pour placer des ordres stop, ou pour entrer au début d'une nouvelle tendance.
Le stop suiveur. C'est l'usage que les trois sources mettent en avant. L'aide de MetaTrader 5 présente le SAR comme un indicateur de points de sortie : une position acheteuse se ferme quand le prix passe sous la ligne, une position vendeuse quand il passe au-dessus, et il sert souvent de ligne de stop suiveur. StockCharts ajoute un argument de discipline : puisque le SAR ne recule jamais dans le sens de la position, il protège du penchant à éloigner son stop. La logique du stop se lit dans l'article où placer son stop loss, et l'ordre lui-même, avec ce qu'il devient sur un écart de cours, dans la section sur le stop suiveur de l'article sur les types d'ordres de bourse.
Le système complet. Le nom dit « arrêt et retournement » : les règles que reprend TradingView décrivent une position acheteuse qui succède à la position vendeuse au point même où celle-ci s'arrête, et inversement. La même page déconseille pourtant de l'utiliser seul pour produire des signaux, et suggère de l'associer à un indicateur qui mesure la force de la tendance, par exemple le mouvement directionnel du même auteur. StockCharts cite l'ADX pour le même rôle : c'est la leçon sur le DMI et l'ADX.
Aucune de ces lectures n'est un ordre d'achat ou de vente. Ce sont des conventions, à tester sur ton marché, ton unité de temps et tes réglages, avec la méthode de l'article backtester une stratégie sans se mentir. Tradoshi ne relève pas le SAR au moment de tes trades : l'indicateur se lit sur ton graphique. Le journal sert à l'étape suivante : tu étiquettes chaque trade sorti sur cette règle, par exemple « sortie au SAR », et le tableau de bord se filtre par étiquette pour voir ce qu'elle a donné chez toi.
Les limites du SAR parabolique
Sans tendance, il se retourne sans cesse. StockCharts écrit que le SAR fonctionne le mieux sur des titres en tendance, ce qui, d'après les estimations de Wilder qu'elle rapporte, n'arrive qu'environ 30 % du temps, et qu'il est sujet aux faux signaux quand le titre n'a pas de tendance. Sur le schéma, les vingt dernières bougies oscillent entre 89,80 et 100,80 : le SAR s'y retourne quatre fois. En supposant chaque ordre exécuté au niveau exact du SAR, sans frais ni glissement, les trois allers-retours qui s'y bouclent perdent 9,05, 9,71 et 9,14 points, dans une zone qui n'en fait que 11 de large.
Il rend une partie du mouvement. Le stop est derrière le prix par construction. Dans l'exemple, la sortie se fait à 108,00 après un plus haut à 121,00. Un pas plus grand sortirait plus tôt, et se retournerait plus souvent : aucun réglage ne supprime ce compromis.
Il ne mesure pas la force d'une tendance. TradingView l'écrit : direction et durée seulement. Il ne mesure pas non plus la volatilité : la distance entre le SAR et le prix sort du facteur d'accélération et du temps écoulé, pas de l'amplitude des bougies, qui est la question de l'ATR.
Le niveau affiché n'est pas un prix garanti. Le SAR est un nombre calculé. Un ordre stop placé à ce niveau peut s'exécuter plus loin si le marché ouvre au-delà. Et le point change à chaque bougie : un ordre posé une fois ne le suit pas tout seul.
Aucune étude citée ici ne le mesure. Les tests publiés portent sur d'autres règles. Sullivan, Timmermann et White, dans « Data-Snooping, Technical Trading Rule Performance, and the Bootstrap » (Journal of Finance, 1999), examinent 7 846 règles de cinq familles, filtres, moyennes mobiles, supports et résistances, cassures de canal et volume, sur l'indice Dow Jones : la meilleure résiste à leur correction de 1897 à 1986, et ne se répète pas de 1987 à 1996. Le SAR n'en fait pas partie, et ce résultat ne dit rien de lui. Il dit seulement qu'une règle technique se juge sur des données qu'elle n'a pas déjà vues. Le SAR reste par ailleurs un outil de suivi de tendance, comme les moyennes mobiles : la page sur l'analyse technique explique pourquoi deux outils de la même famille ne font pas deux confirmations.
Questions fréquentes
C'est quoi le SAR parabolique ?
Le SAR parabolique est un indicateur technique publié par J. Welles Wilder en 1978. Il trace une suite de points sous le prix quand le marché monte et au-dessus quand il baisse, à la manière d'un stop suiveur. SAR signifie stop and reverse : quand le prix touche le point, celui-ci passe de l'autre côté.
Comment se calcule le SAR parabolique ?
SAR = SAR précédent + facteur d'accélération × (point extrême − SAR précédent). Le point extrême est le plus haut de la hausse en cours, ou le plus bas de la baisse. Le facteur part de 0,02 et gagne 0,02 à chaque nouvel extrême, jusqu'à 0,20. En hausse, le SAR ne dépasse jamais le plus bas des deux bougies précédentes.
Quel réglage choisir pour le SAR parabolique ?
Les valeurs par défaut sont 0,02 pour le pas et 0,20 pour le maximum sur TradingView, StockCharts et MetaTrader 5. Un pas plus petit éloigne le SAR du prix et réduit le nombre de retournements, un pas plus grand fait l'inverse. StockCharts écrit qu'il n'existe pas de réglage qui convienne à tous les titres.
Le SAR parabolique peut-il servir de stop suiveur ?
C'est son usage le plus cité : l'aide de MetaTrader 5 écrit qu'il sert souvent de ligne de stop suiveur, et StockCharts qu'il suit le prix comme un stop qui ne recule jamais. Le niveau change à chaque bougie, et un ordre stop placé à ce niveau peut s'exécuter plus loin sur un écart de cours.
Pourquoi le SAR donne-t-il autant de faux signaux ?
Parce qu'il est conçu pour suivre une tendance. StockCharts écrit qu'il est sujet aux faux signaux quand le titre n'a pas de tendance, et TradingView déconseille de l'utiliser seul. Dans un marché qui oscille, le prix traverse le SAR à répétition, et chaque retournement place le point de l'autre côté.
Ce qu'il faut retenir
- Le SAR parabolique trace un stop suiveur : sous le prix en hausse, au-dessus en baisse. Quand le prix le touche, il passe de l'autre côté.
- SAR = SAR précédent + AF × (point extrême − SAR précédent). L'AF part de 0,02, gagne 0,02 à chaque nouvel extrême et plafonne à 0,20.
- En hausse, le SAR ne dépasse jamais le plus bas des deux bougies précédentes. Au retournement, il prend la valeur de l'ancien point extrême.
- 0,02 et 0,20 sont les valeurs par défaut de TradingView, StockCharts et MetaTrader 5. Un pas plus grand rapproche le SAR du prix et multiplie les retournements.
- Il indique une direction, pas une force. Sans tendance, il se retourne à répétition, et il rend toujours une partie du mouvement avant de sortir.
Pour aller plus loin
Ces articles du blog creusent les notions de cette leçon, un sujet par article.